Le monde des concerts cherche de l’air face à la pression sécuritaire 0 704

Les concerts de Médine devaient se tenir au Bataclan cette semaine, les 19 et 20 octobre 2018. Une polémique alimentée par la droite ou certains au PS et des menaces en provenance de l’ultra-droite et du ministère de l’Intérieur plus tard, les voici annulés. « Tout ce qui peut amener un trouble à l’ordre public peut dans les limites de la loi pouvoir trouver une interdiction, nous verrons d’ici le mois d’octobre« , clamait, quelques mois avant d’annoncer son départ du gouvernement, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. Beaucoup de bruit pour rien ?

Bien sûr, le rappeur Médine gagne au change puisqu’en remplacement, c’est désormais un Zénith qui s’offre à lui l’an prochain, le 9 février 2019. Sachant que la capacité du Zénith de Paris est de plus de 6.000 places quand la jauge du Bataclan n’est que de 1.700 personnes.

On peut dès lors considérer que les pulsions les plus droitières de la société ont offert une campagne de publicité gratuite pour ses concerts et une incroyable caisse de résonance au rappeur du Havre, qui se serait pourtant bien passé de menaces de mort.

Mais à force de ne pas réellement s’intéresser au rap sur le fond, de ne pas faire l’effort d’étudier les textes de ses artistes, de se limiter aux qu’en-dira-t-on colportés par la fachosphère, les autorités ont pris le risque de créer un précédent fâcheux en matière de liberté d’expression. La liberté de programmer et d’entreprendre est elle aussi remise en cause au passage puisque la direction du Bataclan, sur la foi du fameux titre éponyme de Médine, portait et assumait la responsabilité d’accueillir un tel artiste en son sein meurtri par les attentats.

Quand à l’extrême-droite, radicalisée depuis que le RN est désorganisé et mis sous pression judiciaire, elle se fait ni plus ni moins l’auxiliaire de l’Etat Islamique, qui avait lui aussi fait de Médine sa cible. Résultat ? Une large partie de la société française est en panne de discernement, complètement dans le brouillard. Elle godille poussivement derrière l’extrême-droite et stigmatise un rappeur parmi les plus progressistes musicalement et philosophiquement (la femme de Médine n’est même pas voilée). Tout en sacrifiant sa capacité de réflexion et de pondération sur l’autel des valeurs sécuritaires.

L’épisode Médine pourrait n’être qu’une anecdote, un incident vite digéré dans le flux de l’actualité s’il ne s’accompagnait d’une tendance de fond à « bleuir » le paysage sans réelle réflexion stratégique ni analyse sensible du terrain. L’économie des festivals s’en ressent. C’était déjà le cas avant même les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan.

Aujourd’hui, des évènements aussi importants en termes de fréquentation que le festival Couvre-Feu (26.000 personnes sur trois jours en 2017) près de Nantes baissent le rideau. L’an dernier, près de 500 personnes avaient raté la prestation enfumée de la tête d’affiche Cypress Hill, freinées par les contrôles de gendarmerie. De quoi doucher cette année les ardeurs des spectateurs avides d’assister au concert de Suprême NTM. Déjà confronté au « désistement progressif » de sa communauté de communes, le festival n’a en tout cas pas atteint son point d’équilibre en 2018. Fragilisé par plusieurs errements et péripéties au fil des ans, il a dû jeter l’éponge.

Topo similaire pour Microclimax cette fois avant même d’avoir eu l’occasion de se lancer. Dans le cadre enchanteur de l’île de Groix dans le Morbihan en Bretagne, déjà connue pour son festival de cinéma, la manifestation promettait un focus sur de passionnantes découvertes en provenance de la scène electro/rock indé : Nina Harker, Deux boules vanille, Usé, Rouge Gorge, Françoise Pagan, Nursery, La Honte, Avenir, Versolo. Deux soirées réparties sur trois jours les 6, 7 et 8 juillet 2018 avec douze concerts mais aussi une « zinothèque » sur triporteur, un atelier mobile de sérigraphie et la participation de deux plasticiens.

Le rendez-vous a-t-il-été jugé comme un dangereux point de convergence pour zadistes ? Toujours est-il que la mairie a fini par en refuser l’idée, l’association organisatrice Pull Friction ne pouvant de toute façon supporter le coût de 19.800 euros qu’une demande jugée « excessive » de gendarmes aurait généré. Une facture à elle seule plus importante que le budget même de l’évènement (18.000 euros selon Véronique Lapoudge, coordinatrice générale du festival). « C’était un petit projet, avec une jauge de moins de 500 personnes, nous n’avions même pas d’obligation légale de présenter un dossier de sécurité« , explique Véronique Lapoudge, qui estime que la municipalité ne voulait pas du projet et que, partant de là, tout a été fait pour gonfler la note sécuritaire. « Lorsque j’ai demandé au téléphone au groupement départemental de gendarmerie sur quel évènement analogue il se basaient pour mettre en place un dispositif d’un gendarme pour dix festivaliers, on m’a répondu que l’évaluation n’était pas contestable, que la gendarmerie n’avait pas à se justifier« .

Malgré des contre-propositions, notamment l’embauche d’agents de sécurité pour surveiller le port ou la réduction de la jauge à 250 personnes, le diagnostic des pouvoirs publics ne change pas d’un iota. Le festival n’ayant pas réussi à trouver en catastrophe 17 jours avant sa tenue un autre point d’ancrage à Belle-île, autre île du Morbihan, il est purement et simplement annulé.

Même un des festivals français les plus importants de France comme Les Eurockéennes de Belfort n’arrive plus à supporter les frais engendrés par les forces de l’ordre, qui, rappelons-le, sont facturés aux organisateurs des festivals en plus des impôts directs et indirects comme la TVA. Un état de fait renforcé depuis la circulaire du ministère de l’intérieur du 15 mai 2018. Qui aboutit selon Jack Lang à « une augmentation de 800% des frais de sécurité » pour les Eurockéennes de Belfort, passant de 30 000 à 254 000 euros. Une situation insoutenable pour n’importe quelle entreprise. D’ailleurs, les Eurockéennes ont carrément refusé de payer.

Si l’industrie de l’armement, avec ses zones opaques et ses dommages collatéraux que sont les attentats sur le sol français, a toujours été un fleuron chouchouté par la République, la culture est aussi un joyau national. Le monde politique est-il prêt à le mettre gravement en péril alors que les revenus générés par la musique enregistrée ont été réduits à peau de chagrin ?

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La standardisation des villes menace la création et les lieux de concerts Commentaires fermés sur La standardisation des villes menace la création et les lieux de concerts 635

Alors que la scène rock, notamment au sein de la capitale, fourmille, les pouvoirs publics distribuent les fermetures administratives pour les petits lieux de diffusion alternatifs. Mais gérer la gentrification ne se limite pas à une réglementation sur le bruit drastique et sans concertation. Les grandes villes comme Paris ou Nantes multiplient les initiatives pour tenter de s’adapter aux mutations urbaines, entre standardisation mondialisée et poches de résistance citadines où s’élabore aussi la création musicale de demain.

« Dans la rue, y’a plus que des matons, tous les apaches sont en prison, tout est si calme, ça sent le pourri, Paris va crever d’ennui « , chantait La Mano Negra en 1991. On était alors à la fin de l’ère Chirac à la mairie de Paris. Près de 30 ans plus tard, le tableau a-t-il réellement changé ? L’achèvement de la gentrification de Paris ou celle, en cours, de Nantes, n’est-t-il pas en train de chasser le rock saturé et la bière tiède au profit de la house au kilomètre et des sushis décongelés ?

La jeune scène rock connaît pourtant un incroyable regain ces temps-ci. Dans un registre punk/garage/post punk ou rock’n’roll orthodoxe, les noms se bousculent sur la ligne de départ : Howlin’Jaws, Belleville Cats, Os Noctàmbulos, les Daltons, Dharma Jerks, Rat Pack, Shupa, Chrome Reverse, Brain Eaters. « Ils jouent dans de petits lieux pour moins de 8 euros, souvent 5 euros et parfois même « au chapeau » (NDLR : sans tarif fixé, sur don). On les retrouve, à Paris et beaucoup à Montreuil, dans des lieux comme le Supersonic, l’Olympic Café, l’Alimentation Générale, le Black Star, le Relais de Belleville, le Zorba, le Bar de la Poste », explique Eric Tandy, parolier des Olivensteins, auteur du cinglant et sarcastique « Fier de ne rien faire« , journaliste, commissaire d’exposition et conférencier spécialiste du rock. « Les Lullies qui viennent de province, sont pour moi le meilleur groupe de rock du moment et pas seulement en France ! » Un vivier particulièrement dynamique qui survient paradoxalement au moment d’un tour de vis des pouvoirs publics que certains ne sont pas loin de comparer aux années Giuliani à New York.

Fermetures administratives à répétition, plaintes pour tapage nocturne, durcissement de la réglementation sur le son…la vie des bars diffusant de la musique « live » et même des salles de spectacle n’est donc pas de tout repos au sein de la capitale. Des lieux comme La Machine du Moulin Rouge, des cafés-concerts comme la Mécanique ondulatoire, l’Espace B, le Pop In, la Féline, l’Udo ont, parfois provisoirement, parfois définitivement, dû baisser le rideau. Sans parler des discothèques l’Élysée-Orient et Les Nuits Fauves. Une hausse significative des fermetures administratives, avec un accroissement de 17,15 % des établissements clos entre 2017 et 2018 qui a même amené le préfet de police de Paris à se justifier.

Problèmes de drogues, de rentabilité économique, de voisinage, les raisons de ces coups d’arrêt sont multiples. L’activité de ces lieux de diffusion de musique amplifiée pose surtout, au delà des limites légales avec lesquelles ils ont parfois du mal à totalement cadrer, la question de leur non conformité avec les normes sociales. Pour une Cantada, baroque, gothique et ouverte aux esthétiques « underground » dans le quartier Oberkampf, combien de Starbucks Coffee interchangeables et kafkaïens ?

Les lieux où sont organisés des concerts rock détonnent. Hirsutes, bruyants, turbulents, atypiques, ils apportent un peu de passion dans leurs quartiers d’adoption. Mais débordent aussi fréquemment. Le nouveau décret sur le son n’a paradoxalement pas apaisé le climat. Applicable depuis octobre 2018, ce texte de loi n° 2017-1244 du 7 août 2017 a même ravivé les tensions.

Les professionnels du Prodiss, le syndicat national du spectacle musical et de variété, reprochent à l’Etat de ne pas avoir écouté son « avis sur le plan artistique, technique, la pertinence des mesures et sur l’impact économique. Les professionnels via AGI-SON, consultés lors de l’écriture du décret, avaient souligné les points qui ne pouvaient pas être compatibles, techniquement, avec la physique du son ou les esthétiques et pratiques artistiques. » Les professionnels demandent en conséquence aux ministères une révision du décret. « Ni réaliste, ni optimal, ce décret aura des conséquences lourdes sur le spectacle et la filière toute entière (artistes, producteurs, diffuseurs, salles, festivals, équipes techniques) comme pour les spectateurs », ajoute le Prodiss, qui s’est lancé dans une campagne active intitulée « OK pour un décret son qui ne met pas la scène KO« .

Le Prodiss regroupe près de 350 entrepreneurs de spectacles et des salles comme le Bataclan, le Café de la Danse à Paris, le Galaxie à Amnéville ou la Halle Tony-Garnier à Lyon. Car la problématique est loin d’être exclusivement parisienne, même si le phénomène de la gentrification de l’Est de la capitale est l’un des plus spectaculaires. À Nantes aussi, un lieu alternatif associatif comme La Dérive, dans l’Est de la ville, qui organise de telluriques concerts punk rock mais est mal insonorisé, reçoit de fréquentes visites d’employés de la Maison de la tranquillité publique. « Cette problématique reste importante pour nous même si nos 140 adhérents l’ont dépassée par rapport aux années 1995-2000 », explique-t-on à la Fedelima, fédération des lieux de musiques actuelles basée à Nantes. « Depuis 5 ans, aucun de nos adhérents n’a subi de fermeture administrative, ils sont suffisamment structurés pour organiser au mieux leur isolation phonique. » Adhérent de la Fedelima, une salle comme Stereolux a succédé à l’Olympic, quittant le quartier Chantenay, pris d’assaut par les hipsters, pour l’île de Nantes, où la pression démographique commence elle aussi néanmoins à se faire sentir.

Pour canaliser et désamorcer les problèmes de bruit, de voisinage voire de délinquance, les professionnels et les pouvoirs publics redoublent d’efforts. Pour limiter le phénomène des squats, avec son lot d’incertitudes sanitaires et sécuritaires, le pouvoir municipal PS à Nantes finance même des travaux et collabore avec certains collectifs d’artistes. Outre l’association AGI-SON a aussi été créée la plate-forme de la vie nocturne. Un espace informel sans réelle existence juridique mais qui a le mérite de rassembler dirigeants de salles de concerts, mairies et gérants de cafés-concerts membres du collectif Culture Bar-Bars, les plus impactés par les remous urbains de par leur localisation, de plain pied sur les pavés. C’est souvent au sein du laboratoire Bar-Bars que s’entrechoquent les éprouvettes qui généreront in vitro les stars de demain. Et la création musicale, fragilisée côté production par le passage au numérique, ne peut décemment se passer de cette étape.

6 artistes qui ont changé le visage de la musique électronique Commentaires fermés sur 6 artistes qui ont changé le visage de la musique électronique 901


La techno et la musique électronique sont des genres neufs, y compris et surtout scéniquement. Mais, avec seulement quelques dizaines d’années au compteur, le dernier style musical innovant de l’histoire contemporaine (par son son, ses habitus, sa contre-culture) est déjà, crise de la musique enregistrée oblige, à l’heure du bilan. Panorama d’un patrimoine moderne à travers six portraits de musiciens qui l’ont fait bouger sur ses centres de gravité.

Laurent Garnier pionnier solide de la techno à la française

Laurent Garnier a su habilement se construire une image de Dieu le père de la techno en France, grâce notamment à son immersion dans la club culture balbutiante à Londres ou Manchester, qu’il a par la suite connectée à l’essor hexagonal du mouvement rave. Mais la personnalité de l’homme va au delà de l’hédonisme, d’une certaine institutionnalisation du genre, du strass et des paillettes.

Citoyen, engagé, il n’a jamais oublié ses racines foraines et s’est toujours positionné fermement contre un parti néo-fasciste comme le Front National/RN. Il joue d’ailleurs fréquemment le fameux « Porcherie » de Bérurier Noir en clôture de ses sets. Il est aujourd’hui à l’oeuvre derrière le festival Yeah ! au Château de Lourmarin dont la prochaine édition se tiendra les 7, 8 et 9 juin 2019, avec annonce de la programmation et ouverture de la billetterie le 4 mars 2019 à 10 h 30.

Laurent Garnier se produira le 24 mars 2019 au Rex Club à Paris puis au festival Nuits Sonores à Lyon le 31 mai 2019 ainsi qu’à We Love Green le 1er juin 2019 ou au Dour Festival le 11 juillet 2019.

Gary Numan le clown triste au synthé grinçant

Show man hors pair, clown blanc inquiétant, Gary Numan est non seulement un génie incompris en avance sur son temps. Mais aussi un acharné, dont la longévité laisse pantois. Depuis la fin des années 90, sa carrière a même connu un nouveau virage vers le rock industriel façon Nine Inch Nails ou Ministry.

Il a débuté en 1977 avec Meanstreet un petit groupe punk avant de former Tubeway Army qui connaîtra un succès important avec « Are « Friends » electric ? ». Maniaque du synthé, excentrique aux costumes de scène incroyables et à l’esthétique fignolée, il a eu plusieurs tubes comme « Cars« , n°1 en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis et fait l’objet d’un véritable culte au Royaume-Uni.

Gary Numan se produira le samedi 13 avril 2019 au Fiddlers Club à Bristol avec…Kraftwerk.

Kraftwerk à l’épreuve du temps

Kraftwerk, c’est l’Allemagne post-moderne, la civilisation Kodak qui pour tromper son ennui après une dure journée de labeur au contact de solides machines, enfante un univers artistique inouï. Au delà d’une imagerie saisissante et d’une esthétique vertigineuse, qui a inspiré des alter ego du côté de Détroit, le quatuor de Düsseldorf a aussi innové techniquement comme très peu parmi les pionniers de la musique électronique.

Au sein de leur studio Kling Klang, en 1977, ils s’appuyèrent sur l’un des tous premiers séquenceurs, fabriqué par Matten et Wiechers, concepteur de synthétiseurs basé à Bonn. Cet instrument à l’époque hors de prix, raccordé à un clavier mini-Moog, avant la technique Midi, le séquenceur digital ou le programme musical informatique, permettait un accompagnement pré-enregistré en plus de celui accompli par les musiciens.

Le groupe Kraftwerk donnera des concerts dans sa formule 3D les 27 et 28 juin 2019 au Teatro Romano Di Ostia dans le cadre du festival Rock In Roma, les 11, 12 et 13 juillet 2019 au festival Days Off à la Cité de la Musique/Philharmonie de Paris, le 31 juillet 2019 à l’hippodrome Manuel Possolo à Cascais au Portugal dans le cadre du festival EDP Cool Jazz.

New Order a imposé en précurseur la nouvelle donne electro

Il y a évidemment un avant et un après New Order dans l’histoire de la musique moderne. Sans eux, pas de Chemical Brothers, pas de Rythmes Digitales ni de DMX Krew, tout un pan de la production pop électronique n’existerait tout simplement pas.

Notamment grâce à leur phénoménal « Blue Monday », saturé d’effets de production ébouriffants, maxi resté le plus vendu de tous les temps (et pour cause, le format maxi est de toute façon en voie d’extinction complète). Ou à leur « Confusion » co-produit avec Arthur Baker, pape du hip-hop new yorkais avec Afrika Bambaataa. Mais à la différence de leurs grands rivaux Depeche Mode, le groupe a eu une vie, sombre, tendue mais passionnante à travers Joy Division, avant de connaître un succès planétaire.

Les New Order seront en tournée en Europe l’été prochain avec des dates le dimanche 16 juin 2019 à Water Plaza à Kallithea en Grèce, le 18 juillet 2019 au Lovell Telesqcope de Macclesfield au Royaume-Uni, le jeudi 15 août 2019 au Paredes de Coura Rock Festival au Portugal, le vendredi 16 août 2019 à Biddinghuizen aux Pays-Bas, le 25 août 2019 au Victorious Festival de Portsmouth .

Aphex Twin le sorcier du son en vedette de Rock en Seine

La venue à Paris d’Aphex Twin est un évènement. Pas si courant par ici, voilà l’un des artistes les plus cultes enfantés par le label Warp de Sheffield. Même si ses projections sur grand écran arty et délirantes frôlent régulièrement le grand art, le gourou de l’électro, calé derrière ses moniteurs, n’est pas à proprement parler un « performer ».

C’est en effet surtout la musique enregistrée qu’il a révolutionné, faisant évoluer l’esthétique techno hédoniste et physique vers des miniatures conceptuelles ultra mélodiques faisant passer au prisme d’une sensibilité aquarelliste l’héritage des saturations breakbeat et des rythmes hardcore.

Aphex Twin constituera l’une des attractions de la prochaine édition de Rock en Seine à Paris le 25 août 2019 au Domaine National de Saint-Cloud.

Juan Atkins maître du son de Détroit avec Kevin Saunderson et Derrick May

La techno est noire et américaine, avant tout. Ne jamais l’oublier. Musique de parias, de saltimbanques, de déracinés, ce genre profondément enraciné dans le no man’s land social engendré par les restructurations de l’industrie automobile de Détroit aux Etats-Unis a été propulsé dans les clubs d’Europe sous l’impulsion d’un fameux trio : Juan Atkins, Kevin Saunderson et Derrick May.

Juan Atkins débute la musique en jouant de la batterie et de la basse. Il découvre pèle mêle à la radio, dans l’émission d’un certain Charles Johnson alias The Electrifying Mojo le funk le plus mutant de Funkadelic ou Parliament, la post-disco de Georgio Moroder ainsi que la new wave ou la pop synthétique de Kraftwerk ou de Telex. De quoi lui inspirer sa techno minimale proche de l’electro funk.

Juan Atkins jouera le 1er juin 2019 au Zuiderpark de La Hague aux Pays-Bas, le 7 juin 2019 au WesternUnie à Amsterdam, le 24 août 2019 à Kiev en Ukraine.

6 festivals innovants qui projettent la musique live dans le futur Commentaires fermés sur 6 festivals innovants qui projettent la musique live dans le futur 956

Il faut connaître la glorieuse mémoire des festivals pour savoir s’affranchir du passé. Après un tour d’horizon des festivals qui ont marqué l’Histoire, voici ceux qui se conjuguent au futur, innovent technologiquement ou esthétiquement. De South by Southwest à Villette Sonique en passant par Motocultor.

Le South by Southwest à Austin paradis des défricheurs


Voilà un trio de festivals réputé à Austin : musique avec SXSW Music, cinéma avec SXSW Film et médias interactifs avec SXSW Interactive. Sans parler d’un festival de rue étonnant. Les défricheurs, programmateurs, directeurs artistiques du monde entier s’y pressent chaque année. Attirés par un nec plus ultra multidisciplinaire conviant à son affiche des groupes tels que American Werewolf Academy (punk rock), Urban Hype (afro pop), Dead Soft (grunge) ou Haiku Hands (pop) qui sont peut être les « next big thing ». Mais aussi par le passé des stars confirmées telles que Jaïn ou Lana Del Rey. Côté cinéma, on a pu y découvrir par le passé des films tels que « Démineurs » de Kathryn Bigelow ou y assister à un hommage à Alex Chilton qui décéda juste avant de s’y produire surs cène avec le groupe Big Star. Au SXSW ça phosphore sévère avec des conférences et des ateliers immergés dans les problématiques les plus high tech, à tel point qu’en 2009, les réseaux de fournisseurs télécoms AT & T ont failli flancher, principalement en raison d’utilisation intensive d’iPhone.

La prochaine édition de South by Southwest se déroulera du 8 au 17 mars 2019.

L’Electric Daisy Carnival se décline à Mexico et Las Vegas

Déjà ancien, nominé sept fois aux International Dance Music Awards, l’Electric Daisy Carnival se déroule rituellement à Las Vegas même si cette année, en 2019, il se tiendra aussi à Mexico City les 23 et 24 février 2019. L’événement s’est d’ailleurs décliné à Puerto Rico, au Royaume-Uni, au Japon, au Brésil ou en Inde. Sa finalité est de permettre aux festivaliers et danseurs d’évoluer dans de structures en trois dimensions, dans des environnements luminescents, au sein d’une flore et d’une faune tels que des chevreaux, au milieu de manèges gigantesques. Quelque part entre un springbreak orgiaque et un Burning Man consumériste. Des pointures des dancefloors comme Calvin Harris, Martin Garrix, Afrojack, Armin van Buuren s’y sont succédé. Il se tient au Las Vegas Motor Speedway, circuit automobile géant du Nevada. La première édition s’était déroulée au début des années 90 sous la forme d’une rave près de Los Angeles

L’Electric Daisy Carnival se tiendra du 17 au 19 mai 2019 dans le cadre du Las Vegas Motor Speedway.

La Villette Sonique s’incruste sous le périphérique

En plus d’une communication volontariste sur les réseaux sociaux, où il pousse en avant-première ses innovations tarifaires, le festival Villette Sonique à Paris maintient la cap d’une programmation avant-gardiste. Une programmation qu’il n’hésite pas à localiser depuis quelques éditions sous le périphérique (derrière le Cabaret Sauvage) du côté de la Halle aux cuirs. Un lieu ultra urbain propice à une atmosphère « underground » même si conspué par la bourgeoisie parisienne anti-« bobo » à cheval sur ses codes de consommation culturelle. Cette année, c’est le rappeur frappadingue Danny Brown, remarqué récemment pour sa collaboration avec Alt-J, qui jouera entre deux piliers de bétons sous un axe routier. Atmosphère de block party délurée garantie. Et ce n’est pas tout puisque se grefferont aussi à l’affiche des noms aussi prestigieux ou rares tels que Deena Abdelwahed (pour un live), Julia Holter et Cate Le Bon ou Stereolab.

L’édition 2019 de Villette Sonique se tiendra du 6 au 9 juin 2019 en différents lieux du Parc des Expos de La Villette (Grande Halle, Trabendo, Cabaret Sauvage…).

Tommorowland bacchanale techno ultra connectée

Véritable institution de la musique dansante en Belgique, Tommorowland a énormément innové ces dernières années. Il a ainsi été un des premiers festivals à passer au « cashless » à travers des bracelets connectés permettant le paiement automatique par application. L’événement a aussi offert une immersion high tech à distance via le web à tous les festivaliers du monde désireux de s’y connecter. Pour son prochain cru, Tommorrowland accueillera des artistes tels que Solomun, Martin Garrix, Amelie Lens, Black Coffee, Carl Cox, DJ Diesel, Don Diablo, Oliver Heldens, Steve Aoki, The Chainsmokers.

La prochaine édition de Tommorowland se tiendra du vendredi 19 juillet 2019 au dimanche 28 juillet 2019 au Domaine provincial De Schorre à Boom en Belgique.

Le festival Forte au Portugal concilie ultra modernité et patrimoine

Axé sur la musique électronique, les arts visuels et les arts de la scène, le festival Forte au Portugal se déroule dans un château. Un décor de vieilles pierres augmenté de nombreuses performances numériques et d’effets de lumières iridescents. Avec des artistes electro prestigieux tels que Neon Chamber, Rhys Fulber, Freddy K ou Dave Clark.

Le festival Forte se déroulera du 23 au 25 août 2019 au château de Montemor-O-Velho au Portugal.

Le Motocultor balise le chemin pour ses festivaliers

L’opéra rock celtique Excalibur, Alan Stivell, NOFX, Napalm Death, Henri Dès & Ze Grands Gamins…Non seulement le Motocultor innove par une programmation transgenres qui va bien au delà de son ADN punk/metal. Mais l’évènement a su aussi prouver son aptitude à l’innovation technologique. En 2017, il avait même remporté, dans le cadre des « festival awards« , le prix de l’innovation numérique. Notamment grâce à Imagina, une application reliée à un système de balises Bluetooth qui mettait à disposition des festivaliers l’information la plus pertinente dont il avait besoin en fonction du moment de la journée et de l’endroit où il se trouve. Permettant d’aller même au delà d’actions tels que le scannage de QR codes ou la technologie sans contact. Paramétrée et configurée, l’application travaille toute seule et tient en alerte le festivalier sur son téléphone mobile. Elle a été développée par la jeune start up Vannetaise Imagina.

La prochaine édition du festival Motocultor à Saint-Nolff près de Vannes du 15 août 2019 au 18 août 2019.

6 festivals mythiques qui ont marqué l’Histoire Commentaires fermés sur 6 festivals mythiques qui ont marqué l’Histoire 610

La grande histoire des festivals est jonchée de légendes. Punk, hippie ou techno, chaque famille de rassemblement musical a ses pionniers, ses mythes. Inventaire en 6 chapitres.

Desolation Center quand les prophètes punk prêchaient dans le désert

Sans DesolationCenter, pas de festival Coachella, pas de Lollapalooza, pas davantage de Burning Man. Un documentaire qui vient de sortir retrace cette glorieuse épopée de petits punks californiens qui rêvaient de sensations fortes et de pouvoir consommer des substances illicites à l’abri des regards de papa maman et de la police. Entre 1983 et 1985, Perry Farrell, fondateur de Jane’s Addiction et futur cerveau de Lollapalooza viendra y puiser l’inspiration au contact des allemands Einstürzende Neubauten, habitués des performances bruitistes avec des outils et des matériaux récupérés. Mais aussi de Sonic Youth ou des groupes cultes hardcore Minutemen et Meat Puppets. Concerts de plain pied les boots dans le sable, improvisations hallucinées dans la nuit furent au programme.

Nos futurs au Festival punk de Mont-de-Marsan

On se pince encore pour y croire. En août 1977, Gérard Holtz évoquait le « premier festival de punk rock » à Mont-de-Marsan. Un évènement qui aura laissé des traces en Europe continentale depuis son épicentre des Landes et du Pays Basque. Et même en Europe tout court puisque, météorologie clémente oblige, sa première édition fut le tout premier festival punk sur le vieux continent, un mois avant celui du 100 Club à Londres. Par la suite le festival punk de Mont-de-Marsan, délocalisé un temps à La Rochelle, eu lieu à cinq reprises entre 1976 et 1986. La première édition dans les Arènes de Plumaçon se tint de midi à trois heures du matin et reçut la visite de nombre de punks européens, comme par exemple Ian Curtis de Warsaw/Joy Division, accompagné de sa femme Deborah. En 1976, l’évènement se tint contre l’avis du préfet et du maire de l’époque. La tendance des présentateurs post-ORTF de l’époque à décrire systématiquement le mouvement punk par sa traduction littérale en français n’étaient sans doute pas étrangères à cette méfiance très vieille France. Même si les Sex Pistols refusèrent de partager l’affiche avec les un peu oubliés Eddie and the Hot Rods, la programmation fut particulièrement flamboyante avec des concerts des anglais de The Damned, de Bijou ou Little Bob Story, qui allaient jeter là les bases d’une persistante bonne réputation dans l’Hexagone. Les années suivantes virent même se succéder des pointures punk telles que The Clash, The Police, Marie & Les Garçons

Woodstock ou la naissance du business nostalgique

Que n’a-t-on pas déjà raconté sur Woodstock ? Au moment où ce festival mythique parmi les mythiques fête son cinquantenaire, un torrent de produits éditoriaux commémoratifs et dérivés va envahir les linéaires. C’était déjà le cas il y a dix ans. De quoi satisfaire l’important pouvoir d’achat des « baby boomers » qui avaient 20 ans en 1969. CD, DVD, livres, films sont au programme. Et même un festival puisque une nouvelle édition du festival de Woodstock se déroulera du 16 au 18 août 2019 au centre culturel de Bethel Woods au nord de New York. 25 ans après s’était déjà tenue une suite au populeux évènement dénommée Woodstock’ 94. Elle fut rebaptisée « Mudstock » à cause d’une météo désastreuse, plusieurs des groupes participants comme Primus, Green Day ou Nine Inch Nails se livrèrent à de dantesques batailles de boue, notamment avec le public. Cinq ans plus tard, Woodstock 1999 creusa encore un peu plus profond le filon mercantile.

Le festival de l’île de Wight est toujours vivant près de 50 après

Plus important rassemblement autour de la musique rock jamais organisé en Europe, la troisième édition du festival Wight fin août 1970 s’est paradoxalement déroulée sur une île au sud du Royaume-Uni. Pendant cinq jours et cinq nuits. Avec des stars comme The Who, Jimi Hendrix, The Doors ou Joan Baez. Et près de 600.000 spectateurs. Après une longue éclipse de 1970 à 2002, le festival est le seul évènement dont l’aura s’est avérée si mythique qu’il existe toujours aujourd’hui.

Monterey pionnier des pionniers

Du 16 au 18 juin 1967 se tint à Monterey, petite ville californienne, un festival qui attira un peu moins de 100.000 participants. Ce qui donna lieu à la première prestation de Jimi Hendrix, de The Who aux Etats-Unis, à un concert de Ravi Shankar tandis que Janis Jopplin et Otis Redding définissaient pour leur part ici de nouveaux standards pour un concert en plein air. Le Monterey Pop, marqué singulièrement par des défections d’artistes qui ne purent ou ne voulurent s’y produire comme The Beach Boys, The Beatles, les Rolling Stones, The Kinks, inspira largement Woodstock.

Boréalis inventa la pluie de rythmes avant d’être victime du déluge

C’est une légende bien française. On connait l’indestructible Astropolis près de Brest. Mais on se souvient aussi de Boréalis, pionnier des festivals de techno sudistes à Montpellier, bien avant I Love Techno. Boréalis fut organisé de 1993 à 1999 par une sorte de tribu pionnière sur le modèle des légendaires Spiral Tribes anglaises baptisée Les Pingouins. Immergée dans la culture rave britannique, à une époque où la techno ne se vivait que sous sa forme illégale de « free parties », la petite communauté réussit à faire grandir son évènement, passant du lieu boîte de nuit aux arènes de Nîmes puis au Parc de Grammont à Montpellier. Avec des tyrannosaures du « beat » tels que Daft Punk, Jeff Mills, Chemical Brothers…Le cru 1999 s’annonçait pharaonique avec 25 000 à 30 000 personnes attendues, des noms comme Basement Jaxx, Roni Size, Laurent Garnier, qui avait joué l’année précédente. Mais un orage de grêle titanesque eut raison au dernier moment de son organisation et les Pingouins ne s’en remirent jamais. Clap de fin.

L’univers des concerts s’inquiète de la vente à la découpe de l’empire Lagardère 0 712

Quel avenir pour le pôle concerts et spectacle vivant de Lagardère ? La question se pose avec acuité alors que l’héritier Lagardère peine toujours à imprimer un cap et du sens à ce qui est devenu au fil des années un lourd conglomérat subissant les restructurations. La branche médias, en pleine reformatage, s’interroge elle aussi sur sa pérennité.

C’était le début des années 2000. La presse parisienne s’empiffrait de croissants et se bousculait au Virgin Megastore des Champs-Elysées pour assister au point presse organisé par Arnaud Lagardère en présence du charismatique Richard Branson. Une présentation dans un decorum luxueux, clinquant, mettant en scène l’entreprenariat dans sa version « cool et jean », destinée à officialiser le rachat par Lagardère Média des 16 magasins Virgin dans l’Hexagone. Petits clins d’oeils complices d’Arnaud au premier rang, hâle et brushing poivre et sel façon Richard Gere pour son « business partner » britannique.

Près de 20 ans plus tard, c’est morne plaine. Le Virgin des Champs, navire amiral des revendeurs de CD en France, a été envoyé par le fond en trois clics comme un vulgaire Titanic. Et l’ex-PDG de Virgin Stores Jean-Noël Reinhardt désormais tête de pont commerçante en tant que président du Comité des Champs-Élysées est à deux doigts de hurler « Macron démission ! ». En particulier lorsqu’il réalise que la « plus belle avenue du monde » s’est transformée en champ de bataille pour enragés en gilet jaune qui découvrent les vertus apaisantes du gaz lacrymogène, des explosions de grenades et des balles en caoutchouc.

La dernière déroute en date est celle des médias. Pour Lagardère, le désengagement de ce secteur est massif. Avec par exemple la toute récente entrée en négociations avec M6 pour la revente de son pôle télévisions. Qui s’ajoute à la cession de son pôle magazine incluant Elle mais aussi Version Femina, Art & Décoration, Télé 7 Jours, France Dimanche, Ici Paris et Public au Czech Media Invest de Daniel Křetínský, également actionnaire du Monde et propriétaire de Marianne. Sans parler de la revente de Boursier.com au groupe Les Echos – Le Parisien.

Des turbulences qui déstabilisent complètement l’univers médiatique. Et provoquent de nombreuses angoisses pour l’avenir au sein d’une profession journalistique qui appréhende de se retrouver sur le carreau. Si le chiffre d’affaires de Lagardère reste relativement stable (même si en baisse de 4,4 % en données consolidées), à 7 milliards d’euros, on ne peut pas vraiment en dire de même de ses effectifs. En 2016, il affichait plus de 28.000 salariés. Un an plus tard, le chiffre était descendu à 23.000 personnes

D’où l’inquiétude du secteur des concerts où Arnaud Lagardère avait fait une entrée tonitruante il y a quelques années. Devenant actionnaire du Bataclan en 2015, contrôlant aussi les Folies Bergère, le Casino de Paris, avec des parts dans le Zénith de Paris. À travers Lagardère Live Entertainment sont aussi produites les tournées de Florent Pagny, Phil Collins, Tears for Fears.

Mais le gâteau n’est probablement pas assez gros pour tout le monde, la concurrence a les dents aiguisées et salive à vue d’oeil face à la viande bien persillée au prix de plus en plus élevé que peut représenter le spectacle vivant. On l’a vu sur le théâtre de la reprise de gestion du Zénith de Nantes où Lagardère a dû s’allier à Live Nation pour espérer emporter le morceau face au redoutable Marc Ladreit de Lacharrière. Ce proche de François Fillon, ex-président d’un conseil régional des Pays-de-la-Loire aujourd’hui de nouveau dominé par la droite, semble prêt à tous les recours pour marquer son territoire. Et s’imposer comme un acteur montant majeur face à un Lagardère empêtré dans les restructurations d’un groupe dont la taille critique le rend difficile à manoeuvrer.

La revente par Lagardère de Billetreduc.com à Fnac Darty ne résonne en tout cas pas franchement comme un clairon offensif en direction du champ de bataille des concerts. Pas plus que les résultats en demi-teinte du Bataclan, dont l’activité est quasi sabotée par une frange irresponsable de la classe politique. Arnaud Lagardère n’a-t-il d’ailleurs pas complètement perdu la main sur les destinées du groupe hérité de son père ? En 2011, Qatar Investment Authority, filiale du fonds souverain de l’émirat du Qatar, est devenu actionnaire principal du groupe Lagardère. Une présence moins tapageusement médiatisée que l’implication de l’émir dans le club de football Paris-Saint-Germain. Mais qui n’en reste pas moins parfaitement cohérente avec la dissémination des filiales Lagardère dans le monde et son parcours historique, notamment enraciné dans les activités de défense avec Matra, à ses débuts.

Au moment où Vincent Bolloré accélère les synergies entre les activités concerts de Vivendi et les propres intérêts industriels de sa famille, particulièrement en Afrique, la galaxie Lagardère, dont les étoiles pâlissent, peut-elle retrouver son scintillant ?



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