La carrière de Bertrand Cantat en dix dates clefs 0 334

 

  • 1980 rencontre et formation du trio Noir Désir

 

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C’est au lycée catholique de Saint-Genès à Bordeaux que se rencontrent les deux piliers de Noir Désir, Bertrand Cantat, chanteur et guitariste et Serge Teyssot-Gay à la six-cordes également. Ils sont rapidement rejoints par Denis Barthe, qui s’improvise batteur. Le trio connaît plusieurs incarnations, les groupes Psychoz et 6.35 en 1981, avant de se baptiser Noir Désirs en 1982, non sans avoir hésité avec Station Désir.

C’est au cours de cette année qu’ils sortent leur première démo et livrent un de leurs premiers concerts marquants au festival bordelais Boulevard du Rock. Le groupe, dont les membres sont alors très jeunes, est alors régulièrement comparé à The Doors (Bertrand Cantat adopte le collier indien de Jim Morrison ou son jean en cuir) ou au Gun Club de Jeffrey Lee Pierce (à cause notamment d’un harmonica récurrent). Les débuts de Noir Désirs sont marqués par des hésitations et, déjà, des départs puisque Serge Tessot-Gay quitte la formation en 1982 pour monter le groupe B.A.M. avec le premier bassiste de Noir Désir Vincent Leriche. Tandis que Bertrand Cantat quitte lui aussi le groupe six mois en 1983.

 

  • 1987 « Où Veux-Tu Qu’je R’garde » coup d’essai

 

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Un peu à contre-temps de l’esprit alternatif de l’époque, les Noir Désir, qui ont renoncé à leur « s » initial, signent chez Barclay, succursale de PolyGram (futur Universal). Sur recommandation de Théo Hakola, dont le premier groupe Orchestre Rouge avait été une des révélations des Trans Musicales de Rennes en 1980 et qui n’a pas réussi à percer avec son nouveau groupe Passion Fodder. Théo Hakola produit ce disque.

Le premier album de Noir Désir, « Où Veux-Tu Qu’je R’garde » est un mini-lp six titres enregistré en dix huit jours au studio ICP à Bruxelles. Il comprend, outre son morceau titre, des compositions telles que « La Rage« , « Toujours être ailleurs« , « Danse sur le feu Maria« , « Pyromane« ,  » Lola« . C’est un groupe au son frêle et chuintant que d’aucuns considèrent comme inabouti mais qui laisse pourtant vibrer des chansons autant hantées par la new wave que par les fantômes sombres de l’Amérique, des chansons éplorées au envolées flamboyantes. Notamment grâce à la tessiture vocale étonnamment versatile de Betrand Cantat. C’est aussi à cette époque que se définit un lyrisme « écorché », des postures rimbaldiennes et quasi christiques, une mystique masochiste qui constitueront à la fois un tremplin vers la popularité en France pour le groupe et son talon d’Achille.

 

  • 1989 tournée sous le signe d' »Aux Sombres Héros De L’amer »

 

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Dès « Veuillez rendre l’âme (à qui elle appartient) » son second album, Noir Désir tient son tube. Il se nomme « Aux Sombres Héros De L’amer » et résonne un peu rétrospectivement comme un mauvais jeu de mot années 80, entre Soldat Louis et les ballades façon Alan Stivell. Ils obtiennent sur la foi de cette scie leur premier disque d’or et s’imposent au Top 50 de l’époque.

Pourtant, ce serait ne pas rendre grâce à ce disque encore une fois enregistré dans les studios bruxellois que de le réduire à ce « hit ». L’album comprend en effet de véritables perles comme « Les écorchés » ou « À l’arrière des taxis« . En 1989, Noir Désir se lance dans une tournée promotionnelle sponsorisée par la Carte Jeune qui passe par l’Elysée-Montmartre. Bertrand Cantat s’y impose comme un animal scénique, sautant, louvoyant, posant à genoux comme une rock star sacrifiée, dans un total abandon apparent. Ils jouent aussi à l’Olympia à Paris, pour trois dates d’affilée fin novembre 1989 qui marquent les esprits.

 

  • 1991 le virage électrique

 

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Un peu étourdis et surtout décontenancés par leur nouveau statut d’idoles des jeunes et de parangons du Top 50, les Noir Désir décident de ne pas s’endormir sur leurs lauriers. Et de trancher. S’inspirant pour leur troisième album « Du ciment sous les plaines » de ce qui se fait de plus fiévreux et épileptique de l’autre côté de l’Atlantique, à savoir le groupe de Ian MacCaye et Guy Picciotto, Fugazi. Le guitariste Serge Teyssot-Gay dit « Sergio » prend alors un ascendant de plus en plus prononcé sur la ligne du groupe. Ses arpèges convulsifs impressionnent sur des titres comme « Tu m’donnes le mal« .

Côté scénique, Noir Désir se produit dans des lieux aussi variés que Pontoise en banlieue parisienne ou l’URSS où ils jouent à cinq reprises en première partie du groupe du moment là-bas, Kino. Après une tournée marathon, des problèmes de cordes vocales de Bertrand Cantat sont avancés pour annoncer la mise en « stand by » du groupe. Une crise parmi d’autres dans l’histoire d’une formation avant tout traversée par les dissensions sourdes entre « Sergio » et Cantat, un climat qui provoquera d’ailleurs un « turn over » important dans son entourage, que ce soit au niveau du management ou des tourneurs.

 

  • 1994 premier album live de Noir désir « Dies Irae« 

 

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Il aura fallu près de 14 ans à Noir Désir pour sortir son premier album « live ». Un disque qui comprend deux reprises, « I want you » des Beatles et « Long time man » de Tim Rose. Il aura surtout fallu un album redoutablement électrique, « Tostaky » en 1992, celui de son adoubement rétroactif par la scène « indé », puisque celle dite « alternative » avait exprimé sa méfiance à son égard. Cette consécration est due à une production exceptionnelle signée Ted Niceley, producteur du premier Fugazi. L’album est enregistré en Angleterre en 1992. Il voit le jour en pleine vague « grunge », Nirvana triomphe, Sonic Youth est enfin reconnu, les Rage Against The Machine cartonnent dans leur registre appelant à l’insurrection.

Le titre « Tostaky (le continent) » évoque le meilleur des Pixies, notamment leurs accès de rages hispanophones sur leur premier album produit par Steve Albini. La mode de se faire produire par un américain sera d’ailleurs lancée et Albini s’intégrera dans ce schéma, produisant moult français, de Sloy aux Thugs en passant par Dionysos.

 

  • 1996 « 666.667 Club » le temps des engagements

 

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Avec « 666.667 Club« , prolongement musical des atmosphères bouillantes amorcées avec « Du ciment sous les plaines« , Noir Désir pose de nouveaux jalons : il parvient, bien avant Daft Punk, à transcender l’esthétique manga dans un vidéo clip et à signifier la rupture avec les connotations « Club Dorothée », avant que cette culture n’explose en France. Surtout, le groupe s’affirme en signant parmi les chansons « engagées » les plus concluantes de l’histoire depuis Trust. Notamment « Un homme pressé« . Seul le rap fera mieux.

C’est aussi l’époque où Noir Désir se fait militant, mouillant le maillot en 1997 en défense de la salle le Sous-Marin à Vitrolles, alors dans le collimateur des époux Mégret, transfuges du Front National. La boucle est bouclée et le groupe se fait le relais de l’engagement anti-extrême droite de leurs ainés Bérurier Noir, qu’on disait pourtant à leurs antipodes. Noir Désir est alors au sommet de son art en concert.

 

  • 2001 « Des Visages des Figures » naissance d’un classique

 

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Après une longue élipse, Noir Désir revient avec un disque qui prolonge son engagement. Les textes scintillent d’une verve libertaire. Avant la sortie effective du disque, la revue littéraire 21-3 révèle d’ailleurs une facette méconnue de l’inspiration de Bertrand Cantat, avec sur un CD, une reprise de « Des Armes » de Léo Ferré. Et le groupe se fera remarquer avec une intervention très provocante destinée au « mogul » de l’époque, Jean-Marie Messier, qui préside aux destinées de leur maison de diques.

« Des Visages des Figures« , c’est le grand oeuvre, l’ultime classique de Noir Désir, celui où s’invitent la modernité electro et les artistes repères comme l’ex-Mano Negra Manu Chao sur « Le vent nous portera » et Brigitte Fontaine pour un dantesque « L’Europe« . La tournée qui suit en 2002 marque durablement leur public.

 

  • 2003 l’affaire Vilnius

 

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Dans la nuit du 26 au 27 juillet 2003, à Vilnius, en Lituanie, Marie Trintignant meurt sous les coups de Bertrand Cantat. On peut penser que l’affaire a littéralement scindé en deux le pays l’espace d’un instant. D’un côté ceux qui ne peuvent admettre sous aucun prétexte passionnel la mort d’un être. De l’autre ceux qui établissent une frontière stricte entre la vie d’un individu et son art. Pointé du doigt Bertrand Cantat fait profil bas. Condamné, il prend en 2004 le chemin de la prison.

Mais plus rien ne sera comme avant entre lui, Serge Teyssot-Gay et les autres membres du groupe et ce drame marque la fin de Noir Désir. Même si Cantat jouera le répertoire de sa formation d’origine sur scène. Il sort en 2007 de prison, après n’avoir purgé que la moitié de sa peine pour bonne conduite.

 

  • 2010 rupture consommée avec les Noir Désir

 

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Après avoir proposé en 2008 deux nouveaux titres intitulés « Gagnants/Perdants » et « Le temps des cerises » incluant Serge-Teyssoy Gay à la guitare et Bertrand Cantat au chant, Bertrand Cantat scelle la fin du groupe. En acceptant de remonter sur scène lors du festival Les Rendez-vous de Terres Neuves à Bègles près de Bordeaux. En compagnie du groupe Eiffel, qui fait partie comme Deportivo ou Luke, des nombreux héritiers de Noir Désir.

Une initiative qui provoquera à terme le départ de Denis Barthe et Serge Teyssot-Gay de Noir Désir, même si une réunion houleuse entre les trois est aussi régulièrement évoquée.

 

  • 2017 retour en solo puis renoncement

 

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Bertrand Cantat est loin de rester inactif malgré la rupture avec ses complices d’origine. Il se lance dans une série de collaborations théâtrales avec l’homme de théâtre Wajdi Mouawad, dont certaines font scandale, notamment à Avignon. Monte sur scène avec Brigitte Fontaine, enregistre et joue avec Amadou et Mariam (comme Manu Chao en son temps), joue en concert avec Shaka Ponk, rend hommage à Alain Bashung, qu’il avait déjà côtoyé…

Cantat monte ensuite en 2011 un nouveau groupe nommé Détroit qui sortira un album nommé « Horizons » et passera par plusieurs festivals où il jouera aussi le répertoire de Noir Désir. Bertrand Cantat amorce ensuite un nouveau retour en solo avec un album sous son nom « Amor Fati » incluant des titres comme « Anthracitéor » ou « L’Angleterre ». De nouvelles querelles éclatent. Notamment lorsqu’il fait la « une » des Inrockuptibles en pleine affaire Weinstein. Une tournée démarre. Les opposant(e)s remontent au créneau. Lessivé par les polémiques, Bertrand Cantat annonce depuis la Belgique, pays où il avait enregistré les premiers albums de Noir Désir, la fin prématurée de ses concerts. Le Figaro annonce que la « suite de sa carrière semble compromise« .

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6 artistes qui ont changé le visage de la musique électronique Commentaires fermés sur 6 artistes qui ont changé le visage de la musique électronique 901


La techno et la musique électronique sont des genres neufs, y compris et surtout scéniquement. Mais, avec seulement quelques dizaines d’années au compteur, le dernier style musical innovant de l’histoire contemporaine (par son son, ses habitus, sa contre-culture) est déjà, crise de la musique enregistrée oblige, à l’heure du bilan. Panorama d’un patrimoine moderne à travers six portraits de musiciens qui l’ont fait bouger sur ses centres de gravité.

Laurent Garnier pionnier solide de la techno à la française

Laurent Garnier a su habilement se construire une image de Dieu le père de la techno en France, grâce notamment à son immersion dans la club culture balbutiante à Londres ou Manchester, qu’il a par la suite connectée à l’essor hexagonal du mouvement rave. Mais la personnalité de l’homme va au delà de l’hédonisme, d’une certaine institutionnalisation du genre, du strass et des paillettes.

Citoyen, engagé, il n’a jamais oublié ses racines foraines et s’est toujours positionné fermement contre un parti néo-fasciste comme le Front National/RN. Il joue d’ailleurs fréquemment le fameux « Porcherie » de Bérurier Noir en clôture de ses sets. Il est aujourd’hui à l’oeuvre derrière le festival Yeah ! au Château de Lourmarin dont la prochaine édition se tiendra les 7, 8 et 9 juin 2019, avec annonce de la programmation et ouverture de la billetterie le 4 mars 2019 à 10 h 30.

Laurent Garnier se produira le 24 mars 2019 au Rex Club à Paris puis au festival Nuits Sonores à Lyon le 31 mai 2019 ainsi qu’à We Love Green le 1er juin 2019 ou au Dour Festival le 11 juillet 2019.

Gary Numan le clown triste au synthé grinçant

Show man hors pair, clown blanc inquiétant, Gary Numan est non seulement un génie incompris en avance sur son temps. Mais aussi un acharné, dont la longévité laisse pantois. Depuis la fin des années 90, sa carrière a même connu un nouveau virage vers le rock industriel façon Nine Inch Nails ou Ministry.

Il a débuté en 1977 avec Meanstreet un petit groupe punk avant de former Tubeway Army qui connaîtra un succès important avec « Are « Friends » electric ? ». Maniaque du synthé, excentrique aux costumes de scène incroyables et à l’esthétique fignolée, il a eu plusieurs tubes comme « Cars« , n°1 en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis et fait l’objet d’un véritable culte au Royaume-Uni.

Gary Numan se produira le samedi 13 avril 2019 au Fiddlers Club à Bristol avec…Kraftwerk.

Kraftwerk à l’épreuve du temps

Kraftwerk, c’est l’Allemagne post-moderne, la civilisation Kodak qui pour tromper son ennui après une dure journée de labeur au contact de solides machines, enfante un univers artistique inouï. Au delà d’une imagerie saisissante et d’une esthétique vertigineuse, qui a inspiré des alter ego du côté de Détroit, le quatuor de Düsseldorf a aussi innové techniquement comme très peu parmi les pionniers de la musique électronique.

Au sein de leur studio Kling Klang, en 1977, ils s’appuyèrent sur l’un des tous premiers séquenceurs, fabriqué par Matten et Wiechers, concepteur de synthétiseurs basé à Bonn. Cet instrument à l’époque hors de prix, raccordé à un clavier mini-Moog, avant la technique Midi, le séquenceur digital ou le programme musical informatique, permettait un accompagnement pré-enregistré en plus de celui accompli par les musiciens.

Le groupe Kraftwerk donnera des concerts dans sa formule 3D les 27 et 28 juin 2019 au Teatro Romano Di Ostia dans le cadre du festival Rock In Roma, les 11, 12 et 13 juillet 2019 au festival Days Off à la Cité de la Musique/Philharmonie de Paris, le 31 juillet 2019 à l’hippodrome Manuel Possolo à Cascais au Portugal dans le cadre du festival EDP Cool Jazz.

New Order a imposé en précurseur la nouvelle donne electro

Il y a évidemment un avant et un après New Order dans l’histoire de la musique moderne. Sans eux, pas de Chemical Brothers, pas de Rythmes Digitales ni de DMX Krew, tout un pan de la production pop électronique n’existerait tout simplement pas.

Notamment grâce à leur phénoménal « Blue Monday », saturé d’effets de production ébouriffants, maxi resté le plus vendu de tous les temps (et pour cause, le format maxi est de toute façon en voie d’extinction complète). Ou à leur « Confusion » co-produit avec Arthur Baker, pape du hip-hop new yorkais avec Afrika Bambaataa. Mais à la différence de leurs grands rivaux Depeche Mode, le groupe a eu une vie, sombre, tendue mais passionnante à travers Joy Division, avant de connaître un succès planétaire.

Les New Order seront en tournée en Europe l’été prochain avec des dates le dimanche 16 juin 2019 à Water Plaza à Kallithea en Grèce, le 18 juillet 2019 au Lovell Telesqcope de Macclesfield au Royaume-Uni, le jeudi 15 août 2019 au Paredes de Coura Rock Festival au Portugal, le vendredi 16 août 2019 à Biddinghuizen aux Pays-Bas, le 25 août 2019 au Victorious Festival de Portsmouth .

Aphex Twin le sorcier du son en vedette de Rock en Seine

La venue à Paris d’Aphex Twin est un évènement. Pas si courant par ici, voilà l’un des artistes les plus cultes enfantés par le label Warp de Sheffield. Même si ses projections sur grand écran arty et délirantes frôlent régulièrement le grand art, le gourou de l’électro, calé derrière ses moniteurs, n’est pas à proprement parler un « performer ».

C’est en effet surtout la musique enregistrée qu’il a révolutionné, faisant évoluer l’esthétique techno hédoniste et physique vers des miniatures conceptuelles ultra mélodiques faisant passer au prisme d’une sensibilité aquarelliste l’héritage des saturations breakbeat et des rythmes hardcore.

Aphex Twin constituera l’une des attractions de la prochaine édition de Rock en Seine à Paris le 25 août 2019 au Domaine National de Saint-Cloud.

Juan Atkins maître du son de Détroit avec Kevin Saunderson et Derrick May

La techno est noire et américaine, avant tout. Ne jamais l’oublier. Musique de parias, de saltimbanques, de déracinés, ce genre profondément enraciné dans le no man’s land social engendré par les restructurations de l’industrie automobile de Détroit aux Etats-Unis a été propulsé dans les clubs d’Europe sous l’impulsion d’un fameux trio : Juan Atkins, Kevin Saunderson et Derrick May.

Juan Atkins débute la musique en jouant de la batterie et de la basse. Il découvre pèle mêle à la radio, dans l’émission d’un certain Charles Johnson alias The Electrifying Mojo le funk le plus mutant de Funkadelic ou Parliament, la post-disco de Georgio Moroder ainsi que la new wave ou la pop synthétique de Kraftwerk ou de Telex. De quoi lui inspirer sa techno minimale proche de l’electro funk.

Juan Atkins jouera le 1er juin 2019 au Zuiderpark de La Hague aux Pays-Bas, le 7 juin 2019 au WesternUnie à Amsterdam, le 24 août 2019 à Kiev en Ukraine.

France Bleu diffuse le concert des Enfoirés le 8 mars à 21h 0 417

France Bleu se mobilise pour les Restos du Cœur avec les Enfoirés :

·        Du 4 au 8 mars, de 19h à 20h, revivez les coulisses des Enfoirés :

o   … Avec des bénévoles, techniciens, maquilleurs, coiffeurs, accessoiristes, décorateur, réalisateur…

o   … Avec les interviews de Patrick Bruel, Claudio Capéo, Amir, Isabelle Nanty, Liane Foly, Jean-Baptiste Maunier, Philippe Lacheau,Tarek Boudali, Élodie Fontan, Julien Arruti, Pauline Lefevre, Lorie Pester, Thomas Dutronc, Bénabar, MC Solaar, Soprano, Michael Jones, Ary Abittan, Kendji Girac, Les Inconnus  – Bernard Campan, Pascal Légitimus, Didier Bourdon

Des interviews à retrouver en vidéo sur francebleu.fr

·        Le 8 mars, retrouvez le concert en simultané avec les 42 Enfoirés, une trentaine de tableaux et une dizaine de sketches sur France Bleu !

·        Les 9 et 10 mars, week-end spécial « 2019 le monde des Enfoirés » sur France Bleu !

o   France Bleu diffuse, toutes les deux heures, tous les titres de l’album « le Monde des Enfoirés » !

Le CD/DVD du concert est mis en vente dès le 9 mars dans les points de vente habituels.

Et comme chaque année, les bénéfices dans leur intégralité seront reversés aux Restos du Cœur :

1 CD/DVD acheté, c’est 17 repas offerts aux Restos du Cœur !

6 festivals innovants qui projettent la musique live dans le futur Commentaires fermés sur 6 festivals innovants qui projettent la musique live dans le futur 956

Il faut connaître la glorieuse mémoire des festivals pour savoir s’affranchir du passé. Après un tour d’horizon des festivals qui ont marqué l’Histoire, voici ceux qui se conjuguent au futur, innovent technologiquement ou esthétiquement. De South by Southwest à Villette Sonique en passant par Motocultor.

Le South by Southwest à Austin paradis des défricheurs


Voilà un trio de festivals réputé à Austin : musique avec SXSW Music, cinéma avec SXSW Film et médias interactifs avec SXSW Interactive. Sans parler d’un festival de rue étonnant. Les défricheurs, programmateurs, directeurs artistiques du monde entier s’y pressent chaque année. Attirés par un nec plus ultra multidisciplinaire conviant à son affiche des groupes tels que American Werewolf Academy (punk rock), Urban Hype (afro pop), Dead Soft (grunge) ou Haiku Hands (pop) qui sont peut être les « next big thing ». Mais aussi par le passé des stars confirmées telles que Jaïn ou Lana Del Rey. Côté cinéma, on a pu y découvrir par le passé des films tels que « Démineurs » de Kathryn Bigelow ou y assister à un hommage à Alex Chilton qui décéda juste avant de s’y produire surs cène avec le groupe Big Star. Au SXSW ça phosphore sévère avec des conférences et des ateliers immergés dans les problématiques les plus high tech, à tel point qu’en 2009, les réseaux de fournisseurs télécoms AT & T ont failli flancher, principalement en raison d’utilisation intensive d’iPhone.

La prochaine édition de South by Southwest se déroulera du 8 au 17 mars 2019.

L’Electric Daisy Carnival se décline à Mexico et Las Vegas

Déjà ancien, nominé sept fois aux International Dance Music Awards, l’Electric Daisy Carnival se déroule rituellement à Las Vegas même si cette année, en 2019, il se tiendra aussi à Mexico City les 23 et 24 février 2019. L’événement s’est d’ailleurs décliné à Puerto Rico, au Royaume-Uni, au Japon, au Brésil ou en Inde. Sa finalité est de permettre aux festivaliers et danseurs d’évoluer dans de structures en trois dimensions, dans des environnements luminescents, au sein d’une flore et d’une faune tels que des chevreaux, au milieu de manèges gigantesques. Quelque part entre un springbreak orgiaque et un Burning Man consumériste. Des pointures des dancefloors comme Calvin Harris, Martin Garrix, Afrojack, Armin van Buuren s’y sont succédé. Il se tient au Las Vegas Motor Speedway, circuit automobile géant du Nevada. La première édition s’était déroulée au début des années 90 sous la forme d’une rave près de Los Angeles

L’Electric Daisy Carnival se tiendra du 17 au 19 mai 2019 dans le cadre du Las Vegas Motor Speedway.

La Villette Sonique s’incruste sous le périphérique

En plus d’une communication volontariste sur les réseaux sociaux, où il pousse en avant-première ses innovations tarifaires, le festival Villette Sonique à Paris maintient la cap d’une programmation avant-gardiste. Une programmation qu’il n’hésite pas à localiser depuis quelques éditions sous le périphérique (derrière le Cabaret Sauvage) du côté de la Halle aux cuirs. Un lieu ultra urbain propice à une atmosphère « underground » même si conspué par la bourgeoisie parisienne anti-« bobo » à cheval sur ses codes de consommation culturelle. Cette année, c’est le rappeur frappadingue Danny Brown, remarqué récemment pour sa collaboration avec Alt-J, qui jouera entre deux piliers de bétons sous un axe routier. Atmosphère de block party délurée garantie. Et ce n’est pas tout puisque se grefferont aussi à l’affiche des noms aussi prestigieux ou rares tels que Deena Abdelwahed (pour un live), Julia Holter et Cate Le Bon ou Stereolab.

L’édition 2019 de Villette Sonique se tiendra du 6 au 9 juin 2019 en différents lieux du Parc des Expos de La Villette (Grande Halle, Trabendo, Cabaret Sauvage…).

Tommorowland bacchanale techno ultra connectée

Véritable institution de la musique dansante en Belgique, Tommorowland a énormément innové ces dernières années. Il a ainsi été un des premiers festivals à passer au « cashless » à travers des bracelets connectés permettant le paiement automatique par application. L’événement a aussi offert une immersion high tech à distance via le web à tous les festivaliers du monde désireux de s’y connecter. Pour son prochain cru, Tommorrowland accueillera des artistes tels que Solomun, Martin Garrix, Amelie Lens, Black Coffee, Carl Cox, DJ Diesel, Don Diablo, Oliver Heldens, Steve Aoki, The Chainsmokers.

La prochaine édition de Tommorowland se tiendra du vendredi 19 juillet 2019 au dimanche 28 juillet 2019 au Domaine provincial De Schorre à Boom en Belgique.

Le festival Forte au Portugal concilie ultra modernité et patrimoine

Axé sur la musique électronique, les arts visuels et les arts de la scène, le festival Forte au Portugal se déroule dans un château. Un décor de vieilles pierres augmenté de nombreuses performances numériques et d’effets de lumières iridescents. Avec des artistes electro prestigieux tels que Neon Chamber, Rhys Fulber, Freddy K ou Dave Clark.

Le festival Forte se déroulera du 23 au 25 août 2019 au château de Montemor-O-Velho au Portugal.

Le Motocultor balise le chemin pour ses festivaliers

L’opéra rock celtique Excalibur, Alan Stivell, NOFX, Napalm Death, Henri Dès & Ze Grands Gamins…Non seulement le Motocultor innove par une programmation transgenres qui va bien au delà de son ADN punk/metal. Mais l’évènement a su aussi prouver son aptitude à l’innovation technologique. En 2017, il avait même remporté, dans le cadre des « festival awards« , le prix de l’innovation numérique. Notamment grâce à Imagina, une application reliée à un système de balises Bluetooth qui mettait à disposition des festivaliers l’information la plus pertinente dont il avait besoin en fonction du moment de la journée et de l’endroit où il se trouve. Permettant d’aller même au delà d’actions tels que le scannage de QR codes ou la technologie sans contact. Paramétrée et configurée, l’application travaille toute seule et tient en alerte le festivalier sur son téléphone mobile. Elle a été développée par la jeune start up Vannetaise Imagina.

La prochaine édition du festival Motocultor à Saint-Nolff près de Vannes du 15 août 2019 au 18 août 2019.

6 festivals mythiques qui ont marqué l’Histoire Commentaires fermés sur 6 festivals mythiques qui ont marqué l’Histoire 610

La grande histoire des festivals est jonchée de légendes. Punk, hippie ou techno, chaque famille de rassemblement musical a ses pionniers, ses mythes. Inventaire en 6 chapitres.

Desolation Center quand les prophètes punk prêchaient dans le désert

Sans DesolationCenter, pas de festival Coachella, pas de Lollapalooza, pas davantage de Burning Man. Un documentaire qui vient de sortir retrace cette glorieuse épopée de petits punks californiens qui rêvaient de sensations fortes et de pouvoir consommer des substances illicites à l’abri des regards de papa maman et de la police. Entre 1983 et 1985, Perry Farrell, fondateur de Jane’s Addiction et futur cerveau de Lollapalooza viendra y puiser l’inspiration au contact des allemands Einstürzende Neubauten, habitués des performances bruitistes avec des outils et des matériaux récupérés. Mais aussi de Sonic Youth ou des groupes cultes hardcore Minutemen et Meat Puppets. Concerts de plain pied les boots dans le sable, improvisations hallucinées dans la nuit furent au programme.

Nos futurs au Festival punk de Mont-de-Marsan

On se pince encore pour y croire. En août 1977, Gérard Holtz évoquait le « premier festival de punk rock » à Mont-de-Marsan. Un évènement qui aura laissé des traces en Europe continentale depuis son épicentre des Landes et du Pays Basque. Et même en Europe tout court puisque, météorologie clémente oblige, sa première édition fut le tout premier festival punk sur le vieux continent, un mois avant celui du 100 Club à Londres. Par la suite le festival punk de Mont-de-Marsan, délocalisé un temps à La Rochelle, eu lieu à cinq reprises entre 1976 et 1986. La première édition dans les Arènes de Plumaçon se tint de midi à trois heures du matin et reçut la visite de nombre de punks européens, comme par exemple Ian Curtis de Warsaw/Joy Division, accompagné de sa femme Deborah. En 1976, l’évènement se tint contre l’avis du préfet et du maire de l’époque. La tendance des présentateurs post-ORTF de l’époque à décrire systématiquement le mouvement punk par sa traduction littérale en français n’étaient sans doute pas étrangères à cette méfiance très vieille France. Même si les Sex Pistols refusèrent de partager l’affiche avec les un peu oubliés Eddie and the Hot Rods, la programmation fut particulièrement flamboyante avec des concerts des anglais de The Damned, de Bijou ou Little Bob Story, qui allaient jeter là les bases d’une persistante bonne réputation dans l’Hexagone. Les années suivantes virent même se succéder des pointures punk telles que The Clash, The Police, Marie & Les Garçons

Woodstock ou la naissance du business nostalgique

Que n’a-t-on pas déjà raconté sur Woodstock ? Au moment où ce festival mythique parmi les mythiques fête son cinquantenaire, un torrent de produits éditoriaux commémoratifs et dérivés va envahir les linéaires. C’était déjà le cas il y a dix ans. De quoi satisfaire l’important pouvoir d’achat des « baby boomers » qui avaient 20 ans en 1969. CD, DVD, livres, films sont au programme. Et même un festival puisque une nouvelle édition du festival de Woodstock se déroulera du 16 au 18 août 2019 au centre culturel de Bethel Woods au nord de New York. 25 ans après s’était déjà tenue une suite au populeux évènement dénommée Woodstock’ 94. Elle fut rebaptisée « Mudstock » à cause d’une météo désastreuse, plusieurs des groupes participants comme Primus, Green Day ou Nine Inch Nails se livrèrent à de dantesques batailles de boue, notamment avec le public. Cinq ans plus tard, Woodstock 1999 creusa encore un peu plus profond le filon mercantile.

Le festival de l’île de Wight est toujours vivant près de 50 après

Plus important rassemblement autour de la musique rock jamais organisé en Europe, la troisième édition du festival Wight fin août 1970 s’est paradoxalement déroulée sur une île au sud du Royaume-Uni. Pendant cinq jours et cinq nuits. Avec des stars comme The Who, Jimi Hendrix, The Doors ou Joan Baez. Et près de 600.000 spectateurs. Après une longue éclipse de 1970 à 2002, le festival est le seul évènement dont l’aura s’est avérée si mythique qu’il existe toujours aujourd’hui.

Monterey pionnier des pionniers

Du 16 au 18 juin 1967 se tint à Monterey, petite ville californienne, un festival qui attira un peu moins de 100.000 participants. Ce qui donna lieu à la première prestation de Jimi Hendrix, de The Who aux Etats-Unis, à un concert de Ravi Shankar tandis que Janis Jopplin et Otis Redding définissaient pour leur part ici de nouveaux standards pour un concert en plein air. Le Monterey Pop, marqué singulièrement par des défections d’artistes qui ne purent ou ne voulurent s’y produire comme The Beach Boys, The Beatles, les Rolling Stones, The Kinks, inspira largement Woodstock.

Boréalis inventa la pluie de rythmes avant d’être victime du déluge

C’est une légende bien française. On connait l’indestructible Astropolis près de Brest. Mais on se souvient aussi de Boréalis, pionnier des festivals de techno sudistes à Montpellier, bien avant I Love Techno. Boréalis fut organisé de 1993 à 1999 par une sorte de tribu pionnière sur le modèle des légendaires Spiral Tribes anglaises baptisée Les Pingouins. Immergée dans la culture rave britannique, à une époque où la techno ne se vivait que sous sa forme illégale de « free parties », la petite communauté réussit à faire grandir son évènement, passant du lieu boîte de nuit aux arènes de Nîmes puis au Parc de Grammont à Montpellier. Avec des tyrannosaures du « beat » tels que Daft Punk, Jeff Mills, Chemical Brothers…Le cru 1999 s’annonçait pharaonique avec 25 000 à 30 000 personnes attendues, des noms comme Basement Jaxx, Roni Size, Laurent Garnier, qui avait joué l’année précédente. Mais un orage de grêle titanesque eut raison au dernier moment de son organisation et les Pingouins ne s’en remirent jamais. Clap de fin.

L’univers des concerts s’inquiète de la vente à la découpe de l’empire Lagardère 0 712

Quel avenir pour le pôle concerts et spectacle vivant de Lagardère ? La question se pose avec acuité alors que l’héritier Lagardère peine toujours à imprimer un cap et du sens à ce qui est devenu au fil des années un lourd conglomérat subissant les restructurations. La branche médias, en pleine reformatage, s’interroge elle aussi sur sa pérennité.

C’était le début des années 2000. La presse parisienne s’empiffrait de croissants et se bousculait au Virgin Megastore des Champs-Elysées pour assister au point presse organisé par Arnaud Lagardère en présence du charismatique Richard Branson. Une présentation dans un decorum luxueux, clinquant, mettant en scène l’entreprenariat dans sa version « cool et jean », destinée à officialiser le rachat par Lagardère Média des 16 magasins Virgin dans l’Hexagone. Petits clins d’oeils complices d’Arnaud au premier rang, hâle et brushing poivre et sel façon Richard Gere pour son « business partner » britannique.

Près de 20 ans plus tard, c’est morne plaine. Le Virgin des Champs, navire amiral des revendeurs de CD en France, a été envoyé par le fond en trois clics comme un vulgaire Titanic. Et l’ex-PDG de Virgin Stores Jean-Noël Reinhardt désormais tête de pont commerçante en tant que président du Comité des Champs-Élysées est à deux doigts de hurler « Macron démission ! ». En particulier lorsqu’il réalise que la « plus belle avenue du monde » s’est transformée en champ de bataille pour enragés en gilet jaune qui découvrent les vertus apaisantes du gaz lacrymogène, des explosions de grenades et des balles en caoutchouc.

La dernière déroute en date est celle des médias. Pour Lagardère, le désengagement de ce secteur est massif. Avec par exemple la toute récente entrée en négociations avec M6 pour la revente de son pôle télévisions. Qui s’ajoute à la cession de son pôle magazine incluant Elle mais aussi Version Femina, Art & Décoration, Télé 7 Jours, France Dimanche, Ici Paris et Public au Czech Media Invest de Daniel Křetínský, également actionnaire du Monde et propriétaire de Marianne. Sans parler de la revente de Boursier.com au groupe Les Echos – Le Parisien.

Des turbulences qui déstabilisent complètement l’univers médiatique. Et provoquent de nombreuses angoisses pour l’avenir au sein d’une profession journalistique qui appréhende de se retrouver sur le carreau. Si le chiffre d’affaires de Lagardère reste relativement stable (même si en baisse de 4,4 % en données consolidées), à 7 milliards d’euros, on ne peut pas vraiment en dire de même de ses effectifs. En 2016, il affichait plus de 28.000 salariés. Un an plus tard, le chiffre était descendu à 23.000 personnes

D’où l’inquiétude du secteur des concerts où Arnaud Lagardère avait fait une entrée tonitruante il y a quelques années. Devenant actionnaire du Bataclan en 2015, contrôlant aussi les Folies Bergère, le Casino de Paris, avec des parts dans le Zénith de Paris. À travers Lagardère Live Entertainment sont aussi produites les tournées de Florent Pagny, Phil Collins, Tears for Fears.

Mais le gâteau n’est probablement pas assez gros pour tout le monde, la concurrence a les dents aiguisées et salive à vue d’oeil face à la viande bien persillée au prix de plus en plus élevé que peut représenter le spectacle vivant. On l’a vu sur le théâtre de la reprise de gestion du Zénith de Nantes où Lagardère a dû s’allier à Live Nation pour espérer emporter le morceau face au redoutable Marc Ladreit de Lacharrière. Ce proche de François Fillon, ex-président d’un conseil régional des Pays-de-la-Loire aujourd’hui de nouveau dominé par la droite, semble prêt à tous les recours pour marquer son territoire. Et s’imposer comme un acteur montant majeur face à un Lagardère empêtré dans les restructurations d’un groupe dont la taille critique le rend difficile à manoeuvrer.

La revente par Lagardère de Billetreduc.com à Fnac Darty ne résonne en tout cas pas franchement comme un clairon offensif en direction du champ de bataille des concerts. Pas plus que les résultats en demi-teinte du Bataclan, dont l’activité est quasi sabotée par une frange irresponsable de la classe politique. Arnaud Lagardère n’a-t-il d’ailleurs pas complètement perdu la main sur les destinées du groupe hérité de son père ? En 2011, Qatar Investment Authority, filiale du fonds souverain de l’émirat du Qatar, est devenu actionnaire principal du groupe Lagardère. Une présence moins tapageusement médiatisée que l’implication de l’émir dans le club de football Paris-Saint-Germain. Mais qui n’en reste pas moins parfaitement cohérente avec la dissémination des filiales Lagardère dans le monde et son parcours historique, notamment enraciné dans les activités de défense avec Matra, à ses débuts.

Au moment où Vincent Bolloré accélère les synergies entre les activités concerts de Vivendi et les propres intérêts industriels de sa famille, particulièrement en Afrique, la galaxie Lagardère, dont les étoiles pâlissent, peut-elle retrouver son scintillant ?



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