11 musiques de films qui ont bâti la légende du compositeur John Williams 0 1359

 

  • « À Bout Portant (The Killers) » de Don Siegel en 1964

 

 

Adapté d’une nouvelle d’Ernest Hemingway, comptant à son générique le redneck sanguin Lee Marvin, « À bout portant » est le dernier film du (mauvais) acteur Ronald Reagan, avant que celui-ci ne se mette en tête l’idée saugrenue de devenir président des Etats-Unis (concept qui fera malheureusement des émules dans l’histoire de ce pays). Ce polar est signé par Don Siegel, réalisateur du Hollywood des années 70 auteur du célèbre « Inspecteur Harry » lançant la carrière de Clint Eastwood, qui recroisera la route du metteur en scène à plusieurs reprises (« L’évadé d’Alcatraz », « Un shériff à New York » et surtout le troublant « Les proies« ).

John Williams, fils d’un percussionniste professionnel travaillant pour CBS, fait ici ses premières armes, avec des tapis de violons et des trouées de cuivres tonitruantes bien enlevées qui prouvent une maîtrise orchestrale acquise au contact du jazz et de téléfilms. Rapidement, John Williams se met à composer, en parallèle de son travail pour l’image, des concertos et symphonies.

 

  • « Un Violon Sur le Toit » de Norman Jewison en 1971

 

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Comédie musicale créée à l’Imperial Theatre de Broadway, « Un violon sur un toit » est adaptée au cinéma par Norman Jewison. Ce film est l’occasion pour John Williams de remporter le premier Oscar de sa carrière, grâce à la musique additionnelle et la direction musicale, qu’il signe. Il est alors récompensé pour la « meilleure partition de chansons et adaptation musicale ».

Parmi les multiples chansons de ce film narrant le quotidien tragi-comique d’une communauté juive vivant dans un petit village ukrainien, l’une a particulièrement marqué les esprits, « If I were a rich man« . Cette chanson sera d’ailleurs reprise et adaptée à de multiples reprises : par Charles Aznavour et Dalida, les Rita Mitsouko et Doc Gyneco ou Gwen Stefani et Eve.

 

  •  « La Tour Infernale » de John Guillermin et Irwin Allen en 1974

 

 

Film majeur de la vague des films catastrophe des 70’s, « The Towering Inferno » comprend à son casting une pléiade de stars comme Steve McQueen, Claude Newman, Fred Astaire, Faye Dunaway ou O.J. Simpson. C’est déjà la deuxième incursion de John Williams dans le genre. Le compositeur avait en effet signé « L’aventure du Poséidon« . L’imaginaire hollywoodien déploie alors des circonvolutions catastrophiques qui vont marquer la psyché mondiale, au fur et à mesure que la société de consommation envahit l’espace civil. Le film raconte la tentative d’évacuation en catastrophe de la plus haute tour de San Francisco, à 550 mètres, un énorme incendie y survenant en pleine inauguration.

John Williams lui doit une nomination pour l’Oscar pour la musique du film, il glanera surtout un British Academy Film Awards en 1976 pour ce « score« , cette musique originale.

 

  • « Les Dents De La Mer (Jaws) » de Steven Spielberg en 1975

 

 

Repéré pour sa capacité à élaborer des climax sonores dantesques, John Williams est rapidement approché par Steven Spielberg qui vient lui même de se faire remarquer avec « Duel« . « Jaws » s’inspire d’ailleurs énormément de « Duel », substituant à la figure traqueuse du camion vengeur paranormal conduit par un routier sans visage celle du monstre marin, le requin blanc aux dents mortelles.

« Jaws » est tout simplement pourvu de l’un des thèmes les plus marquants de l’histoire du cinéma. Dans la fausse quiétude d’une introduction éthérée inspirée de l’ouverture du « Sacre du Printemps » de Stravinsky, une scie survient bientôt, une suite répétitive et mordante d’accords lancinant de cordes. Avec un contrebasson au son grave et massif qui se heurte au silence. Bientôt rejoint par des éclats de cuivre. Des éclats qui ne sont pas sans rappeler un autre thème célèbre qui enfanta la plupart des canevas des musiques de films d’horreur : celui de la scène de la douche dans « Psychose » d’Alfred Hitchcock composé par Bernard Herrmann. John Williams lui doit son deuxième Oscar de la meilleure musique de film, et, à nouveau, un British Academy Film Awards. Ainsi qu’un Golden Globe Award et un Grammy Award. C’est aussi le début d’une des collaborations parmi les plus fécondes de l’histoire du cinéma entre un réalisateur et un compositeur. John Williams signera aussi la musique du mésestimé « Jaws 2 » de Jeannot Szwarc.

 

  • « Star Wars: Episode IV – A New Hope » de Georges Lucas en 1977

 

 

On l’oublie trop souvent mais Star Wars, petite production fauchée aux effets spéciaux artisanaux et aux stars balbutiantes, doit une part importante de son succès colossal à la musique de John Williams, qui fut orienté vers Georges Lucas par Steven Spielberg. Parce que son ample composition orchestrale d’ouverture accompagne un générique déroulant resté unique dans l’Histoire. Georges Lucas était loin d’avoir le budget suffisant pour louer un orchestre. John Williams étant ami avec André Previn, l’administrateur de l’orchestre symphonique de Londres, il parvint à lui « emprunter » la formation, qu’il dirigera lui même, pour enregistrer la musique qu’il avait composée.

Avec ses trompettes dignes d’un péplum, ses envolées tour à tour pompières évoquant des cavalcades dans la prairie et ses ressacs sidéraux, cette BO est un concentré de culture filmique musicale américaine.  Elle reste un « best seller » de la musique de film, plusieurs fois réédité. John Williams renoue même avec ses premières amours pour composer deux titres de « jazz extraterrestre » accompagnant les scènes de la « cantina » sur la planète Tatooine. On retrouvera John Williams à la partition sur tous les épisodes ultérieurs de la saga Star Wars, avec des variations particulièrement sombres sur « L’Empire Contre-Attaque » ou « La revanche des Siths« .

 

  • « Rencontres du troisième type (Close Encounters of the Third Kind) » de Steven Spielberg en 1977

 

 

De 1975 à 1981, c’est l’âge d’or de John Williams, des années au cours desquelles il compose ses musiques originales les plus marquantes. 1977 est peut être l’acmé de cette créativité, avec « Rencontres du troisième type » pour lequel Steven Spielberg fait de nouveau appel à lui après son incursion dans le « space opéra« . Mais pour ce film de science-fiction conceptuel, conte métaphysique et philosophique, John Williams établit une partition ad’hoc, autant mémorable par son thème d’ensemble que ses destructurations polyphoniques lors de la séquence centrale de la rencontre avec la soucoupe des « visiteurs ». Spielberg réalise d’ailleurs le montage final du film en s’alignant sur la musique de John Williams.

Le code musical minimal et avant-gardiste de « Rencontres du troisième type » sera maintes fois cité par la suite dans l’histoire du cinéma, de James Bond (« Moonraker« ) à « Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ » en passant par « Monstres contre Aliens » ou « Paul« . Daft Punk l’utilisera aussi en introduction de ses concerts.

 

  • « Superman » de Richard Donner en 1978

 

 

Compositeur très inspiré de bandes originales orchestrales étoffées, John Williams a néanmoins toujours vécu dans l’ombre de la musique préenregistrée la plus mythique. Comme par exemple le « Also sprach Zarathustra » de Richard Strauss qui fait le sel d’un film de science-fiction indépassable tel que le « 2001 A Space Odyssey » de Stanley Kubrick. Avec « Superman » de Richard Donner, on retrouve un canevas assez similaire à la fameuse intro de « 2001 » mais en plus guilleret, avec des variations mélancoliques. Un style « grandiose » que d’aucuns qualifieraient de pompier avec une large utilisation des cuivres qui marque pourtant un jalon dans l’esthétique des films américains à gros budget – Marlon Brando joue un rôle secondaire dans « Superman ».

Coup d’envoi des films de franchise de super héros Marvel ou DC (comme Batman, Superman est un héros DC), « Superman » est aussi le seul film de super héros auquel John Williams s’attela. Remplaçant Jerry Goldmsith initialement pressenti, il dirigea pour l’occasion l’Orchestre symphonique de Londres.

 

  • « Indiana Jones et les Aventuriers de l’Arche Perdue » de Steven Spielberg en 1981

 

 

Retour d’un tiercé gagnant en cette orée des années 80 : Steven Spielberg, John Williams et Harisson Ford, déjà repéré pour son rôle de Han Solo dans « Star Wars ». Et naissance d’une nouvelle saga, celle d’Indiana Jones, archéologue baroudeur muni d’un galurin et d’un fouet. Le tournage débute d’ailleurs le 23 juin 1980 en France, en Charente-Maritime, à la Rochelle, dans la base sous-marine locale pour les scènes dans les cavernes souterraines impliquant un sous-marin nazi. Indiana Jones porte en creux un hommage au Tintin d’Hergé, que Spielberg adaptera plus explicitement trente ans plus tard.

Avec la musique d’« Indiana »John Williams signe un nouveau thème ayant profondément marqué l’imaginaire du public. Plusieurs fois nominée (à un cheveu de l’Oscar de la musique de film en 1982) et même récompensée (par un Saturn Award), la musique de la série de films tournant autour d’Indiana Jones sera systématiquement confiée à John Williams. C’est à dire pour trois films supplémentaires : « Indiana Jones et le temple maudit », « Indiana Jones et la dernière croisade », « Indiana Jones et le crâne de cristal ».

 

  • « E.T. l’extra-terrestre » de Steven Spielberg en 1982

 

 

Archi récompensée, la musique d »E.T. l’extra-terrestre » est à l’image du film, spectacle de science-fiction familial, histoire d’amitié entre un jeune garçon et un extra-terrestre oublié dans la forêt. Symphonique, romantique, ample, nappée de cascades de violons. Elle remporta le meilleur Oscar de la musique originale en 1983 mais aussi un Saturn Award, un BAFTA Award, un Golden Globes.

« Flying » s’y avèrera l’un des grands thèmes du compositeur. Dans un film qui compte plusieurs clins d’oeil de Spielberg à George Lucas, Williams reprend aussi une portion d’un thème qu’il avait composé pour « l’Empire contre-attaque » dans « The Magic of Halloween« , illustrant la scène où E.T. voit un enfant revêtir un costume de Yoda. Mais le chef-d’œuvre de la bande-son a pour titre « Adventure On Earth« , un thème narratif de quinze minutes en trois mouvements, couvrant le finale depuis la course-poursuite entre les enfants et les agents fédéraux, l’envol des vélos sur fond de pleine lune, et conclu sur les adieux de E.T. et du jeune garçon Elliott qui l’a sauvé de la méchanceté des hommes. Encore une fois, Steven Spielberg adapta le montage final du film à la partition musicale développée par John Williams.

 

  • « Harry Potter à l’école des sorciers » de Chris Colombus en 2001

 

 

Premier volet de la série de films Harry Potter adaptés du best-seller pour enfants signé J.K. Rowling, « Harry Potter à l’école des sorciers » est composé par John Williams comme d’ailleurs les deux films suivants de la série, « Harry Potter et la Chambre des secrets » et « Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban ».

Il est sorti en album sous le nom de « Harry Potter and the Sorcerer’s Stone« . Et voit son thème principal, « Hedwig’s Theme« , assez proche du travail de Danny Elfman, servir de mantra récurrent aux musiques des deux films suivants.

 

  • Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne de Steven Spielberg en 2011

 

 

La boucle est bouclée. Pour « The Adventures of Tintin: Secret of the Unicorn » et son générique d’ouverture parmi les plus jolis de l’histoire du cinéma, John Williams renoue avec le jazz dissonant et espiègle de ses débuts. Une manière de signifier une certaine communauté d’affect avec son vieux complice Steven Spielberg, qui réalise lui aussi un rêve d’enfant en adaptant Hergé.

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