6 festivals mythiques qui ont marqué l’Histoire Commentaires fermés sur 6 festivals mythiques qui ont marqué l’Histoire 1751

La grande histoire des festivals est jonchée de légendes. Punk, hippie ou techno, chaque famille de rassemblement musical a ses pionniers, ses mythes. Inventaire en 6 chapitres.

Desolation Center quand les prophètes punk prêchaient dans le désert

Sans DesolationCenter, pas de festival Coachella, pas de Lollapalooza, pas davantage de Burning Man. Un documentaire qui vient de sortir retrace cette glorieuse épopée de petits punks californiens qui rêvaient de sensations fortes et de pouvoir consommer des substances illicites à l’abri des regards de papa maman et de la police. Entre 1983 et 1985, Perry Farrell, fondateur de Jane’s Addiction et futur cerveau de Lollapalooza viendra y puiser l’inspiration au contact des allemands Einstürzende Neubauten, habitués des performances bruitistes avec des outils et des matériaux récupérés. Mais aussi de Sonic Youth ou des groupes cultes hardcore Minutemen et Meat Puppets. Concerts de plain pied les boots dans le sable, improvisations hallucinées dans la nuit furent au programme.

Nos futurs au Festival punk de Mont-de-Marsan

On se pince encore pour y croire. En août 1977, Gérard Holtz évoquait le « premier festival de punk rock » à Mont-de-Marsan. Un évènement qui aura laissé des traces en Europe continentale depuis son épicentre des Landes et du Pays Basque. Et même en Europe tout court puisque, météorologie clémente oblige, sa première édition fut le tout premier festival punk sur le vieux continent, un mois avant celui du 100 Club à Londres. Par la suite le festival punk de Mont-de-Marsan, délocalisé un temps à La Rochelle, eu lieu à cinq reprises entre 1976 et 1986. La première édition dans les Arènes de Plumaçon se tint de midi à trois heures du matin et reçut la visite de nombre de punks européens, comme par exemple Ian Curtis de Warsaw/Joy Division, accompagné de sa femme Deborah. En 1976, l’évènement se tint contre l’avis du préfet et du maire de l’époque. La tendance des présentateurs post-ORTF de l’époque à décrire systématiquement le mouvement punk par sa traduction littérale en français n’étaient sans doute pas étrangères à cette méfiance très vieille France. Même si les Sex Pistols refusèrent de partager l’affiche avec les un peu oubliés Eddie and the Hot Rods, la programmation fut particulièrement flamboyante avec des concerts des anglais de The Damned, de Bijou ou Little Bob Story, qui allaient jeter là les bases d’une persistante bonne réputation dans l’Hexagone. Les années suivantes virent même se succéder des pointures punk telles que The Clash, The Police, Marie & Les Garçons

Woodstock ou la naissance du business nostalgique

Que n’a-t-on pas déjà raconté sur Woodstock ? Au moment où ce festival mythique parmi les mythiques fête son cinquantenaire, un torrent de produits éditoriaux commémoratifs et dérivés va envahir les linéaires. C’était déjà le cas il y a dix ans. De quoi satisfaire l’important pouvoir d’achat des « baby boomers » qui avaient 20 ans en 1969. CD, DVD, livres, films sont au programme. Et même un festival puisque une nouvelle édition du festival de Woodstock se déroulera du 16 au 18 août 2019 au centre culturel de Bethel Woods au nord de New York. 25 ans après s’était déjà tenue une suite au populeux évènement dénommée Woodstock’ 94. Elle fut rebaptisée « Mudstock » à cause d’une météo désastreuse, plusieurs des groupes participants comme Primus, Green Day ou Nine Inch Nails se livrèrent à de dantesques batailles de boue, notamment avec le public. Cinq ans plus tard, Woodstock 1999 creusa encore un peu plus profond le filon mercantile.

Le festival de l’île de Wight est toujours vivant près de 50 après

Plus important rassemblement autour de la musique rock jamais organisé en Europe, la troisième édition du festival Wight fin août 1970 s’est paradoxalement déroulée sur une île au sud du Royaume-Uni. Pendant cinq jours et cinq nuits. Avec des stars comme The Who, Jimi Hendrix, The Doors ou Joan Baez. Et près de 600.000 spectateurs. Après une longue éclipse de 1970 à 2002, le festival est le seul évènement dont l’aura s’est avérée si mythique qu’il existe toujours aujourd’hui.

Monterey pionnier des pionniers

Du 16 au 18 juin 1967 se tint à Monterey, petite ville californienne, un festival qui attira un peu moins de 100.000 participants. Ce qui donna lieu à la première prestation de Jimi Hendrix, de The Who aux Etats-Unis, à un concert de Ravi Shankar tandis que Janis Jopplin et Otis Redding définissaient pour leur part ici de nouveaux standards pour un concert en plein air. Le Monterey Pop, marqué singulièrement par des défections d’artistes qui ne purent ou ne voulurent s’y produire comme The Beach Boys, The Beatles, les Rolling Stones, The Kinks, inspira largement Woodstock.

Boréalis inventa la pluie de rythmes avant d’être victime du déluge

C’est une légende bien française. On connait l’indestructible Astropolis près de Brest. Mais on se souvient aussi de Boréalis, pionnier des festivals de techno sudistes à Montpellier, bien avant I Love Techno. Boréalis fut organisé de 1993 à 1999 par une sorte de tribu pionnière sur le modèle des légendaires Spiral Tribes anglaises baptisée Les Pingouins. Immergée dans la culture rave britannique, à une époque où la techno ne se vivait que sous sa forme illégale de « free parties », la petite communauté réussit à faire grandir son évènement, passant du lieu boîte de nuit aux arènes de Nîmes puis au Parc de Grammont à Montpellier. Avec des tyrannosaures du « beat » tels que Daft Punk, Jeff Mills, Chemical Brothers…Le cru 1999 s’annonçait pharaonique avec 25 000 à 30 000 personnes attendues, des noms comme Basement Jaxx, Roni Size, Laurent Garnier, qui avait joué l’année précédente. Mais un orage de grêle titanesque eut raison au dernier moment de son organisation et les Pingouins ne s’en remirent jamais. Clap de fin.

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