Expatriate: la nouvelle tornade australienne (interview) Commentaires fermés sur Expatriate: la nouvelle tornade australienne (interview) 352

Concertlive: Pourquoi avoir attendu 2 ans pour réaliser l’album « I The Midst of This » en Europe?
Ben King: Parce que nous voulions faire du bon travail. Nous aurions très bien pu le sortir avant, mais il n’aurait alors eu que peu d’écho – peut-être une chronique dans les magazines par ci, une entrée en playlist par là. Au lieu de ça, nous avons préféré attendre afin de changer de manager et de label. Nous avons eu le choix : enterrer nos chansons et recommencer à zéro ou les sortir dans un album. Évidemment, nous avons choisi de les publier parce que nous croyons encore aujourd’hui que ce sont de bons titres, capables de toucher les gens, indépendamment des modes. Ces morceaux ont été écrits avec nos coeurs et nos esprits. C’est le fruit d’un travail honnête pour traduire en chanson une collection d’expériences sombres.

CL: Votre style est-il plus proche de groupes de l’Hémisphère Nord que de formations australiennes?
B.K.: Cela dépend de quels Australiens on parle. Je pense que nous avons des textures en commun avec des groupes comme The Church ou les INXS première période. Nous partageons une même sentimentalité brumeuse concernant l’univers et les pouvoirs qui le traversent. Mais c’est aussi vrai que des groupes de l’Hémisphère Nord ont été une grande source d’inspiration et de plaisir. J’ai toujours apprécié les chansons qui exaltaient le côté sombre de la vie et des formations comme The Cure, Depeche Mode et The Smiths m’ont beaucoup apporté. Des groupes américains comme Nirvana, Soudgarde ou Alice In Chains sont aussi une grande influence, pour leur façon de produire des disques authentiquement rock, par des chemins souvent très différents.

CL: Comment définissez-vous votre musique ?
B.K.: J’ai en partie répondu à la question précédente. Je pense que notre musique n’a pas peur de reflèter le côté noir de la vie, avec suffisamment de romantisme pour sentir que l’ont est pas seul. Contrairement à Joy Division, dont les chansons sont magnifiques mais moroses, nous intégrons une pincée d’optimisme dans nos morceaux.

CL: Pourquoi avoir déménagé à Berlin?
B.K.: Nous avions déjà une base fidèle de fans en Australie mais nous avons toujours rêvé d’en faire autant en Europe. Quand nous avons chercher une nouvelle implantation, Berlin est apparue comme la meilleure option. Cette ville grouille d’artistes, de voyageurs, elle est chargée d’histoire et évidemment… de vie nocturne.

CL: Votre nom a-t-il quelque chose à voir avec ce déménagement?
B.K.: Pas vraiment, même si c’est amusant de voir que nous avons boucler la boucle et que nous sommes aujourd’hui tous les 4 des expatriés. Le nom du groupe vient, à l’origine, du fait que j’ai beaucoup bougé en étant jeune dans différentes villes d’Australie et d’Indonésie. Je suis devenu un expatrié en suivant mon père en Asie du Sud Est.

CL: Comment avez-vous été choisis par Placebo pour assurer leurs premières parties cet automne?
B.K.: Nous avons joué ensemble dans beaucoup de festivals cet été et nous nous sommes croisés avant et après les shows. Ils nous ont demandé alors de les soutenir sur deux dates de leur tournée. Le premier concert a eu lieu à Bucarest. Ils nous ont vu sur le côté de la scène. Dans les loges, Brian Molko a stoppé la stéréo et a dis qu’il allait faire une annonce. Il nous a demandé officiellement de les suivre sur leur tournée en Europe en octobre et novembre. Nous sommes presque tombés de nos fauteuils et, évidemment, nous avons dit oui.

CL: Pouvez-vous décrire en deux mots cette expérience?
B.K.: Professionnelle et magique.

CL: Préparez-vous un nouvel album ?
B.K.: Oui, nous avons déjà réalisé quelques maquettes pour ce nouveau disque. Il devrait être plus structuré et atmosphérique que « In the Midst of This ». Nous avons essayé des choses nouvelles: par exemple, nous avons pris des sons de batterie enregistrés en live auxquels nous avons agrégé des effets de synthés. Je ne dis pas que ce sera un album de dance music, je dis juste qu’il aura un son plus dense. Les guitares et la batterie seront moins présentes pour laisser la place à plus d’éléments bizarres…

Propos recueillis par Aymeric Val

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