Caravan Palace en interview: « on avait besoin d’un break » Commentaires fermés sur Caravan Palace en interview: « on avait besoin d’un break » 546

Concertlive : Vous sortez d’une tournée très longue. Est-ce que cela n’a pas été compliqué d’ « atterrir » pour repartir ensuite ?
Charles
: Non. Cela nous a fait du bien au contraire. Nous avons tourné pendant deux ans, joué 250 dates donc c’est vrai qu’à un moment nous avions besoin de faire un break pour créer de nouveaux morceaux, prendre un peu de recul pour explorer de nouvelles choses.
Hugues : Finalement nous n’avons pas eu le spleen qu’ont certains artistes à la fin d’une tournée. Nous étions contents que cela se termine quand même.

Concertlive : Au final, il y a eu une année de pause. Comment s’est passée la remise au travail ?
Arnaud :
On s’est dit qu’il fallait que l’on prennent un peu de recul par rapport à la scène. Disparaître un peu pour mieux revenir en quelque sorte, d’autant que l’on a un nouveau venu dans le groupe, Paul-Marie Barbier, qui joue du vibraphone, de la guitare et pleins d ‘instruments…
Charles : Un nouvel homme à tout faire ! Il vient du jazz mais on sent qu’il a vraiment envie de s’ouvrir comme nous à d’autres horizons musicaux, à la musique électronique, à la pop… Nous sommes très contents qu’il s’associe à nous.

CL:  Et aujourd’hui, la scène ne vous manque-t-elle pas ?
Charles :
Maintenant que l’on a la matière pour faire de nouveaux concerts, on a hâte en effet. On ne voulait pas repartir en tournée pour rejouer les mêmes morceaux. Donc on a pris l’année pour faire  tous les nouveaux titres de l’album et là on est en studio de répétitions pour les mettre en boîte.

CL : Côté actualité discographique, il y a déjà un nouvel EP qui va sortir. L’album arrive en 2012. Les morceaux sont déjà terminé pour le futur album ?
Arnaud :
Oui. Même s’il y aura sans doute des petites modifications de dernière minute.
Antoine : L’album sort dans six mois et l’Ep dans quelques jours. Il y a un petit laps de temps entre les deux pendant lesquels on va faire des concerts donc il y aura sans doute des petits changements.

CL : Vous souhaitez tester d’abord vos nouvelles compositions sur scène ?
Charles
: C’est ce qui va se passer de toute manière. Nous avons toute une série de concerts qui arrive courant octobre. C’est un bon challenge que de jouer devant un public des morceaux que les gens ne connaissent pas. C’est un peu ce que l’on avait fait au départ avant de sortir notre premier album. A l’époque, on avait déjà fait une petite année de tournée. C’est très excitant.

CL : Vous disiez à l’instant que vous avez voulu expérimenter de nouvelles choses musicalement. Le nouveau disque sera-t-il très différent du premier ? Le swing, la dimension festive de Caravan Palace seront-ils toujours présents ?
Charles :
Le swing est toujours là puisque c’est un peu la base de notre musique, ce mélange entre ancien et nouveau. Il y a toujours des morceaux dancefloor et entraînants. Après, est-ce que c’est festif à proprement dit, je pense que ça l’est un peu moins. C’est un peu plus sombre.
Arnaud : Il y a beaucoup plus de tempos différents, de couleurs. Nous avons beaucoup travaillé là-dessus. Cela va donner un concert plus complet. Auparavant, il y avait un côté toujours « à fond », rentre dedans dans nos concerts. Cette fois, nous sommes contents car il y a davantage de beaux contrastes, de belles couleurs. Nous sommes plutôt enthousiastes.

CL Il y aura une tournée en 2012 en France… et à l’étranger aussi ?
Arnaud :
On irait bien un peu plus en Angleterre pour commencer. Nous n’avons pas jouer très souvent là-bas. Puis retourner aux Etats-Unis ce serait super ! Je me souviens qu’à San Francisco notamment, on a été étonné. Il devait y avoir 500 personnes dans la fosse mais ils étaient tous à fond !
Charles : Après nous n’avons pas la prétention de dire que l’on a un gros succès aux Etats-Unis, ni même en Allemagne ou les autres pays européens que l’on a fait. Le gros de notre succès se passe ici en France. Mais c’est vrai que l’on aimerait bien confirmer cela à l’étranger et développer notre groupe là-bas.

CL Des souvenirs marquants de la tournée précédente ? Zoé [la chanteuse de Caravfan Palace, NDLR] a eu quelques soucis de voix…
Hugues :
Oui ! Zoé a du se faire opérer des cordes vocales donc on l’a remplacé temporairement par une autre chanteuse. Puis elle est revenue mais elle s’est cassé la jambe avant un Olympia ! Enfin pleins de péripéties comme ça.
Charles : Elle a fait un Olympia dans un canapé avec un plâtre !

CL Des pépins techniques par exemple ?
Hugues :
Oh la la ! Jusqu’au dernier concert on en a eu, devant 65000 personnes. Des trucs qui ne marchent plus sans que l’on sache pourquoi… 200 dates que l’on fait la même chose mais ce jour-là cela ne fonctionne pas.
Arnaud : C’est parce que l’on a une grosse configuration de geeks avec des machines partout donc quelques fois… Les ordinateurs lâchent !

CL Y-a-t-il eu des rencontres artistiques sur la route ?
Hugues :
On a rencontré pas mal d’artistes en effet mais nous n’avons pas trouvé de groupes faisant à peu près le même style de musique que nous avec lequel on aurait pu avoir des affinités artistiques. Et puis nous avions des idées très personnelles pour ce second album. Il y avait des choses que nous ne voulions plus faire, d’autres que l’on voulait aborder au contraire et c’est vrai que ce n’est pas dans la collaboration que l’on aurait pu aller au fond du sujet. Il fallait vraiment que l’on se retrouve entre nous. Il y aussi le temps qui nous a manqué pour contacter suffisamment de gens pour faire un album avec pleins de featurings comme on en rêvait au début d’ailleurs.

CL Avez-vous eu des échos sur votre travail de la part d’artistes qui font du swing des années 30 sans la dimension électro, comme Biréli Lagrène par exemple. Comment ont-ils accueillis votre projet ?
Arnaud :
Biréli, nous l’avions rencontré dans un festival. Il nous avait dit qu’il trouvait le projet super. Après il y a clairement des puristes qui n’aiment pas du tout, qui crient au scandale, à l’hérésie.
Charles : Après nous n’avons pas la prétention de faire du jazz ou du jazz manouche. Nous sommes entre les deux. Nous faisons une sorte de tambouille bizarre avec de l’électro et du swing.

CL : Et cet attrait pour les années 30 c’est surtout Django Reinhardt, ou le cinéma de l’époque ?
Arnaud :
Au départ c’est clairement Django. Après il y a aussi un attrait plus global sur l’esthétisme de l’époque, notamment pour le son des vieux enregistrements…
Charles : Ce sont des sons très médiums, très « crados » que l’on essaie nous-même de recréer sur nos instruments en mettant des effets d’époque, de vinyles.
Arnaud : On recrée des samples. Parfois on joue des morceaux deux tons en dessous, moins vite et que l’on ré-accélère ensuite en y mettant des effets et cela donne ce petit grain que l’on aime bien.

Propos recueillis par Aymeric Val
Retranscription Emilie Leoni
 

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