5 temps forts du Disquaire Day Commentaires fermés sur 5 temps forts du Disquaire Day 531

Inspiré du Free Comics Book Day destiné à soutenir la BD américaine, le Record Store Day a permis aux disquaires indépendants de réaliser grâce à cette opération des ventes supérieures aux Fêtes de fin d’année outre Atlantique. Déclinée en Europe et en France grâce au Calif, bras armé des disquaires soutenu par le ministère de la Culture, cette opération y sert aujourd’hui de précieuse courroie d’entrainement au renouvellement tangible des boutiques de disques indépendantes. Tour d’horizon de cinq événements marquants d’un événement aussi foisonnant que la diversité culturelle.  

  • Paris toujours mieux servi ?

Plutôt décentralisé tant il est vrai que la culture vinyles est tout sauf jacobine, le Disquaire Day va plutôt avantager Paris en termes de concerts, artistes et structures y étant pour beaucoup basés. Même si Marseille la talonnera de près cette année avec des lives de Massilia Sound System ou DJ Oil de Troublemakers.

Il faut dire que la capitale compte à elle seule une cinquantaine de disquaires spécialisés (contre seulement trois à Nantes par exemple). Les parisiens auront notamment la chance d’assister à un concert de Jeanne Added au Badaboum ou à une « Disquaire Day Night » autour du label Prohibited Records, label du groupe post-hardcore Prohibition, les Fugazi français.  

 

  • Culture Bar-Bars met ses troquets au diapason du disque 

La fédération des cafés culturels Culture Bar-Bars, qui vient d’organiser à Nantes sa première conférence nationale de la vie nocturne, afin de mettre de l’huile dans les rouages entre riverains et professionnels de la nuit, est partenaire du Disquaire Day. Une vingtaine de débits de boissons accueilleront, en mode café-cultures, concerts, sets de DJ, mini-foires au disques, expositions, présentations de labels et même dégustation de « galettes ».

Rien qu’à Nantes, au moins une demi-douzaine d’établissements joueront le jeu. Mais des événements sont aussi à l’ordre du jour à Paris bien sûr, Lille, Nîmes, Dijon, Angers, Rennes…    

 

  • L’aubaine du « Live at the Fillmore East » de Sly and the Family Stone

Plus encore que le concert à Pragues de Johnny Cash ou le live de Sun Ra (quoique…), le vrai document sonore à ne pas rater sera ce « Live at the Fillmore East » en vinyle de Sly and the family Stone. Un enregistrement en concert capté un an avant le légendaire passage au festival de Woodstock de Sly and the Family Stone, où ce groupe sortit singulièrement du lot.

Restitution sonore des concerts des 4 et 5 octobre 1968 au Fillmore East de New York et digest parmi les digest puisque la sélection de titres pioche dans les meilleures performances tirées de quatre concerts, Sly et son gang aux exubérantes coupes Afro en donnant à l’époque deux par nuits. L’occasion de se replonger dans l’atmosphère d’une Amérique tiraillée entre relâchements beatniks et auto-défense Black Panthers avec ces pionniers soul funk psychédéliques à qui George Clinton, Bootsy Collins ou Prince doivent tout.

 

  • France Inter aussi creuse son sillon

Malgré l’amertume d’une grève record avec de maigres gains, malgré tout galvanisée par ses bons résultats d’audience, France Inter se mettra à l’heure du Disquaire Day, comme d’ailleurs l’ensemble de Radio France. Avec des émissions spéciales, des expos, des concerts. Les duos inédits de Nosfell/Jeanne Added, Claire Diterzi/Mélissa Laveaux et Moriarty/Irshad & Ali Kawa organisés par France Inter en 2014 sur son antenne seront d’ailleurs proposés à la vente cette année en format 45 tours.

Moriarty sera de retour avec un concert en direct au Studio 104 à partir de 21 h. La Maison Ronde ouvrira aussi les portes de sa faramineuse Discothèque avec une exposition/projection des pépites de ce fond hors du commun (plus de 565 000 disques, un entrepôt bourré de vinyles et même de cylindres). Les émissions Pauses vinyles avec Didier Varrot ou Club Jazz à Fip suivront aussi le fil de cette journée placée sous le signe du « disque à papa ».

 

  • Même le cinéma de genre sera sur le tracklisting

A défaut d’être jamais sorti en France en DVD, le culte « Shogun Assassin », film américano-japonais de Robert Houston, verra au moins sa BO faites de ritournelles synthétiques antiques répétitives constituer l’une des curiosités du Disquaire Day. Culte parce que régulièrement cité par des experts en cinéma asiatique comme Quentin Tarantino ou RZA, metteur en sons du Wu-Tang Clan.

Un extrait de « Shogun Assassin » figure en ouverture de « Liquid Swords », l’excellent album de Genius/GZA, un des actes fondateurs de la pléthorique discographie du Wu. Même extrait qui sera cité quelques années plus tard par Tarantino dans « Kill Bill 2 ». Avant que le cinéaste et le producteur de rap ne décident d’allier leurs forces pour élaborer « The man with the Iron Fist », relecture yankee du film de sabre asiatique, sous un prisme chinois, cette fois, qui peut se voir comme un clin d’oeil à « Shogun Assassin ».

 

 

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