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Check (in)Side Party boucle une programmation ambitieuse à Guéret en pleine Creuse

Par Nicolas Mollé le 19/09/2018 - Dernière mise à jour : 20/09/2018

Check (in)Side Party boucle une programmation ambitieuse à Guéret en pleine Creuse

En pleine Creuse, à Guéret, dans un territoire traversé par un historique de résistances prolongées par les conflits d’usage d’aujourd’hui, Check (in)Side Party relève le défi d’une soirée avec une copieuse programmation. Incluant Miossec, Jeanne Added, Arnaud Rebotini, Rebeka Warrior. Il s’agit là du prélude à un nouveau festival, successeur du tumultueux et remarqué El Clandestino en 2017, avec Manu Chao.

 

 

Miossec. Jeanne Added. Arnaud Rebotini en live. Et Rebeka Warrior. Pas moins. Et ce n’est pas au festival des Inrocks ou lors d’une déclinaison hivernale des Eurockéennes que ce plantureux plateau, rêve d’équilibre entre pop en français dans le texte et électronique brutalement ondulatoire est prévu. Mais en pleine Creuse, à Guéret, lors d’une soirée Check (in)Side Party proposée le samedi 20 octobre prochain à l’Espace André Lejeune.

Une soirée qui conviera aussi la pop synthétique du poitevin Malik Djoudi. Le skate blues démantibulé du basque Képa.

Avec, déjà, l’idée d’introduire par ce copieux entremet musical, un futur rendez-vous. Un festival qui prendra la suite du succès d’El Clandestino qui conviait en 2017 Chinese Man, Panda Dub, Keny Arkana ou Ludwig Von 88. Et surtout, surtout, Manu Chao.

 

 

Un succès monstre. « On a créé le plus gros embouteillage de l’histoire de la Creuse », signale avec enthousiasme Eric Correia, président de l’agglo de Guéret, conseiller régional Nouvelle Aquitaine, en charge des droits culturels. « 14 kilomètres de bouchons, c’était un moment exceptionnel, les gens venaient de partout. Les retombées économiques ont été importantes, pour les commerçants, les hôteliers, les hypermarchés qui ont été « dévalisés »… Cela prouve que la culture est aussi un outil d’attractivité pour un territoire. Mais je me suis fait beaucoup de cheveux blancs en trois jours. »

À tel point aussi que l’encadrement et la sécurité ont vite été débordés et que, sur les près de 25.000 personnes présentes, une portion très importante de spectateurs s’est faufilée à l’oeil. Avec d’autres facteurs, c’est la source d’un déficit important.

« Une heure et demi pour créditer ses boissons, quarante minutes de queue pour les commander, une signalétique défaillante, ça ne pouvait pas fonctionner », juge Eric Correia. »La marge de progression est donc énorme, le conseil communautaire a validé mais il faudra que ce soit carré. »

Le nouveau festival devrait se dérouler en plein été 2019, probablement le dernier week-end de juillet. « Nous sommes en plein centre de tout et un peu au milieu de nulle part, sur la route des vacances aussi », souligne Sébastien Chevrier, directeur de Check (in) Party.

Car Eric Correia n’a pas voulu d’un El Clandestino bis mais plutôt créer un nouvel évènement, toujours sur l’aérodrome de Guéret Saint-Laurent, source de multiples clins d’oeils sémantiques à l’aéronautique. Un « festival des musiques indépendantes » nommé Check (in) Party. Avec son prélude Check (in)Side Party.

Et un montage atypique, fruit de l’union de deux associations : Shut Up & Dig ! à Niort et Terre du Milieu à la Quincaillerie – Tiers lieu du Grand Guéret. L’une ayant vocation à servir de structure support à l’équipe de professionnels orchestrant le futur festival. L’autre pour objet l’activité d’entrepreneur de spectacles et, d’une manière générale, de contribuer à élargir l’offre culturelle et artistique de l’agglomération du Grand Guéret. « Avec du transfert de compétences qui se fera par la suite », précise Eric Correia.

Le territoire est atypique. Une terre de résistance, historiquement peu peuplée mais qui compte à elle seule « 60 justes » ayant protégé des enfants juifs pendant la Seconde guerre mondiale.

 

 

Et qui continue d’affirmer sa singularité face aux menaces d’expulsion pesant sur un Soudanais. Une terre de Zad aussi, de résistances à des chantiers industriels ou agricoles jugés aberrants. Comme l’usine à Pellets voisine en Haute-Corrèze, le centre d’engraissement de Saint-Martial, des projets de mines d’or ou différents conflits d’usage sur le Plateau des Mille Vaches. Bref, il n’y a pas qu’à Nantes que tout se passe autour de l’aéroport dans le plus pur esprit Zad.

 

 

Certains jeunes du plateau des Mille Vaches, eux, fuient les couteuses métropoles, leurs cours empressées et fardées, leurs décorums culturels « prout prout », préférant investir des bâtisses à retaper, des champs à revivifier. Ils ont cependant moins tendance à fréquenter Guéret que les étudiants originaires de la Creuse de passage après être partis poursuivre leur parcours ailleurs.

Mais la centaine de copains libertaires à dreadlocks qui ont gaiement fréquenté El Clandestino en 2017 sont loin de déranger Eric Correia : « Ceux qui étaient venus avec leurs camions et leurs chiens ont tout nettoyé et fait une quête à la fin pour dédommager via une enveloppe le propriétaire du champ sur lequel ils avaient stationné, sur un autre terrain, ils ont donné un bouquet de fleurs au maire pour qu’il l’apporte à la propriétaire, une mamie en Ehpad. »

C’est cependant l’un des enjeux du futur festival que d’élargir encore sa capacité à drainer du public de l’extérieur.

D’où une programmation sophistiquée, finement dosée, avec un dégradé allant de la chanson française racée de Miossec aux élixirs acoustiques électroniques de Jeanne Added.

 

 

En passant par l’électronique « vintage » du césarisé Arnaud Rebotini et la furia techno de celle qui officiait avec insolence dans Sexy Sushi, Rebeka Warrior.

« Nous avons choisi des artistes qui pratiquent la scène comme peu le font », explique Sébastien Chevrier. « Arnaud Rebotini est l’un des rares à faire de l’électro un peu organique tandis qu’avec Rebeka Warrior, nous aurons une guerrière, une techno un peu déglinguée, quelque chose de tonitruant. »

 

 

Les quatre artistes sont aussi amis en dehors de la scène. « On constate que Jeanne Added annonce déjà des dates complètes sur sa tournée », poursuit Sébastien Chevrier. « Et avec l’actualité autour du nouvel album de Miossec, la dynamique devrait être bonne pour nous. » L’Espace André Lejeune à Guéret est pourvu d’une capacité théorique de 1.400 places, les organisateurs attendent un peu plus d’un millier de personnes.

Sans compter le public qui aura commencé à fréquenter sa pré-programmation la veille, le vendredi 19 octobre 2018, dans le réseau de bars local. « Nous avons fait très attention aux tarifs », note Sébastien Chevrier, « Le concert de Jeanne Added est à 25 euros (NDLR : 27 euros même) à Limoges, c’est le tarif que nous proposons pour l’ensemble de la programmation, c’est aussi possible parce que la communauté d’agglomération nous dote d’une subvention assez significative qui pèse 30 % de notre budget. »

Quand au festival en 2019, ses organisateurs ont fait partir leurs premières offres et sont donc en attente des retours des agents d’artistes, qui devraient survenir fin octobre début novembre. Et coïncider avec la soirée Check (in)Side Party.

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