12 protest songs inoxydables qui ont traversé le temps Commentaires fermés sur 12 protest songs inoxydables qui ont traversé le temps 602

Le rock n’a pas attendu les mouvements sociaux les plus radicaux pour incarner dans ses textes comme sa musique la révolte et l’insurrection, qui finissent apparemment par envahir l’époque, alors que les cinquante ans de mai 68 s’apprêtaient à sortir par la petite porte, en catimini. De Woody Guthrie à Bob Dylan en passant par NTM ou The Clash, il existe même une forte tradition du hit contestataire et rebelle. À chaque saison sa manif, à chaque mois son émeute, le point en douze révolutions musicales.

  • « Sunday bloody sunday » de U2

On peut bien reprocher à U2 et à son chanteur Bono toutes ses outrances de groupe rebelle des stades. N’empêche que « Sunday bloody sunday » sur l’album « War » en 1983 reste l’une des chansons de révolte, une « protest song » parmi les plus populaires. Un hymne pacifiste inspiré par le massacre de manifestants catholiques par l’armée britannique à la fin des années 60 dans les rues de Londonberry, seconde ville d’Irlande du Nord.

C’est à ce moment que Bono et le guitariste The Edge commencent à s’engager pour la « question irlandaise« . Et plus globalement pour un certain nombre de combats politiques ou humanitaires, dans une accumulation qui frôle parfois un peu l’indigestion et le fond de commerce confusionniste : dette du Tiers-Monde, famine éthiopienne, lutte contre le sida…

Pour sa part, au delà de ses caractéristiques de tube pour surboum des années 80, « Sunday bloody sunday » est surtout devenu un hymne générationnel pour toutes les régions d’Europe à forte culture et identité en conflit larvé avec leur Etat central. Comme la Bretagne par exemple. Nolweenn Leroy a d’ailleurs repris cette chanson.

  • « Tear the fascists down » de Woody Guthrie

Avant même Bob Dylan, il y eut Woody Guthrie. Cet artiste qui émergea dans la première moitié du 20ème siècle appartient à une tradition méconnue, occultée, sciemment ignorée et niée par le rouleau compresseur hollywoodien : l’anarchisme, en provenance des immigrés européens. Chanteur et guitariste folk américain, il s’inspire du libertaire Joe Hill pour composer des chansons mettant en mots les luttes des pauvres et des opprimés, leurs joies, leurs douleurs.

Chanteur itinérant, il s’inscrit dans la grande tradition des « hobos« , population de vagabonds émergeant dans le sillage de la grande dépression des années 30. Membre du parti communiste américain, il dessine et écrit des éditoriaux pour des journaux. Il manie surtout la guitare, instrument sur lequel il écrit « Cette machine tue les fascistes ». Il chante dans les meetings et réunions syndicales de la côté ouest, c’est aussi là qu’il devient un phénomène scénique. Un de ses classiques s’intitule d’ailleurs « Tear the fascists down« . Mais son plus célèbre hymne est « This land is your land« , un chant patriotique de gauche destiné à répondre au « God bless america » d’Irving Berlin, le second hymne national du pays chanté par les soldats américains lors du débarquement en Normandie, qu’il ne supporte pas. Son influence est considérable puisque Johnny Cash comme Bruce Springsteen ont reconnu avoir été inspirés par lui.

  • « The Times They Are a-Changin » de Bob Dylan

« L’ordre se flétrit rapidement, Et le premier aujourd’hui sera bientôt le dernier », dit la chanson éponyme et la plus célèbre du troisième album studio de Bob Dylan en 1964, « The times they are a-changin' ». Un titre classé par le magazine Rolling Stone au 59ème rang des 500 meilleurs chansons de tous les temps en 2004.

Un titre qui exprime aussi parfaitement l’état d’esprit des années 60, fait d’apprentissage de moeurs plus libres et de contestation de l’ordre établi. Avec son harmonica légèrement mélancolique et le chant nasillard inimitable de Dylan, elle servira de bande-son aux manifestations contre la guerre du Vietnam. Bien des années plus tard, Bob Dylan se produira d’ailleurs au Vietnam devant près de 6.000 spectateurs au concert d’Ho Chi Minh-Ville. Sans y interpréter pour autant, dans ce pays communiste, « The times they are a-changin' ».

  • « Guns of Brixton » de The Clash

On aurait pu choisir « I fought the law » ou « London Calling » en souvenir de nos années Doc Marteens et des petits trajets pas chers pré-Brexit pour la capitale britannique. Pourtant si il y a bien une chanson importante par sa portée politique de The Clash, c’est « Guns of Brixton ».

Parce que l’un des groupes majeurs de la culture punk y parle des fameuses grandes émeutes du quartier londonien de Brixton et établit ainsi un pont entre la culture libertaire du punk anglais et celle de la diaspora antillaise. Surtout parce que, dans le prolongement de la reprise de « Police and thieves » de Junior Murvin, le groupe y préfigure la gigantesque orgie conceptuelle et sonore du double « Sandinista », album encore aujourd’hui inépuisable près de quarante ans après sa sortie.

  • « Get up, stand up » de Bob Marley 

Chanson de l’émancipation et de la lutte sereine, « Get up stand up » figure sur « Burnin' » en 1972, disque qui préfigure l’explosion vers le grand public international de Bob Marley, juste avant « No woman no cry ». Co-écrite par Peter Tosh avec Bob Marley, elle dénonce le racisme et l’oppression exercée sur les diverses ethnies issues d’Afrique ou en Afrique même. Non sans critiquer aussi  certains aspects de la colonisation, notamment l’action de l’Église catholique pour tente de convertir certains pays africains au christianisme en y envoyant des prêtres.

Cette chanson assez simple de facture et universelle fut reprise un très grand nombre de fois par Bob Marley et ses Wailers ou Peter Tosh eux mêmes. Mais aussi par Tiken Jah Fakoly/U Roy, Martha Velez, Big Youth, The Slickers, Bunny Wailer, Toots and the Maytals, Shaba Ranks

  • « Killing in the name » de Rage Against The Machine

Cette chanson parle à la fois de l’extrême droite et de son infiltration par la police. Créé alors que l’electro choc de la première guerre du Golfe en 1991 vient d’ébranler les consciences, Rage Against The Machine a voulu réussir là ou Dylan et le punk ont échoué : changer véritablement les mentalités américaines consuméristes à travers des messages politiques explicites, des chansons brûlots et de véritables machines de guerre instrumentales. Influencés autant par les Bad Brains, Led Zeppelin, The Clash, Minor Threat ou Public Enemy, ils veulent « pervertir le système de l’intérieur ». En commençant par mettre sur la pochette de leur disque un bonze s’immolant par le feu protestant contre la guerre du Vietnam.

Néanmoins, le chanteur Zack de la Rocha et le guitariste Tom Morello n’hésitent pas à signer chez Sony tout en citant Che Guevara, Malcolm X et Martin Luther King. Ce qui leur permettra de vendre à l’époque leur album à plus de 4 millions d’exemplaires et de réaliser sept tournées en Europe. Monstre scénique, Rage Against The Machine n’est plus mais Zack de La Rocha a collaboré avec Run The Jewels ou Roni Size tandis que Tom Morello, outre Prodigy, s’est récemment illustré aux côtés de Chuck D de Public Enemy et de B Real de Cypress Hill avec les Prophets of Rage.

  • « Start the riot » d’Atari Teenage Riot

Récemment repéré pas très loin de Nantes au Motocultor, le groupe mené par Alec Empire est le groupe phare de la génération techno punk. Capable autant d’une reprise du groupe street punk oi ! Sham 69 que de l’implacable « Hetzjagd Auf Nazis ! » (« Traquons les nazis ! »). Atari Teenage Riot s’illustra aussi lors d’un très turbulent 1er mai berlinois, non sans quelques frictions avec la police allemande, dont la conception du maintien de l’ordre génère moins de blessures qu’en France tout en étant plus brutale, sans gadgets farcis de poudre mais en allant d’avantage au contact si nécessaire et en pratiquant aussi la désescalade.

Formé en 1992 à Berlin, avec Alec Empire mais aussi Carl Crack et Hanin Elias, rejoint en 1996 par Nic Endo, Atari Teenage Riot incarne parfaitement une certaine contre-culture née de la réunification de la capitale allemande. Puisant aussi bien ses références dans la culture autonome des squatteurs que dans un antinazisme viscéral.

  • « L’assaut final » de La Phaze

Un peu de guitares punk déflagrantes, une once de scansions légèrement ragga, un zeste electro techno pour rester en phase avec la génération « free party ». « L’assaut final » de La Phaze est un hymne « punk à chien », pour ceux qui n’hésitent pas à utiliser ce qualificatif péjoratif pour toute une frange d’habitués des festivals, des rassemblements altermondialistes et des manifestations. Une chanson étendard pour la génération précaire, celle qui est plus proche des 22 % les plus pauvres que des 1 % les plus riches.

Originaire d’Angers, La Phaze a été créé en 1999 par Arnaud Fournier (aussi actif chez Hint) aux guitares, cuivres et choeurs et Damny Baluteau au clavier, machines et au chant. Après avoir accueilli d’autres membres comme DJ Mouf ou DJ Nevrax et tourné dans de nombreux festivals, ils finiront par se séparer en 2012. Mais sa page Facebook annonce la reformation du groupe pour 2018 avec des nouveaux titres et une tournée. Un clip intitulé « Sourire au teint de glace » a même été publié en 2017.

  • « Porcherie » de Bérurier Noir

Chanson phare de l’antiracisme à la française, « Porcherie » du groupe punk rock Bérurier Noir s’inscrit dans le sillage des grenades dégoupillées que constituaient déjà « Panik » de Metal Urbain ou « Antisocial » de Trust. Avec l’ode à l’émeute « Vive le feu » ou « Salut à toi« , elle constitue peut être l’un de ses titres les plus renommés. Notamment du fait de son célèbre refrain imputrescible « La jeunesse emmerde le Front National« , considéré comme le plus fameux refrain punk, et d’ailleurs bien plus réversible qu’on est tenté de la croire au premier abord.

Véritable troupe de saltimbanques punk rock, les Bérurier Noir sont restés uniques dans l’histoire du rock français. Leur musique a servi de toile de fond aux manifs étudiantes de la fin 1986, leurs concerts se sont révélés prodigieux, attirant une foule bigarrée. Ils ont marqué la vie culturelle et militante française comme une trainée de poudre noire, autour de Fanfan le chanteur et de Loran le guitariste mais aussi de deux saxophinistes, de danseuses-choristes et même d’acrobates (parmi lesquels Helno qui deviendra plus tard chanteur des Négresses Vertes). Leur 45 tours « Empereur Tomato-Ketchup » finit même par être programmé sur NRJ.

  • « Qu’est ce qu’on attend » de Suprême NTM

Difficile de faire plus emblématique sur une thématique insurrectionnelle et révoltée que ce titre de NTM. Même si le corpus en la matière pour le rap français est conséquent depuis l’electro choc provoqué par le « Fight the power » de Public Enemy : le poétique et ciselé « On frappera » de La Rumeur, l’explicite « Emeutes » de Passi, l’ultra masculin « On est pas tout seuls » de Gradur, le prémonitoire « Racailles » de Kery James…

Avec ce titre, immortalisé par la caméra de François Bergeron lors d’un concert resté mythique au Zénith, le duo Didier Morville/Bruno Lopes créent un classique sur leur album « Paris sous les bombes » en 1995. En prétendant « aller à l’Elysée brûler les vieux », il entre au Panthéon, fixant un horizon révolutionnaire fantasmatique. Leur complémentarité, un peu inexplicable et irréelle sur scène, fait le reste.

  • « Don’t get captured » de Run The Jewels

Encore un super duo de rap, américain cette fois, qui signe la chanson des émeutes modernes, celle qui enjoint à échapper par tous les biais masqués et camouflés aux caméras nourrissant le flux des réseaux sociaux et aux objectifs de l’appareil photo.

Killer Mike, force de la nature du rap d’Atlanta et El-P, producteur imaginatif aimant les pièces montées soniques, incarnent aussi une époque dans tous ses excès : ils ont beau balancer leurs brûlots dans le brushing boursouflé de l’Amérique de Trump, c’est surtout aux hipsters geeks aux moustaches bien taillées amateurs de « goodies » ubuesques qu’ils plaisent. Et plus tellement à la classe ouvrière américaine de « Blue collar » qui pouvait apprécier Gil Scott Heron.

  • « Slogun » de SPK

« Kill kill kill for inner peace bomb bomb bomb for mental health therapy through violence working circle explosives ». Difficile de faire plus réellement radical que SPK, groupe de musique dite industrielle dont ce « Slogun » figurait en 1979 sur le maxi « Mekano« .

Des guitares distordues en boucles répétitives, des murs de bruit blanc flottant en boucles quasi éthérées, des voix vociférantes semblant émerger de masques à gaz et qui scandent « Camarades ouvriers : contre les provocations patronales et policières, contre le défaitisme et la capitulation pour la satisfaction de toutes les revendications, rejoignons notre poste de combat contre le capital l’usine occupée, organisons l’autodéfense nous vaincrons », citant des affiches ouvrières de Mai 68.

Les concerts de SPK, plein de feu et de fureur, sont restés dans la légende. Le groupe se forma en Australie à Sydney en 1978 autour de Neil Hill (Ne/H/il) et Graeme Revell (alias Operator), qui deviendra plus tard un compositeur de musiques de films hollywoodiennes suractif (on lui doit notamment celle du « Sous-sol de la peur » de Wes Craven ou de « Planète Terreur » de Robert Rofriguez). Les deux artistes travaillaient dans un hôpital psychiatrique lorsqu’ils furent inspirés par le manifeste d’un collectif allemand marxiste radical connu sous le nom de Sozialistisches Patientenkollektiv. Un collectif actif entre 1970 et 1971 qui combattait la médecine et les médecins en tant qu’ennemis de classe et voyait dans le capitalisme la cause des maladies.

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6 artistes qui ont changé le visage de la musique électronique Commentaires fermés sur 6 artistes qui ont changé le visage de la musique électronique 971


La techno et la musique électronique sont des genres neufs, y compris et surtout scéniquement. Mais, avec seulement quelques dizaines d’années au compteur, le dernier style musical innovant de l’histoire contemporaine (par son son, ses habitus, sa contre-culture) est déjà, crise de la musique enregistrée oblige, à l’heure du bilan. Panorama d’un patrimoine moderne à travers six portraits de musiciens qui l’ont fait bouger sur ses centres de gravité.

Laurent Garnier pionnier solide de la techno à la française

Laurent Garnier a su habilement se construire une image de Dieu le père de la techno en France, grâce notamment à son immersion dans la club culture balbutiante à Londres ou Manchester, qu’il a par la suite connectée à l’essor hexagonal du mouvement rave. Mais la personnalité de l’homme va au delà de l’hédonisme, d’une certaine institutionnalisation du genre, du strass et des paillettes.

Citoyen, engagé, il n’a jamais oublié ses racines foraines et s’est toujours positionné fermement contre un parti néo-fasciste comme le Front National/RN. Il joue d’ailleurs fréquemment le fameux « Porcherie » de Bérurier Noir en clôture de ses sets. Il est aujourd’hui à l’oeuvre derrière le festival Yeah ! au Château de Lourmarin dont la prochaine édition se tiendra les 7, 8 et 9 juin 2019, avec annonce de la programmation et ouverture de la billetterie le 4 mars 2019 à 10 h 30.

Laurent Garnier se produira le 24 mars 2019 au Rex Club à Paris puis au festival Nuits Sonores à Lyon le 31 mai 2019 ainsi qu’à We Love Green le 1er juin 2019 ou au Dour Festival le 11 juillet 2019.

Gary Numan le clown triste au synthé grinçant

Show man hors pair, clown blanc inquiétant, Gary Numan est non seulement un génie incompris en avance sur son temps. Mais aussi un acharné, dont la longévité laisse pantois. Depuis la fin des années 90, sa carrière a même connu un nouveau virage vers le rock industriel façon Nine Inch Nails ou Ministry.

Il a débuté en 1977 avec Meanstreet un petit groupe punk avant de former Tubeway Army qui connaîtra un succès important avec « Are « Friends » electric ? ». Maniaque du synthé, excentrique aux costumes de scène incroyables et à l’esthétique fignolée, il a eu plusieurs tubes comme « Cars« , n°1 en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis et fait l’objet d’un véritable culte au Royaume-Uni.

Gary Numan se produira le samedi 13 avril 2019 au Fiddlers Club à Bristol avec…Kraftwerk.

Kraftwerk à l’épreuve du temps

Kraftwerk, c’est l’Allemagne post-moderne, la civilisation Kodak qui pour tromper son ennui après une dure journée de labeur au contact de solides machines, enfante un univers artistique inouï. Au delà d’une imagerie saisissante et d’une esthétique vertigineuse, qui a inspiré des alter ego du côté de Détroit, le quatuor de Düsseldorf a aussi innové techniquement comme très peu parmi les pionniers de la musique électronique.

Au sein de leur studio Kling Klang, en 1977, ils s’appuyèrent sur l’un des tous premiers séquenceurs, fabriqué par Matten et Wiechers, concepteur de synthétiseurs basé à Bonn. Cet instrument à l’époque hors de prix, raccordé à un clavier mini-Moog, avant la technique Midi, le séquenceur digital ou le programme musical informatique, permettait un accompagnement pré-enregistré en plus de celui accompli par les musiciens.

Le groupe Kraftwerk donnera des concerts dans sa formule 3D les 27 et 28 juin 2019 au Teatro Romano Di Ostia dans le cadre du festival Rock In Roma, les 11, 12 et 13 juillet 2019 au festival Days Off à la Cité de la Musique/Philharmonie de Paris, le 31 juillet 2019 à l’hippodrome Manuel Possolo à Cascais au Portugal dans le cadre du festival EDP Cool Jazz.

New Order a imposé en précurseur la nouvelle donne electro

Il y a évidemment un avant et un après New Order dans l’histoire de la musique moderne. Sans eux, pas de Chemical Brothers, pas de Rythmes Digitales ni de DMX Krew, tout un pan de la production pop électronique n’existerait tout simplement pas.

Notamment grâce à leur phénoménal « Blue Monday », saturé d’effets de production ébouriffants, maxi resté le plus vendu de tous les temps (et pour cause, le format maxi est de toute façon en voie d’extinction complète). Ou à leur « Confusion » co-produit avec Arthur Baker, pape du hip-hop new yorkais avec Afrika Bambaataa. Mais à la différence de leurs grands rivaux Depeche Mode, le groupe a eu une vie, sombre, tendue mais passionnante à travers Joy Division, avant de connaître un succès planétaire.

Les New Order seront en tournée en Europe l’été prochain avec des dates le dimanche 16 juin 2019 à Water Plaza à Kallithea en Grèce, le 18 juillet 2019 au Lovell Telesqcope de Macclesfield au Royaume-Uni, le jeudi 15 août 2019 au Paredes de Coura Rock Festival au Portugal, le vendredi 16 août 2019 à Biddinghuizen aux Pays-Bas, le 25 août 2019 au Victorious Festival de Portsmouth .

Aphex Twin le sorcier du son en vedette de Rock en Seine

La venue à Paris d’Aphex Twin est un évènement. Pas si courant par ici, voilà l’un des artistes les plus cultes enfantés par le label Warp de Sheffield. Même si ses projections sur grand écran arty et délirantes frôlent régulièrement le grand art, le gourou de l’électro, calé derrière ses moniteurs, n’est pas à proprement parler un « performer ».

C’est en effet surtout la musique enregistrée qu’il a révolutionné, faisant évoluer l’esthétique techno hédoniste et physique vers des miniatures conceptuelles ultra mélodiques faisant passer au prisme d’une sensibilité aquarelliste l’héritage des saturations breakbeat et des rythmes hardcore.

Aphex Twin constituera l’une des attractions de la prochaine édition de Rock en Seine à Paris le 25 août 2019 au Domaine National de Saint-Cloud.

Juan Atkins maître du son de Détroit avec Kevin Saunderson et Derrick May

La techno est noire et américaine, avant tout. Ne jamais l’oublier. Musique de parias, de saltimbanques, de déracinés, ce genre profondément enraciné dans le no man’s land social engendré par les restructurations de l’industrie automobile de Détroit aux Etats-Unis a été propulsé dans les clubs d’Europe sous l’impulsion d’un fameux trio : Juan Atkins, Kevin Saunderson et Derrick May.

Juan Atkins débute la musique en jouant de la batterie et de la basse. Il découvre pèle mêle à la radio, dans l’émission d’un certain Charles Johnson alias The Electrifying Mojo le funk le plus mutant de Funkadelic ou Parliament, la post-disco de Georgio Moroder ainsi que la new wave ou la pop synthétique de Kraftwerk ou de Telex. De quoi lui inspirer sa techno minimale proche de l’electro funk.

Juan Atkins jouera le 1er juin 2019 au Zuiderpark de La Hague aux Pays-Bas, le 7 juin 2019 au WesternUnie à Amsterdam, le 24 août 2019 à Kiev en Ukraine.

6 festivals innovants qui projettent la musique live dans le futur Commentaires fermés sur 6 festivals innovants qui projettent la musique live dans le futur 1078

Il faut connaître la glorieuse mémoire des festivals pour savoir s’affranchir du passé. Après un tour d’horizon des festivals qui ont marqué l’Histoire, voici ceux qui se conjuguent au futur, innovent technologiquement ou esthétiquement. De South by Southwest à Villette Sonique en passant par Motocultor.

Le South by Southwest à Austin paradis des défricheurs


Voilà un trio de festivals réputé à Austin : musique avec SXSW Music, cinéma avec SXSW Film et médias interactifs avec SXSW Interactive. Sans parler d’un festival de rue étonnant. Les défricheurs, programmateurs, directeurs artistiques du monde entier s’y pressent chaque année. Attirés par un nec plus ultra multidisciplinaire conviant à son affiche des groupes tels que American Werewolf Academy (punk rock), Urban Hype (afro pop), Dead Soft (grunge) ou Haiku Hands (pop) qui sont peut être les « next big thing ». Mais aussi par le passé des stars confirmées telles que Jaïn ou Lana Del Rey. Côté cinéma, on a pu y découvrir par le passé des films tels que « Démineurs » de Kathryn Bigelow ou y assister à un hommage à Alex Chilton qui décéda juste avant de s’y produire surs cène avec le groupe Big Star. Au SXSW ça phosphore sévère avec des conférences et des ateliers immergés dans les problématiques les plus high tech, à tel point qu’en 2009, les réseaux de fournisseurs télécoms AT & T ont failli flancher, principalement en raison d’utilisation intensive d’iPhone.

La prochaine édition de South by Southwest se déroulera du 8 au 17 mars 2019.

L’Electric Daisy Carnival se décline à Mexico et Las Vegas

Déjà ancien, nominé sept fois aux International Dance Music Awards, l’Electric Daisy Carnival se déroule rituellement à Las Vegas même si cette année, en 2019, il se tiendra aussi à Mexico City les 23 et 24 février 2019. L’événement s’est d’ailleurs décliné à Puerto Rico, au Royaume-Uni, au Japon, au Brésil ou en Inde. Sa finalité est de permettre aux festivaliers et danseurs d’évoluer dans de structures en trois dimensions, dans des environnements luminescents, au sein d’une flore et d’une faune tels que des chevreaux, au milieu de manèges gigantesques. Quelque part entre un springbreak orgiaque et un Burning Man consumériste. Des pointures des dancefloors comme Calvin Harris, Martin Garrix, Afrojack, Armin van Buuren s’y sont succédé. Il se tient au Las Vegas Motor Speedway, circuit automobile géant du Nevada. La première édition s’était déroulée au début des années 90 sous la forme d’une rave près de Los Angeles

L’Electric Daisy Carnival se tiendra du 17 au 19 mai 2019 dans le cadre du Las Vegas Motor Speedway.

La Villette Sonique s’incruste sous le périphérique

En plus d’une communication volontariste sur les réseaux sociaux, où il pousse en avant-première ses innovations tarifaires, le festival Villette Sonique à Paris maintient la cap d’une programmation avant-gardiste. Une programmation qu’il n’hésite pas à localiser depuis quelques éditions sous le périphérique (derrière le Cabaret Sauvage) du côté de la Halle aux cuirs. Un lieu ultra urbain propice à une atmosphère « underground » même si conspué par la bourgeoisie parisienne anti-« bobo » à cheval sur ses codes de consommation culturelle. Cette année, c’est le rappeur frappadingue Danny Brown, remarqué récemment pour sa collaboration avec Alt-J, qui jouera entre deux piliers de bétons sous un axe routier. Atmosphère de block party délurée garantie. Et ce n’est pas tout puisque se grefferont aussi à l’affiche des noms aussi prestigieux ou rares tels que Deena Abdelwahed (pour un live), Julia Holter et Cate Le Bon ou Stereolab.

L’édition 2019 de Villette Sonique se tiendra du 6 au 9 juin 2019 en différents lieux du Parc des Expos de La Villette (Grande Halle, Trabendo, Cabaret Sauvage…).

Tommorowland bacchanale techno ultra connectée

Véritable institution de la musique dansante en Belgique, Tommorowland a énormément innové ces dernières années. Il a ainsi été un des premiers festivals à passer au « cashless » à travers des bracelets connectés permettant le paiement automatique par application. L’événement a aussi offert une immersion high tech à distance via le web à tous les festivaliers du monde désireux de s’y connecter. Pour son prochain cru, Tommorrowland accueillera des artistes tels que Solomun, Martin Garrix, Amelie Lens, Black Coffee, Carl Cox, DJ Diesel, Don Diablo, Oliver Heldens, Steve Aoki, The Chainsmokers.

La prochaine édition de Tommorowland se tiendra du vendredi 19 juillet 2019 au dimanche 28 juillet 2019 au Domaine provincial De Schorre à Boom en Belgique.

Le festival Forte au Portugal concilie ultra modernité et patrimoine

Axé sur la musique électronique, les arts visuels et les arts de la scène, le festival Forte au Portugal se déroule dans un château. Un décor de vieilles pierres augmenté de nombreuses performances numériques et d’effets de lumières iridescents. Avec des artistes electro prestigieux tels que Neon Chamber, Rhys Fulber, Freddy K ou Dave Clark.

Le festival Forte se déroulera du 23 au 25 août 2019 au château de Montemor-O-Velho au Portugal.

Le Motocultor balise le chemin pour ses festivaliers

L’opéra rock celtique Excalibur, Alan Stivell, NOFX, Napalm Death, Henri Dès & Ze Grands Gamins…Non seulement le Motocultor innove par une programmation transgenres qui va bien au delà de son ADN punk/metal. Mais l’évènement a su aussi prouver son aptitude à l’innovation technologique. En 2017, il avait même remporté, dans le cadre des « festival awards« , le prix de l’innovation numérique. Notamment grâce à Imagina, une application reliée à un système de balises Bluetooth qui mettait à disposition des festivaliers l’information la plus pertinente dont il avait besoin en fonction du moment de la journée et de l’endroit où il se trouve. Permettant d’aller même au delà d’actions tels que le scannage de QR codes ou la technologie sans contact. Paramétrée et configurée, l’application travaille toute seule et tient en alerte le festivalier sur son téléphone mobile. Elle a été développée par la jeune start up Vannetaise Imagina.

La prochaine édition du festival Motocultor à Saint-Nolff près de Vannes du 15 août 2019 au 18 août 2019.

6 festivals mythiques qui ont marqué l’Histoire Commentaires fermés sur 6 festivals mythiques qui ont marqué l’Histoire 674

La grande histoire des festivals est jonchée de légendes. Punk, hippie ou techno, chaque famille de rassemblement musical a ses pionniers, ses mythes. Inventaire en 6 chapitres.

Desolation Center quand les prophètes punk prêchaient dans le désert

Sans DesolationCenter, pas de festival Coachella, pas de Lollapalooza, pas davantage de Burning Man. Un documentaire qui vient de sortir retrace cette glorieuse épopée de petits punks californiens qui rêvaient de sensations fortes et de pouvoir consommer des substances illicites à l’abri des regards de papa maman et de la police. Entre 1983 et 1985, Perry Farrell, fondateur de Jane’s Addiction et futur cerveau de Lollapalooza viendra y puiser l’inspiration au contact des allemands Einstürzende Neubauten, habitués des performances bruitistes avec des outils et des matériaux récupérés. Mais aussi de Sonic Youth ou des groupes cultes hardcore Minutemen et Meat Puppets. Concerts de plain pied les boots dans le sable, improvisations hallucinées dans la nuit furent au programme.

Nos futurs au Festival punk de Mont-de-Marsan

On se pince encore pour y croire. En août 1977, Gérard Holtz évoquait le « premier festival de punk rock » à Mont-de-Marsan. Un évènement qui aura laissé des traces en Europe continentale depuis son épicentre des Landes et du Pays Basque. Et même en Europe tout court puisque, météorologie clémente oblige, sa première édition fut le tout premier festival punk sur le vieux continent, un mois avant celui du 100 Club à Londres. Par la suite le festival punk de Mont-de-Marsan, délocalisé un temps à La Rochelle, eu lieu à cinq reprises entre 1976 et 1986. La première édition dans les Arènes de Plumaçon se tint de midi à trois heures du matin et reçut la visite de nombre de punks européens, comme par exemple Ian Curtis de Warsaw/Joy Division, accompagné de sa femme Deborah. En 1976, l’évènement se tint contre l’avis du préfet et du maire de l’époque. La tendance des présentateurs post-ORTF de l’époque à décrire systématiquement le mouvement punk par sa traduction littérale en français n’étaient sans doute pas étrangères à cette méfiance très vieille France. Même si les Sex Pistols refusèrent de partager l’affiche avec les un peu oubliés Eddie and the Hot Rods, la programmation fut particulièrement flamboyante avec des concerts des anglais de The Damned, de Bijou ou Little Bob Story, qui allaient jeter là les bases d’une persistante bonne réputation dans l’Hexagone. Les années suivantes virent même se succéder des pointures punk telles que The Clash, The Police, Marie & Les Garçons

Woodstock ou la naissance du business nostalgique

Que n’a-t-on pas déjà raconté sur Woodstock ? Au moment où ce festival mythique parmi les mythiques fête son cinquantenaire, un torrent de produits éditoriaux commémoratifs et dérivés va envahir les linéaires. C’était déjà le cas il y a dix ans. De quoi satisfaire l’important pouvoir d’achat des « baby boomers » qui avaient 20 ans en 1969. CD, DVD, livres, films sont au programme. Et même un festival puisque une nouvelle édition du festival de Woodstock se déroulera du 16 au 18 août 2019 au centre culturel de Bethel Woods au nord de New York. 25 ans après s’était déjà tenue une suite au populeux évènement dénommée Woodstock’ 94. Elle fut rebaptisée « Mudstock » à cause d’une météo désastreuse, plusieurs des groupes participants comme Primus, Green Day ou Nine Inch Nails se livrèrent à de dantesques batailles de boue, notamment avec le public. Cinq ans plus tard, Woodstock 1999 creusa encore un peu plus profond le filon mercantile.

Le festival de l’île de Wight est toujours vivant près de 50 après

Plus important rassemblement autour de la musique rock jamais organisé en Europe, la troisième édition du festival Wight fin août 1970 s’est paradoxalement déroulée sur une île au sud du Royaume-Uni. Pendant cinq jours et cinq nuits. Avec des stars comme The Who, Jimi Hendrix, The Doors ou Joan Baez. Et près de 600.000 spectateurs. Après une longue éclipse de 1970 à 2002, le festival est le seul évènement dont l’aura s’est avérée si mythique qu’il existe toujours aujourd’hui.

Monterey pionnier des pionniers

Du 16 au 18 juin 1967 se tint à Monterey, petite ville californienne, un festival qui attira un peu moins de 100.000 participants. Ce qui donna lieu à la première prestation de Jimi Hendrix, de The Who aux Etats-Unis, à un concert de Ravi Shankar tandis que Janis Jopplin et Otis Redding définissaient pour leur part ici de nouveaux standards pour un concert en plein air. Le Monterey Pop, marqué singulièrement par des défections d’artistes qui ne purent ou ne voulurent s’y produire comme The Beach Boys, The Beatles, les Rolling Stones, The Kinks, inspira largement Woodstock.

Boréalis inventa la pluie de rythmes avant d’être victime du déluge

C’est une légende bien française. On connait l’indestructible Astropolis près de Brest. Mais on se souvient aussi de Boréalis, pionnier des festivals de techno sudistes à Montpellier, bien avant I Love Techno. Boréalis fut organisé de 1993 à 1999 par une sorte de tribu pionnière sur le modèle des légendaires Spiral Tribes anglaises baptisée Les Pingouins. Immergée dans la culture rave britannique, à une époque où la techno ne se vivait que sous sa forme illégale de « free parties », la petite communauté réussit à faire grandir son évènement, passant du lieu boîte de nuit aux arènes de Nîmes puis au Parc de Grammont à Montpellier. Avec des tyrannosaures du « beat » tels que Daft Punk, Jeff Mills, Chemical Brothers…Le cru 1999 s’annonçait pharaonique avec 25 000 à 30 000 personnes attendues, des noms comme Basement Jaxx, Roni Size, Laurent Garnier, qui avait joué l’année précédente. Mais un orage de grêle titanesque eut raison au dernier moment de son organisation et les Pingouins ne s’en remirent jamais. Clap de fin.

L’univers des concerts s’inquiète de la vente à la découpe de l’empire Lagardère 0 738

Quel avenir pour le pôle concerts et spectacle vivant de Lagardère ? La question se pose avec acuité alors que l’héritier Lagardère peine toujours à imprimer un cap et du sens à ce qui est devenu au fil des années un lourd conglomérat subissant les restructurations. La branche médias, en pleine reformatage, s’interroge elle aussi sur sa pérennité.

C’était le début des années 2000. La presse parisienne s’empiffrait de croissants et se bousculait au Virgin Megastore des Champs-Elysées pour assister au point presse organisé par Arnaud Lagardère en présence du charismatique Richard Branson. Une présentation dans un decorum luxueux, clinquant, mettant en scène l’entreprenariat dans sa version « cool et jean », destinée à officialiser le rachat par Lagardère Média des 16 magasins Virgin dans l’Hexagone. Petits clins d’oeils complices d’Arnaud au premier rang, hâle et brushing poivre et sel façon Richard Gere pour son « business partner » britannique.

Près de 20 ans plus tard, c’est morne plaine. Le Virgin des Champs, navire amiral des revendeurs de CD en France, a été envoyé par le fond en trois clics comme un vulgaire Titanic. Et l’ex-PDG de Virgin Stores Jean-Noël Reinhardt désormais tête de pont commerçante en tant que président du Comité des Champs-Élysées est à deux doigts de hurler « Macron démission ! ». En particulier lorsqu’il réalise que la « plus belle avenue du monde » s’est transformée en champ de bataille pour enragés en gilet jaune qui découvrent les vertus apaisantes du gaz lacrymogène, des explosions de grenades et des balles en caoutchouc.

La dernière déroute en date est celle des médias. Pour Lagardère, le désengagement de ce secteur est massif. Avec par exemple la toute récente entrée en négociations avec M6 pour la revente de son pôle télévisions. Qui s’ajoute à la cession de son pôle magazine incluant Elle mais aussi Version Femina, Art & Décoration, Télé 7 Jours, France Dimanche, Ici Paris et Public au Czech Media Invest de Daniel Křetínský, également actionnaire du Monde et propriétaire de Marianne. Sans parler de la revente de Boursier.com au groupe Les Echos – Le Parisien.

Des turbulences qui déstabilisent complètement l’univers médiatique. Et provoquent de nombreuses angoisses pour l’avenir au sein d’une profession journalistique qui appréhende de se retrouver sur le carreau. Si le chiffre d’affaires de Lagardère reste relativement stable (même si en baisse de 4,4 % en données consolidées), à 7 milliards d’euros, on ne peut pas vraiment en dire de même de ses effectifs. En 2016, il affichait plus de 28.000 salariés. Un an plus tard, le chiffre était descendu à 23.000 personnes

D’où l’inquiétude du secteur des concerts où Arnaud Lagardère avait fait une entrée tonitruante il y a quelques années. Devenant actionnaire du Bataclan en 2015, contrôlant aussi les Folies Bergère, le Casino de Paris, avec des parts dans le Zénith de Paris. À travers Lagardère Live Entertainment sont aussi produites les tournées de Florent Pagny, Phil Collins, Tears for Fears.

Mais le gâteau n’est probablement pas assez gros pour tout le monde, la concurrence a les dents aiguisées et salive à vue d’oeil face à la viande bien persillée au prix de plus en plus élevé que peut représenter le spectacle vivant. On l’a vu sur le théâtre de la reprise de gestion du Zénith de Nantes où Lagardère a dû s’allier à Live Nation pour espérer emporter le morceau face au redoutable Marc Ladreit de Lacharrière. Ce proche de François Fillon, ex-président d’un conseil régional des Pays-de-la-Loire aujourd’hui de nouveau dominé par la droite, semble prêt à tous les recours pour marquer son territoire. Et s’imposer comme un acteur montant majeur face à un Lagardère empêtré dans les restructurations d’un groupe dont la taille critique le rend difficile à manoeuvrer.

La revente par Lagardère de Billetreduc.com à Fnac Darty ne résonne en tout cas pas franchement comme un clairon offensif en direction du champ de bataille des concerts. Pas plus que les résultats en demi-teinte du Bataclan, dont l’activité est quasi sabotée par une frange irresponsable de la classe politique. Arnaud Lagardère n’a-t-il d’ailleurs pas complètement perdu la main sur les destinées du groupe hérité de son père ? En 2011, Qatar Investment Authority, filiale du fonds souverain de l’émirat du Qatar, est devenu actionnaire principal du groupe Lagardère. Une présence moins tapageusement médiatisée que l’implication de l’émir dans le club de football Paris-Saint-Germain. Mais qui n’en reste pas moins parfaitement cohérente avec la dissémination des filiales Lagardère dans le monde et son parcours historique, notamment enraciné dans les activités de défense avec Matra, à ses débuts.

Au moment où Vincent Bolloré accélère les synergies entre les activités concerts de Vivendi et les propres intérêts industriels de sa famille, particulièrement en Afrique, la galaxie Lagardère, dont les étoiles pâlissent, peut-elle retrouver son scintillant ?



4 bassistes à ne pas rater sur scène Commentaires fermés sur 4 bassistes à ne pas rater sur scène 1161

Ils sont nombreux, les bassistes restés obscurs dont on oublie qu’ils font tenir l’architecture rythmique des concerts des plus grandes stars. Certains se détachent pourtant du lot en termes de notoriété et accrochent la lumière. Parce que leur créativité est forte. Que leur présence scénique irradie. Ou que leur technicité fait monter les enchères. Petite sélection de quelques bêtes de scène atypiques.

Flea des Red Hot Chili Peppers

Flea est l’un des membres originels de la joyeuse bande de lycéens californiens qui composa en 1983 les Red Hot Chili Peppers. Et un pilier du groupe avec le chanteur-rappeur Anthony Kiedis, C’est avec lui qu’il forme dans un premier lieu le groupe Anthem School, qui veut élaborer une synthèse entre le punk rock et le funk de Parliament et Funkadelic. Mais Flea quitte rapidement cette formation pour rejoindre Fear un groupe satirique qui s’avèrera culte et où toute l’excentricité de son jeu de basse s’élaborera. John Lydon, ex-Sex Pistols essaiera même d’ailleurs de la débaucher pour son nouveau groupe Public Image Limited. Mais Flea préfère rejoindre ses camarades de lycée qui ont fondé les Red Hot Chili Peppers. Probablement à raison car on lui laisse exprimer ici toute la démesure de son jeu de basse, en particulier sur leur second album « Freaky Styley » produit par George Clinton lui même. Sur scène, Flea est totalement dans la démesure, slappe, gigote, bondit, à tel point que cette énergie débordante lui vaudra quelques ennuis de santé, il subira une dépression nerveuse en 1994, juste après que le groupe se soit produit à Woodstock II, alors qu’il venait déjà d’exploser les compteurs sur scène au festival Lollapalooza (on y retrouvera régulièrement le groupe).

Mais les Red Hot Chili Peppers restent très actifs sur scène, y compris en cette fin des années 2010 où les concerts ont revêtu une importance prépondérante.

En jouant aux pied des pyramides égyptiennes en mars 2019, les Red Hot Chili Peppers rejoindront d’ailleurs un très petit club composé seulement de The Grateful Dead, Sting ou IAM.

Les Red Hot Chili Peppers se produiront pour un concert exceptionnel aux pied des pyramides de Gizeh en Egypte le 15 mars 2019.

Peter Hook de Warsaw/Joy Division/New Order

Qui aurait imaginé que le bassiste Pete Hook, artisan punk qui a révolutionné l’approche de la basse, avec un son si mélodique obtenu par accident, en décalant simplement le réglage de son ampli, se produirait devant une foule en liesse de jeunes mexicains ? Ceux qui ont déjà vu le « capitaine crochet » tanguer sur scène comme il prendrait d’abordage une foule en liesse, notamment en petit comité à Lorient, savent pourtant que ses concerts n’ont pas de prix.

Depuis presque 10 ans, « Hooky » pour les intimes revisite les répertoires de New Order puis de Joy Division sur scène. Après quelques récentes dates françaises, à Nantes ou à Saint-Malo notamment, il reviendra au printemps en France.

Peter Hook & The Light jouera le 8 mai 2019 à l’Epicerie Moderne à Feyzin, le 4 mai 2019 au Rockstore à Montpellier, le 5 mai 2019 au Cabaret Aléatoire à Marseille.

Robert Trujillo de Metallica

Virtuose de la basse, Robert Trujillo est une figure de la scène metal puisqu’il a fait partie de groupes aussi illustres que Suicidal Tendancies et son successeur Infectious Groove, Mass Mental, Black Label Society, JerryCantrell et Ozzy Osbourne. Jusqu’à finir par être débauché par le groupe fondé par James Hetfield et Lars Ulrich en 2003. Suite au départ de Jason Newsted, un casting est élaboré pour lui trouver un successeur.

Mais ni David Ellefson de Megadeth, ni Twiggy Ramirez de Marilyn Manson, ni Scott Reeder d’Unida, ni Pepper Keenan de Corrosion of Conformity. Metallica finit par débourser 1 million de dollars pour mettre à l’essai Robert Trujillo, qui fait la différence grâce à son jeu incandescent et brutal ainsi que par sa présence scénique.

Avant de se produire au Stade de France le 12 mai 2019, Metallica fera une halte en Europe du Sud, et notamment en Espagne le 5 mai 2019, le 5 mai 2019.

Gail Ann Dorsey charismatique bassiste égérie de David Bowie

Gail Ann Dorsey a aidé considérablement David Bowie à régénérer sa création à la fin des années 90. Cette musicienne élabore en effet un jeu puissant tout en étant à la fois empli de subtilités.

Elle a notamment participé à la tournée mondiale « A Reality Tour« . Mais aussi au concert de David Bowie à Glastonbury en 2000, 30 années après la première apparition du « thin white duke » sur cette scène.

Mais avant cela, la bassiste native de Philadelphie s’était déjà illustrée dans de nombreuses formations. Collaborant avec Boy George ou Concrete Blonde, faisant appel sur son premier album solo Eric Clapton, participant au 1, 2, 3 Soleils de Khaled/Rachid Taha et Faudel. Ces dernières années, on l’a beaucoup vue auprès de Lenny Kravitz.

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