5 pionnières du reggae féminin Commentaires fermés sur 5 pionnières du reggae féminin 2665

De plus en plus répandu, comme le montrait encore récemment notre dossier consacré aux représentantes féminines du genre, le reggae féminin a le vent en poupe. De Millie Small à Judy Mowatt en passant par Rita Marley (photo), il s’inscrit aussi dans une tradition déjà ancienne qui remonte aux premières tentatives d’exporter le savoir faire mélodique et les 45 tours jamaïcains sur le sol anglais.

  • L’Angleterre découvre le ska jamaïcain avec « My boy lollipop » de Millie Small

 

https://youtu.be/ZYj9J4UH8ck

C’est le premier carton commercial de Chris Blackwell, futur magnat du genre avec son label Island et découvreur de Bob Marley. « My boy lollipop » de Millie Small, alors une adolescente de 15 ans, est un tube ska (l’ancêtre du reggae) enregistré au Royaume-Uni et réalisé par le guitariste Ernest Ranglin. Il fut n°2 des charts anglais en mai 1964.

Ce titre, qui fut aussi un succès aux Etats-Unis, connut de nombreuses reprises, aussi bien en France (les Gam’s, Agnès Loti) qu’au Québec (Renée Martel) et dans la sphère anglo-saxonne (Bad Manners, Amy Winehouse, Lulu, The King Blues, Die Lollipops, Steven Seagal). Son succès permettra à Chris Blackwell de s’enrichir et de développer Island, qui se consacrera au rock, au folk et à la musique progressive après 1964, le producteur sortant ses disques jamaïcains sur le label Trojan Records.

  • Naissance d’un culte autour de Marcia Griffiths avec « Tell me now »  

 

Marcia Griffiths est une des chanteuses jamaïcaines les plus populaires. Au milieu des années 60, elles rejoint l’écurie Studio One, l’important label de ska rock steady reggae fondé en 1962 à Kingston par Clement Seymour Dodd, dit « Sir » Coxsone. Elle commence à collectionner les hits, avec des titres comme « Feel like jumping », « Truly » ou ce « Tell me now » qu’elle continuera longtemps d’interpréter sur scène.

Elle se met rapidement en tandem avec un autre ténor de Studio One, Bob Andy, avec qui elle sortira deux albums chez Trojan. Et obtient en 1970, la reconnaissance internationale pour le duo Bob & Marcia qu’elle forme avec lui en enregistrant une reprise du morceau de Nina Simone « Young, Gifted and Black », qui se vendra à 500 000 exemplaire aux Royaume-Uni et en Europe. Lorsque le duo se sépare en 1974, Marcia Griffiths devient l’une des I-Threes, qui forment les chœurs de Bob Marley.

  • Le « Deh Pon Dem » de The Soulettes révèle Rita Marley

Le magnétisme de cette chaleureuse et langoureuse « love song » ne se dément pas au fil des années. « Deh pon dem » est l’ouvre des Soulettes, un trio de chanteuses incluant Rita Anderson, la future compagne de Bob Marley. Elle rejoignit d’ailleurs elle aussi le choeur des Wailers, les I-Threes.

C’est lors d’une séance d’enregistrement des Wailers que Bob et Rita tombèrent amoureux. Avant de se lancer un peu plus tard dans une carrière solo, c’est avec Marlene Gifford et Constantine Walker que Rita Marley fonda The Soulettes au mitan des années 60.

  • Denise Darlington starlette de Studio One avec « War no right »

 

Une face b attachante. Denise Darlington rejoignit tardivement l’écurie Studio One. Avant d’enregistrer en Jamaïque « War no right », petit hit chanté sur des arrangements et rythmiques déjà bien éprouvés, elle débuta à New York où elle fut présentée à « Sir » Coxson qui dirigeait alors une boutique Studio One à Brooklyn sur Schenectady Avenue. Coxsone partit en effet s’installer à New York à la fin des années 70 mais revint en Jamaïque à la mort de sa mère.

Celle-ci, Doris Darlington, à ne pas confondre avec Denise Darlington, est parfois considérée comme la première femme DJ de Jamaïque. A l’époque où son fils Coxsone faisait la pluie et le beau temps sur son île avec son soundsystem Downbeat pendant les années 60 et même 50. Une vocation au départ strictement utilitariste pour cette dame du reggae puisqu’il s’agissait de distraire les clients de son estaminet, le Nannys bar.

Et pallier l’absence de Coxsone, parti en vadrouille aux Etats-Unis pour écumer les disquaires en quête de 45 tours rythm’n’ blues. Devenue la cantinière de la scène ska jamaïcaine, Doris Darlington officia à ce rôle de cuisinière en chef aussi longtemps que les labels et les studios se développaient dans le pays.

  • Juddy Mowatt, « Black Woman » et fière de l’être

 

Après avoir dans sa jeunesse chanté dans des chorales religieuses et intégré une troupe de danse, Judy Mowatt débute sa carrière en 1967 au sein des Gaylettes. Après que ce groupe se soit séparé en 1970, elle rencontre le succès en solo avec « I Shall Sing », qui se classe numéro 1 des ventes en Jamaïque. Elle fonde son label, Ashandan.

Son premier opus, « Mellow Mood », sort en 1975. En tout, huit albums verront le jour, dont le fameux « Black Woman ». En 1986, « Working Wonders », le quatrième, sera même nommé aux Grammy Awards. Elle fera partie, avec Marcia Griffiths et Rita Marley, des choristes I-Threes auxquelles Bob Marley fit appel lorsque Peter Tosh et Bunny Wailers quittèrent The Wailers en 1974. Des I-Threes qui accompagnèrent Bob Marley sur scène et en studio jusqu’à sa mort en 1981. Plus récemment, Judy Mowatt a participé à l’album de Groundation « A Miracle », l’an dernier. 

Toutes ces chanteuses de reggae féminins ont ouvert la voix à de nouvelles générations d’artistes reggae femme, mises en avant lors de festivals comme le Reggae Sun Ska;

 

 

Previous ArticleNext Article
X
X