Fauve : « C’est peut-être la fin de Fauve » Interview Commentaires fermés sur Fauve : « C’est peut-être la fin de Fauve » Interview 268

C’est autour d’une bière et de frittes que les membres du collectif Fauve ont rencontré Concertlive. Détendus et bavards ils répondent sans tabous à leur interview. Rencontre avec les membres d’un projet pas comme les autres.

  • Concertlive : Comment s’est déroulé le processus de création de « Vieux Frères Partie 2 » ?

Fauve : Quand on a fini décrire « Vieux Frère-Partie 1 » on s’est rendu compte qu’on avait beaucoup de morceaux mais on ne voulait pas faire un album qui était trop long. Déjà que « Blizzard » notre ep était lourd à digéré. On préférait faire du 10, 12 titres avec des plages instrumentales pour aérer. On a donc décider de diviser le tout en deux parties dans l’idée de sortir la deuxième partie rapidement après. On a sortie la partie 1, on a pris les routes et en tournée on a continué à composer. Finalement, on a sorti ces anciens morceaux au profit des nouveaux. Le rendu est un mélange des deux. On a enregistré l’album dans la baraque des parents d’un des membres du groupe et pas en studio. Déjà parce qu’on ne sait pas faire mais aussi parce que le studio coûte cher et que nous avançons tous les coûts.

  • CL : Vous vouliez en faire quelque chose de plus lumineux que son prédécesseur…

Fauve : Nos albums reflètent un peu notre histoire et celui de notre quotidien. Au moment de « Blizzard » on vivait une forme de ras-le-bol de notre quotidien. Fauve nous a forcément sorti de tout ça puisqu’on n’a plus à se lever pour aller au boulot, on n’a plus de patron qui nous fait chier, c’est plus cool d’un point de vue quotidien. On voulait que ça reflète ça et c’est le cas, c’est plus positif que les autres albums. Certes certains morceaux restent sombres parce que, même si Fauve a changer notre quotidien, ça ne change pas la vie. Tu as toujours des problèmes, rien n’est jamais parfait. Mais, globalement, il est plus posé. Par exemple « Les Hautes lumières » ou « Talula » n’auraient pas pu figurer sur « Blizzard ». Même de toute façon Fauve n’a jamais été pessimiste ni dépressif. Il y a toujours eu une volonté de se battre et de s’en sortir.

  • CL : Vous vous sentez représentant d’une certaine génération actuelle ?

Fauve : Pas vraiment déjà parce que Fauve c’est un groupe qui divise. Certains aiment, d’autres détestent. Mais aussi d’autre part parce qu’on ne se sent pas du tout comme les portes-paroles de quoi que se soit. Dans Fauve il n’y pas de message. Il y a un propos, des histoires personnelles qu’on raconte. Mais à aucun moment on ne dit que les gens peuvent appliquer ça à leur propre vie. Les chanteurs engagés qui donnent des leçons, ça nous a toujours fait chier. On est pas dans une prise de parole qui dit « voilà ce que pense la jeunesse d’aujourd’hui. D’ailleurs ça se voit aux concerts où l’on voit des gens issus de toutes les générations, des trentenaires, comme des ados ou des parents…».

  • Cl : La vidéo a également une grande place dans la vie de Fauve. Pourquoi ce choix ?

Fauve : On a toujours pensé Fauve comme un projet qui n’était pas que musical. Dès qu’on a enregistré des trucs, c’était très important pour nous de monter un clip et de mettre tout ça en images. Le premier clip c’était « Kané » et ce sont des images de vacances en bord de mer. Mais c’était déjà important à ce moment là. C’est aussi pour ça qu’on dit que Fauve c’est un collectif. Il y a beaucoup de gens qui bossent sur ce projet et qui ne font pas de musique.

  • CL : Concrètement, comment faites vous pour décider des aspects visuels du collectif ?

Fauve : On ne se réuni pas tous autour d’une table pour décider de ce qu’on veut faire. On se réuni à 3, 4 pour en parler. Par exemple, on veut sortir un fanzine et tous les mecs du groupe ne vont pas bossé dessus. Deux ou trois vont s’y mettre avec d’autres membres du collectif. Après il faut que tout le monde assume ce qu’on fait. Dans les paroles de Fauve il n’y a pas une ligne sur laquelle quelqu’un est en désaccord dans le collectif par exemple. Mais on ne peut pas tous bosser ensemble sur un projet. En revanche quand quelque chose est fini, on le montre à tout le monde et si ça ne convient pas à l’un d’entre nous on en discute. Mais en général on est quand même vachement raccord. Il faut quand même dire qu’on travail beaucoup à l’arrache. On fait ça dans le mouvement, c’est spontané.

  • CL : Fauve c’est aussi une expérience complète, que se soit les mélodies, les paroles, mais aussi les décors scéniques et la vidéo. Vous pensez qu’il est important pour les musiciens aujourd’hui d’avoir un univers visuel fort et identifié?

Fauve : C’est difficile a dire. Pour nous oui c’est important mais on fait ça et ça se passe bien pour nous . On fait des disques, des tournées et on est ravi mais on n’a jamais calculé ça pour que ça marche vraiment. On l’a toujours fait par envie, il n’y a pas de stratégie. Du coup on ne sait pas si ce qu’on fait peut être appliqué à d’autres groupes. Je vais parler de mon point de vue de public et pas en tant que Fauve. Je pense que le plus important, ce n’est pas tant que le groupe fasse tout mais que l’image et la musique collent bien ensemble. De là naît une sorte d’univers auquel tu accroches plus. Moi je continue à acheter un peu de musique mais je n’ai pas l’impression que c’est le cas de beaucoup de monde. Si j’achète c’est pour la musique, ce qu’elle représente, si ça m’accroche et si j’ai vraiment envie de supporter le projet.  Aujourd’hui la musique est gratuite. Tu peux télécharger une discographie complète en quelques secondes. C’est encore plus dure de la vendre. Et vraiment je ne parle pas en tant que Fauve, le peu de musique que j’achète est pour défendre les artistes qui me parlent vraiment. Du coup oui peut-être que l’image est importante.

  • CL : Il paraît que vous pensez arrêter Fauve à la fin de cette tournée. Info ou intox ?

Fauve : On tourne jusqu’en septembre et après on n’a rien de prévu. C’est la première fois. Ce qui est certain c’est qu’on ne peut pas sortir un troisième album en février prochain par exemple. On ne le fera parce qu’on n’en a pas envie et parce qu’on n’en ressent pas le besoin. Ce serait chiant que Fauve devienne monotone. On a peur qu’entre albums et tournées ça se répète. On a fait Fauve pour sortir d’une routine, il ne faudrait pas que ça en devienne une. Sinon le sens de ce groupe serait mort. C’est pour ça qu’on a toujours essayé de se renouveler ne serait-ce que sur nos tournées.  Pour l’instant on ne saurait pas quoi faire, donc on ne touche à rien et on verra.

  • Cl : Ce n’est donc pas une fin mais une sorte de pause ?

Fauve : C’est peut-être la fin ou peut-être pas. On ne sait pas; en tout cas c’est la fin de cette partie là. Il y avait la partie 1 et la partie 2 qui conclut. On est arrivé à terme du projet et on verra ce que réserve l’avenir…

Retrouvez Fauve en live sur les festivals de l’été 2015.
Découvrez notre précédente interview avec Fauve.

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