5 espoirs français à surveiller de près Commentaires fermés sur 5 espoirs français à surveiller de près 487

  • La pop mélancolique de Mansfield. TYA prépare son sacre aux Vieilles Charrues   

Plus qu’un espoir puisque déjà à son quatrième album (« Corpo Inferno » chez Vicious Circle), Mansfield. TYA est le fruit de la rencontre entre Carla Pallone et Julia Lanoë, nom civil de Rebeka Warrior, de Sexy Sushi. Projet moins tapageur, il s’apparente à la facette la plus mélancolique de Sexy Sushi, avec même des élans pop insoupçonnés.

Référence américaine, le nom « Mansfield » vient de June Mansfield, épouse de l’écrivain Henry Miller. Comme en écho à une autre passerelle transatlantique, celle de la photo de la pochette de leur album « June » représentant la première sortie du paquebot Normandie, signée du grand père de Julia Lanoë, ouvrier aux chantiers de Saint-Nazaire. 

Actuellement en tournée, Mansfield. TYA jouera notamment le 16 décembre 2016 à Poitiers au Confort Moderne puis le 20 mars 2016 à La Vapeur à Dijon, le 21 avril 2016 à La Cigale à Paris et même aux Vieilles Charrues le 14 juillet 2016.    

  • Bantam Lyons passion hardcore sous l’eau qui dort 

On avait pas autant frémi sur du rock Nantais depuis les Von Pariahs (OK c’était il y a pas si longtemps). Entre Interpol pour l’aplomb lyrique et les envolées fiévreuses d’un timbre vocal pas si loin d’un Thom Yorke (Radiohead), on sort des chansons de Bantam Lyons les sens tout tourneboulés.

D’abord sur la défensive face à ce chant faussement calme sur le fil de la cassure, qui crève régulièrement comme un orage sous des nuages de guitare, on finit par traquer chaque indice d’activité de cette bande très déterminée.

Après Les Transmusicales, Le Printemps de Bourges, Indigènes à Nantes, Les Indisciplinés à Lorient, le groupe jouera, entre autres, à domicile, au Ferrailleur à Nantes, le 23 janvier 2016 et même au Point Éphémère à Paris le 24 mars 2016. 

  • La mélancolie synthétique de Rémi Parson

Français vivant à Londres, Rémi Parson n’écrit et ne chante pas pour autant dans la langue de Shakespeare. Fondu de boîtes à rythmes tic tac, de basses rases-mottes à la New Order, cet artiste cultive aussi une certaine mélancolie pleine de panache héritée de Daniel Darc (Taxi Girl).

Sa french synth pop, inévitablement triste, de cette jolie langueur qu’habillent les rythmes métronomes, sait aussi se regarder dans la glace comme un ado mirerait une pochette glam de David Bowie. Des climats vaporeux assez uniques des deux côtés de la Manche, et, à vrai dire, on n’avait pas été sous le charme d’une telle lumière arc en ciel depuis Anne Laplantine.

Rémi Parson s’est produit à l’Espace B, à La Gaîté lyrique à Paris ou au Lieu Unique à Nantes et a sorti son premier album « Précipitations » en 2015.  

  • Tiger Lion quand la pop folk prend le pouvoir façon Cat Power

Si leur titre « Under Water », noisy, pop et tribal, évoque le meilleur des Slits et notamment l’album « Return of the giant slits », cette première impression s’avère trompeuse. En concert, la musique de Clémentine Blue, petite française bouclée exilée à Brighton appuyée par un solide gang de gentils garçons se rapproche sensiblement des crescendos sentimentaux de Chan Marshall alias Cat Power.

Cette jeune artiste a déjà un pedigree étoffé puisqu’elle est aussi la bassiste et parfois même chanteuse du groupe psychédélique Michael A Grammar et officiait autrefois au sein du trio pop français The Dancers. En anglais dans le texte même si la vidéo d »Under Water » s’inspire du « Sacre du Printemps » de Stravinsky.  

Tiger Lion a enchaîné fin 2015 une série de dates entre Nantes et Brighton.  

  • La PieTà et sa chanson hyperréaliste dérangeante

https://youtu.be/EgltOuww5Bo

Peu d’indices sur cet étrange projet sentant le souffre, bien loin de l’imagerie pieuse à laquelle renvoie son patronyme. Entre rock sous transfusion Gun Club, slam, tempos sauvagement binaires et esthétique interlope à la Jean-Louis Costes, La PieTà n’a pour l’instant sorti qu’une chanson intitulée « La moyenne », avant un premier EP annoncé pour février 2016.

Des textes et une ambiance qui renvoient à la misère sexuelle et affective, reflets d’une époque trouble où les chairs fatiguent, les sentiments s’oxydent, les consciences politiques s’affaissent. Quelque part entre Courtney Love et Léo Ferré, la Virginie Despentes de « Baise Moi » et un Stromae sous amphétamines. Avant des concerts qu’on guettera comme on fixe une silhouette en manteau de fourrure prise dans les phares. 

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