Le Zénith de Nantes: enjeu majeur pour les nouveaux géants du spectacle 0 731

 

Un véritable choc des titans. Trois géants des concerts, Colling, le duo Live Nation/Lagardère et Fimalac, s’affrontent en effet pour s’arroger l’exploitation du Zénith de Nantes, une des salles de concerts à forte capacité en France. Une salle importante car Nantes est une des métropoles les plus dynamiques en termes de croissance de sa population, aux portes de la Bretagne et de festivals gigantesques comme Les Vieilles Charrues à Carhaix.

 

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Importante aussi car ce Zénith de 9.000 places dont 4.900 assises comme le rappelle Ouest-France, ayant vu défiler IAM comme Ibrahim Maalouf ou Christine and The Queens est l’un des plus attractifs en termes d’affluence, si ce n’est le plus performant. En région en tout cas. « Nous nous situons entre 350.000 et 450.000 spectateurs« , déclare le directeur du Zénith de Nantes, Denis Turmel. « Ce qui fait de nous la première salle de France« . En dehors de Paris. « On reste derrière l’AccorHotels Arena ou même l’Olympia, qui est plus petite mais s’appuie sur un tel niveau d’occupation qu’elle nous dépasse« , précise Denis Turnel.

Sauf que contrairement à l’Olympia, propriété de Vivendi et de Bolloré (et donc de la maison de disques Universal) Daniel Colling n’est actuellement pas dans une logique d’intégration verticale. Comme l’ont révélé Les Echos, il a en effet mis fin à sa société Victor-Gabriel Production, taillée sur mesure pour des artistes dont il est proche, Jacques Higelin et sa fille Izia, structure pourtant active depuis les années 70.

Ce qui n’est pas le cas de Fimalac et le tandem composé de Lagardère/Live Nation. Fimalac possède des producteurs de spectacle comme Gilbert Coullier, Thierry Suc ou Auguri, producteurs  d’artistes tels que Véronique Samson, Calogero ou Louane au sein du Zénith de Nantes. Lagardère Entertainment produit notamment les comédies musicales comme Salut les copains ou Love Circus.

Daniel Colling, qui est aussi le nouveau gérant du Zénith toulousain, n’en demeure pas moins de son côté un entrepreneur très influent. Longtemps président du Centre national de la chanson des variétés et du jazz (CNV), membre influent du syndicat patronal Prodiss, Daniel Colling est aussi fondateur du Printemps de Bourges qu’il a cédé à Morgan Productions. Ainsi que du MaMA (Marché des Musiques Actuelles) qui a progressivement supplanté à Paris le Midem comme rendez-vous incontournable des professionnels de la musique.

De quoi rendre Denis Turmel relativement confiant même si les turbulences autour du suivi d’un dossier de candidature de 600 pages auront probablement été bien plus vives que lors du précédent renouvellement de contrat en 2010. « La seule chose qui nous intéresse, c’est d’améliorer l’accueil tant des professionnels que du public« , remarque Denis Turmel. « Dans le spectacle vivant, les 3/4 des avancées, sur l’accueil, le handicap, c’est Colling qui les a portées. »

Le spectacle vivant: nouvelle puissance financière

Face à cette figure du spectacle vivant, un trio d’investisseurs tout aussi renommés. Marc Ladreit de Lacharrière, tout d’abord. Cet homme d’affaires soutien de François Fillon lors de la dernière présidentielle est un amiral du capitalisme français. Passé par la banque Indosuez ou L’Oréal, il a désormais mis le cap sur le spectacle vivant à travers son entreprise Fimalac, flairant sans doute là des opportunités colossales depuis l’effondrement du marché du disque. Outre la prestigieuse Salle Pleyel à Paris, il a en un temps record pris le contrôle d’une flopée de Zénith à Strasbourg, Amiens, Limoges, Caen, Rouen…

 

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Vraisemblablement concentré sur son offre à Nantes, Fimalac n’a pas souhaité formuler de « retour particulier » aux sollicitations de Concertlive.

 

Tout comme Live Nation, qui n’a « pas de commentaire à faire » ou Lagardère Live Entertainment qui rappelle répondre « à un appel d’offres public. C’est pourquoi, avec raison, nous n’avons pas de commentaire à faire tant que le processus de réponse n’est pas terminé. »

 

Live Nation et Lagardère forment en tout cas un puissant tandem. La branche « Live Entertainement » de l’héritier Arnaud Lagardère  est dirigée par Jérôme Langlet. Possédant 20 % du Zénith de Paris, elle comprend des salles comme le Casino de Paris, les Folies Bergère et surtout le Bataclan à Paris.

 

Son allié de circonstance Live Nation Entertainment est une multinationale, numéro un dans le monde en matière de spectacle vivant, dont les chiffres donnent le tournis : 25.500 concerts par an, 71 millions de spectateurs, un chiffre d’affaires de 7,5 milliards d’euros en 2016 équivalant de ceux réunis d’Universal Music et Sony Music, les deux plus grosses maisons de disques au monde.

 

En France, la firme californienne a ouvert de multiples fronts sur les festivals avec le Main Square à Arras ou le Download Festival et le Lollapalooza à Paris.

 

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À tel point que son image d’oiseau de proie américain très conquérant peut même faire un peu peur et que, sur cette opération, elle a choisi d’avancer   aux côtés de Lagardère dans un montage où elle ne possédera pas plus de 30 % de la structure pilote.

 

Sur un dossier où Daniel Colling a pour l’instant la main (sa société Sp. Colling gère le Zénith de Nantes depuis son ouverture fin 2006), tout l’enjeu est pour chacun des deux outsiders aux allures de challengers de présenter un dossier solide. Sans pour autant effrayer les pouvoirs publics. Comme un test in vitro pour de futurs bras de fer, notamment à Paris. Une fois son choix arrêté, Nantes métropole confiera au lauréat la gestion en délégation de service public de la salle de 2019 à 2026.

 

Les dès seront jetés fin mars début avril.

 

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