5 projets rap français à suivre Commentaires fermés sur 5 projets rap français à suivre 657

À Paris et à l’ouest, rien que du nouveau. Même si Lille et surtout Lyon ont aussi prouvé leur dynamisme, de nouvelles plumes du rap français émergent sur un axe Brest-Bobigny. Entre amour du « live » et revendication du droit à être sensible, cette génération semble émancipée des legs de ses aînés et ne construit déjà plus sa chanson de geste dans le récit post-colonial et misérabiliste. Ce qui ne l’empêche pas d’être parfois plus nihiliste que ses grand frères.  

  • Asocial Club (Paris)

 

Asocial Club est un groupe réunissant Al, Prodige, Vîrus et DJ Kozi autour de la matrone Casey. Un collectif qualifié de « supergroupe » comme pour renouer avec la dynamique originelle et le sens commun des débuts de « l’âge d’or » du hip hop, celui de Public Enemy, Leaders of the new school ou IAM. Pourvu d’une production nec plus ultra aux relents techno, avec des rythmes frétillants, Asocial Club se distingue par des textes désabusés et un aplomb scénique de morveux décidés à en découdre. Le groupe se produira le 7 mars 2015 à Bourges, le 13 mars 2015 à la Lune des Pirates d’Amiens, le 14 mars 2015 au Blanc Mesnil en Seine-Saint-Denis dans le cadre du « Festival Terre(s) hip hop » ainsi que le 25 avril 2015 à La Vapeur de Dijon.

  • Pumpkin (Brest-Paris)

 

Sensible, émouvante tout en n’ayant pas froid au « flow », Pumpkin est capable de faire chavirer une salle. Cette bretonne originaire de Brest est passée par Barcelone, où elle a vraiment démarré sa carrière solo il y a quinze ans, avant de s’amarrer à Paris. Elle navigue de maxis en longs formats, collaborant avec Plutanium, Vin’s Da Cuero ou une pointure comme DJ Vadim. Inspiré par le rap indé des années 90, la soul, le jazz, l’electro, l’abstract hip-hop anglais, elle a trempé sa plume dans l’encrier MC Solaar, Oxmo Puccino, inspiré aussi par les anglophones Common ou Mos Def. Elle se produira le 25 mars 2015 Espace Jemmapes/Scène du Canal à Paris puis le 28 mars 2015 à La Ferme du Buisson à Noisiel. 

  • Cap-Oral (Nantes) 

 

Avec son rap teinté d’inflexions reggae, Cap-Oral s’est récemment fait remarquer au festival de sa ville d’origine Nantes, Hip Opsession. On y a découvert ses circonvolutions sémantiques parfois complexes heureusement portées par un timbre vocal chaud et énergique. Doté d’une vraie générosité sur scène, le rappeur a pour slogan « sur la tête de mon mic’ (microphone) » et s’est produit en ouverture des 30 ans de la Marche pour l’Egalité et contre le Racisme. Engagé, conscient, cet artiste originaire d’Haïti et qui a transité par Angers avant d’arriver à Nantes, garde dans un coin de sa tête le commerce triangulaire. Ce qui ne l’empêche pas d’écrire des textes empreints d’humour voire de tendresse.

  • Phases Cachées (Paris)

 

Se réclamant de leur propre style, le « Boogie woogie flow », entre rap et (encore) reggae, les Phases Cachées se sont fait une spécialité d’écumer les salles de concert. C’est là qu’ils ont acquis leur expérience et leur stature. Là où la verve de leurs trois MC’s Cheeko, D’Clik et Volodia peut particulièrement s’exprimer, avec l’appui d’un solide « big band ». Depuis 2013, il ont enchaîné plus de 120 dates , des bars de la région parisienne aux salles de province. Remportant des tremplins (Paris Jeunes Talents 2014, IDF Buzz Booster 2013, Emergenza France 2010).Entre février et juin 2015, ils donneront d’ailleurs une quinzaine de dates, à La Clef à Saint-Germain-en-Laye le 20 mars 2015, Bordeaux le 17 avril 2015 ou à Paris au Divan du Monde le 13 mai 2015.

  • Hippocampe Fou (Triangle des Bermudes)

 

Le rap fun, qui ne se prend pas au sérieux, Hippocampe Fou connaît bien, lui qui se dit originaire du Triangle des Bermudes. Et puis, intituler ses titres « Nul en sport », en empruntant le sentier glorieux d’un Philippe Katerine, avouez que ça change du « Bling Bling » ou de la revendication en mode rase motte. Depuis les Svinkels, TTC ou MC Circulaire, on avait rarement autant pouffé en écoutant du rap français. Avec leur flows de puceaux et leurs choré-graves, les deux larrons d’Hippocampe Fou ne sont pas prêts de se voir offrir de prestigieux ponts d’or chez Def Jam, le label de Jay Z. Mais on pourra par contre les découvrir en concert le 6 mars 2015 à Bobigny au Canal 93 et le 9 mars 2015 à Paris à l’Olympia, avec les Naive New Beaters notamment.

 

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