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Hip Opsession 2018 veut « envoyer du steak » avec sa programmation francophone

Par Nicolas Mollé le 15/02/2018 - Dernière mise à jour : 19/04/2018

Hip Opsession 2018 veut

Des découvertes comme s’il en pleuvait. Notamment en provenance de la francophonie. Pour sa prochaine édition, qui se tiendra du 1er au 18 mars 2018 en divers lieux de l’agglomération nantaise, le festival Hip Opsession affirmera sa vocation de défricheur.

 

« La scène francophone actuelle, qu’elle soit belge, suisse ou française, et bien elle envoie du steak, la réussite du rap ne passe pas que par le fait d’avoir un passeport américain », formule Pierrick Vially, le programmateur du festival Hip Opsession. Objectif découverte dans la langue de Molière ou de La Fontaine (avec une pièce de théâtre placée sous les auspices précis du moraliste) donc. Un cap affirmé pour cette 14ème édition du festival Hip Opsession prévue du 1er au 18 mars 2018 en différents lieux de la métropole nantaise.

 

La découverte fait partie de l’ADN intrinsèque du festival. D’ailleurs, avant d’être le phénomène que l’on connaît aujourd’hui, le rappeur Vald est passé par le festival Hip Opsession en 2016 où il avait fait découvrir son ton désabusé, rempli d’une ironique mélancolie. C’est ainsi la vocation de cet évènement nantais que d’éclairer sur les talents les plus originaux et prometteurs, de faire découvrir les pépites qui hanteront demain les ondes radiophoniques et les flux de streams. La prochaine édition confirmera ce positionnement. Appuyée par une dynamique rap puissante en mars 2018 à Nantes puisque quatre concerts sont prévus pour ce genre au Zénith local, dont Orelsan mais aussi Lacrim, Bigflo & Oli, MHD, sans même parler de Maître Gims.

 

 

« On est sur une programmation axée découverte, sans énorme tête d’affiche américaine », poursuit Pierrick Vially. « Les new-yorkais d’Onyx il y a deux ans, constituaient des têtes d’affiche à l’ancienne. Cette année, Camp Lo, auteurs de classiques importants, représenteront le rap des années 90 orienté boom bap. »

 

Mais les deux phares de la programmation de cette édition seront à aller chercher ailleurs selon Pierrick Vially, visiblement passionné de rap francophone même s’il revendique une continuité avec le travail accompli par son prédécesseur à la programmation Nicolas Reverdito.

 

Du côté d’Alltta, projet d’un local de l’étape, le Nantais 20Syl acoquiné avec Mr .J. Medeiros, plutôt natif du Colorado. Et surtout du belge Romeo Elvis, dont le concert est complet depuis novembre 2017 d’après les organisateurs. « Ce qui est encore mieux qu’avec Oxmo Puccino ou Kery James », souligne Guillaume David, chargé de communication à Pick Up Production, association organisatrice du festival. Romeo Elvis s’était déjà produit à Nantes mais sur de plus petites scènes que Stereolux et sa jauge de 1200 places.

 

« Hip Opsession, c’est un festival que je perçois comme une passerelle entre le grand public et les fans de hip-hop, un moment de représentation théâtralisé sur scène d’un état d’esprit, d’une culture », explique le Nantais DJ Pharoah, habitué de l’événement, DJ funk auteur de la première mixtape en quête des samples de « rare groove » ayant imprégné les classiques hip-hop. DJ Pharoah prépare une double compilation sur le label parisien Favorite. Une compilation destinée à fêter les 20 ans de sa résidence Funky Saturday, actuellement au bar Le Rond Point du Hangar à Bananes. Plus ancienne que le festival lui même.

 

Concernant Hip Opsession, il est d’ailleurs bien question de fidélité à une ligne conductrice et à des valeurs. Légèrement en décalage avec la « marchandisation » des festivals honnie par l’adjoint à la culture de Nantes David Martineau.

 

 

Sachant qu’avec sa fréquentation de 25.000 personnes, largement dopée par ses « battles » de danse très courus du Lieu Unique, le festival ne peut offrir le cachet nécessaire à une exclusivité nationale. Pour la découverte, encore faut-il d’ailleurs distinguer ceux qui se produiront pour la première fois à Nantes – ce sera le cas du belge Scylla, pourtant un « old timer »  – et ceux qui joueront pour la première fois en France comme les Suisses Slimka, Di-Meh et Makala, auteurs du stupéfiant Depeche Mode, entre noise rap et élancements vocaux au bord de la crise de nerfs façon Jordee.

 

Du côté des artistes issus de la sphère francophone, il faudra aussi compter sur Danitsa qui vient de Suisse même si elle rappe en anglais.

 

Autant de coups de projecteurs sur un rap francophone largement arrivé à maturité côté créativité et diversité. Mais aussi en termes de puissance de feu commerciale – le récent hold-up du hip-hop sur les Victoires de la Musique vient le confirmer. Même si les quartiers populaires et le rap « conscient » ne sont toujours pas prêts d’être conviés à festoyer à la télévision avec le show-business. Le festival Hip Opsession, lui, s’est construit dans l’ouverture. Et la présence du cagoulé Siboy apportera une touche d’âpreté imprévisible à cette prochaine édition.

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