Christophe Cirillo : « Il faut du temps pour se sentir à l’aise sur scène » (interview vidéo) Commentaires fermés sur Christophe Cirillo : « Il faut du temps pour se sentir à l’aise sur scène » (interview vidéo) 195

Concertlive : Il y a quelques années, le public te découvrait sous le pseudonyme de Monsieur Clément. Aujourd’hui, c’est sous ton vrai nom Christophe Cirillo que tu reviens avec un nouvel album. Pourquoi ce changement?
Christophe Cirillo
: Cela m’a semblé naturel parce qu’après mon deuxième album, j’ai eu le sentiment qu’une page se tournait. Il y a eu le changement de maison de disques et moi-même musicalement, j’avais l’impression de démarrer quelque chose de nouveau. J’avais peut-être envie aussi de m’affirmer en tant que chanteur. Et je trouvais que le fait de se passer d’un pseudo, c’était un bon moyen de prendre un nouveau départ. J’ai donc choisi de « recommencer » sous mon vrai nom.

CL Ce renouveau passait par My Major Compagny ?
CC :
Quand l’exploitation d’un album se termine, un auteur compositeur se doit de se remettre au travail. J’ai donc écrit de nouvelles chansons et il se trouve que j’ai rencontré Sevan Barsikian, l’un des trois fondateurs du label My Major Compagny. Les chansons lui ont plu et on a avancé ensemble. Quelques titres ont été mis en ligne, les internautes ont bien accroché et le processus était lancé. En trois mois et demi, la somme était réunie grâce à… 1056 personnes !

CL L’album « Funambule » [dans les bacs depuis le 23 janvier 2012, NDLR] est porté par le single « J’aimais mieux avant », un titre nostalgique…
CC :
Pour moi cette chanson était l’occasion de revenir sur des moments qui m’ont plu de l’enfance, de l’adolescence. Je trouve cela bien de temps en temps de pouvoir se référer à ce qui s’est passé avant pour retrouver le chemin de la lumière, sans qu’il n’y ait une connotation religieuse là-dedans. Donc en un sens ce n’est pas nostalgique, c’est plus se souvenir de moments qu’on a aimé et essayer de les réinjecter dans le présent.

CL Il y a des dates de concerts qui se profilent dans les semaines à venir. Comment abordes-tu le scène ?
CC :
Moi, cela me fait peur la scène ! D’autant que jusqu’à maintenant, on ne peut pas dire que j’ai fait quantités de dates qui me permettent d’envisager la scène avec beaucoup de légèreté. C’est toujours une appréhension pour moi. I faut trouver une formule de scène qui rende compte de ce qu’est l’album. C’est un long travail. Récemment, je lisais une interview de Louis Bertignac, pourtant un baroudeur de la scène, qui disait que pour chaque album, les cinquante premières dates de concerts, ce n’était pas ça. C’est donc rassurant de se dire qu’ il faut du temps pour que ce soit bien, pour se sentir à l’aise, car je pense que c’est lorsque l’on est vraiment à l’aise qu’il va se passer quelque chose. En ce qui me concerne, j’ai vraiment hâte d’y être, même si j’y vais à reculons !

CL C’est marrant que tu parles de Louis Bertignac car nous l’avons rencontré il y a un an pour l’album « Grizzly ». Lui nous parlait de la scène comme d’une « sublime thérapie » pour combattre ses démons et surtout sa timidité. Cela pourrait être le cas pour toi également ?
CC :
Disons que pour l’instant, la scène je l’ai toujours vécu un petit peu au dedans, à toujours essayer de bien faire, de chanter correctement, j’ai plus été dans le contrôle. J’envie des gens comme Mathieu Chedid par exemple, qui est quelqu’un d’assez réservé je crois dans la vie de tous les jours et qui pour le coup sur scène a une sorte de double qui émerge. J’envie cela. Je pense que ce doit être quelque chose d’exceptionnel d’être complètement délesté de toute pesanteur sur scène et juste de faire son truc. Je pense d’ailleurs que le public est vraiment conquis à ce moment-là.

CL Quelle serait ta définition d’un concert réussi ?
CC :
Je pense que ce n’est pas forcément à l’artiste de le dire. Il faut poser la question aux gens quand ils sortent du concert. Je dis cela parce que souvent il y a des artistes qui sortent de scène  ravis de leur prestation alors que le public n’a pas aimé. Et inversement.

CL Dans ton cas, ce ne serait pas justement un concert où tu aurais totalement lâché prise ?
CC :
Bien sûr ! Cela m’est arrivé quand même quelques fois. Mais c’est vrai qu’un concert c’est différent à chaque fois et on ne peut pas avoir de contrôle là-dessus si ce n’est qu’avec les années, cela devient sans doute plus simple.

CL Ton état émotionnel avant/pendant/après un concert ?
CC :
Avant, je suis lamentable, c’est une catastrophe ! Je me demande pourquoi je suis là, pourquoi je fais ce métier. J’ai alors l’impression d’être un peu fêlé. Les premières minutes du concert sont toujours un peu difficiles et l’après c’est juste génial!… Cela pose question quand même de se dire que l’on débarque comme ça et qu’il y a des gens qui sont là pour vous écouter jouer vos chansons. C’est quelque chose de particulier quand même comme type de relation. C’est quelque chose d’extraordinaire : on fait des chansons chez soi, on ne sait pas trop ce que cela va devenir et tout à coup il y a des gens qui viennent pour les écouter. Je pense que tous les artistes s’accordent pour dire que c’est un moment incroyable.

Propos recueillis par Emilie Leoni

 

Previous ArticleNext Article
X
X