5 légendes à l’honneur à Jazz à La Villette 2015 Commentaires fermés sur 5 légendes à l’honneur à Jazz à La Villette 2015 467

L’histoire du jazz aime les mythes et les légendes. Et ce jeune genre offre l’avantage d’en conserver un grand nombre en vie. Si l’hommage à Nina Simone ne pourra être que posthume, DJ Premier, Tony Allen, Steve Coleman et Archie Shepp seront bien là en chair et en os lors de la prochaine édition de Jazz à la Villette

  • DJ Premier le mythe new-yorkais

Vu sa propension à sampler le répertoire jazz, la présence de DJ Premier à Jazz à la Villette est tout sauf un hasard. Contrairement au Wu-Tang Clan, autres célèbres new-yorkais de la planète rap, DJ Premier n’a jamais réellement réussi le « cross-over » avec le public rock. Ni explosé commercialement avec son groupe Gang Starr propulsé par le MC Guru, qui se distingua jadis par son duo avec MC Solaar.

Ce producteur n’en demeure pas moins un des plus respectés des aficionados hip-hop. DJ Premier, c’est le son de la côte est par excellence : une patte mélodique jazz, urbaine, à la fois sombre et aérienne, des beats pistons qui claquent comme un « fist bump ».  

Outre sept albums avec Gang Starr dont le dernier, l’excellent « The Ownerz » remonte déjà à 2003, DJ Premier a sorti une pléthore d’albums solos. Quand à ceux qui l’ont sollicité comme producteur, la liste est sans équivalent : Mobb Deep, The Notorious B.I.G., Nas, KRS-One, Mos Def, Snoop Dogg…jusqu’à Dr. Dre sur son récent album événement « Compton ». Une rencontre au sommet qui scelle la réconciliation entre west coast et east coast, après des années de conflit artificiel. 

  • Steve Coleman l’inventeur de formes

Steve Coleman sera omniprésent lors de cette édition de Jazz à la Villette. Au Trabendo avec The Mystic Rhythm Society, à la Grande Halle de la Villette avec The Council of Balance (Magic Malik assurant la première partie) ou sous l’intitulé Steve Coleman’s natal eclipse à la Philharmonie 2. Autant d’incarnations protéiformes pour ce saxophoniste emblématique du jazz funky des années 80.  

Avec The Mystic Rhytm Society, il réactivera les trois disques enregistrés en 1995 dans l’enceinte de La Villette, « Live At The Hot Brass ». Un cycle musical qui se voulait influencé par les grandes traditions rythmiques du Maghreb, de l’Asie, de l’Amérique latine et de l’Inde. 

Pour « The Council of Balance », Steve Coleman se présentera avec un orchestre XXL, incluant d’anciens compagnons de route : la chanteuse Jen Shyu ou le trompettiste Jonathan Finlayson. 

Enfin, Steve Coleman’s natal eclipse et sa configuration d’orchestre de chambre avec trompettes, saxophones et clarinettes en chassé-croisé puisera autant dans la musique classique que les traditions africaines. 

  • Archie Shepp la radicalité dissonante 

La culture afro-américaine ne serait pas la même sans Archie Shepp et Melvin Van Peebles. Le saxophoniste clef du free jazz et le cinéaste enragé de la Blaxploitation. Deux militants historiques ici réunis pour un voyage au coeur de la conscience noire. 

Le tandem s’appuiera sur le collectif britannique The Heliocentrics, grands prêtres au service de la cosmogonie de Sun Ra, entre dissonances jazz et rétro-futurisme afro. 

Avec cette création mondiale placée sous le signe du jazz rebelle, de la poésie éruptive et de paysages d’anticipation brumeux, c’est tout un pan de l’histoire des États-Unis qu’ils convoquent. Il s’agira de la première représentation de The Last Transmission publié par le label de Los Angeles Now Again à l’automne 2014, écrit par Melvin Van Peebles et mis en musique par The Heliocentrics.

  • Tony Allen le musicien continent 

Sans son versant africain, la black music n’est rien. Et Tony Allen, mythique batteur du roi de l’afrobeat Fela Anikulapo-Kuti représentera donc avec brio le continent des anciens hommes. Voir Tony Allen sur scène, c’est l’assurance d’assister à une démonstration, sans tapage ni excès de virtuosité, de l’art de caresser les fûts.

Du haut de ses 75 printemps, le nigérian est resté suractif. Et profondément éclectique. En témoignent ses collaborations avec Doctor L, l’ex-architecte sonore des précurseurs rap Assassin, Manu Dibango, le scandinave Jimi Tenor ou le décalé Sébastien Tellier

Son dernier album en date, « Film of Life », il l’a concocté avec l’un de ses plus grands fans : Damon Albarn, la voix de Blur et Gorillaz

  • Nina Simone la prêtresse vaudou ressuscitée 

Ressusciter Nina Simone, grande dame du jazz. Un projet un peu fou tenu à bout de bras par des Dr. Frankenstein et apprenties sorcières venus de tous horizons comme Hugh Coltman, Sandra Nkaké, Camille, Sophie Hunger, Sly Johnson, Mélissa Laveaux, Ben l’Oncle Soul, Camélia Jordana et Ala.Ni.

Douze ans après sa disparition, les jeunes générations jazz comme soul semblent ne jamais avoir été autant inspirées par cette chanteuse vibrante, militante de la lutte des droits civiques, pianiste aussi pointilliste qu’orageuse.  

Cette soirée du dimanche 6 septembre 2015 dans la grande salle de la Philarmonie 1 sera une déclinaison scénique du disque « Autour de Nina » imaginé par le jeune arrangeur Clément Ducolcomplice de Vincent Delerm ou de Melody Gardot

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