Grand Blanc : « Pour sonner rock garage, faudrait déjà qu’on ait un garage » (Interview) Commentaires fermés sur Grand Blanc : « Pour sonner rock garage, faudrait déjà qu’on ait un garage » (Interview) 229

Concertlive.fr : Comment se passe votre tournée ? 

Camille (chant, synthés) : Nous sommes en tournée jusqu’en août.

Benoît (guitare) : On joue presque toutes les semaines, de une fois par semaine à quatre fois par semaine.

Concertlive.fr : Votre date à Nantes, c’est une date parmi d’autres ou cela vous interpelle particulièrement de jouer avec Psychic TV et avec un musicien aussi mythique que Genesis P.Orridge ?  

Camille : Nous sommes très enthousiasmés à l’idée de jouer à Nantes au Lieu Unique, un endroit dont j’ai beaucoup entendu parler. Le principe de l’évènement me plaît pas mal, surtout l’idée d’être « couchés » pendant un festival. Je n’aurais jamais imaginé partager la scène avec Psychic TV, c’est mythique comme tu dis (sourire).

Vincent (basse) : On joue aussi avec Etienne Jaumet, j’aime bien son groupe Zombie Zombie.

Concertlive.fr : Quelle est l’histoire de Grand Blanc ?

Benoît : On existe depuis deux ans. On est tous originaires de Metz sauf Vincent qui vient de Mantes-la-Jolie. Mais on s’est tous rencontrés à Paris, où on vit. Au départ, on ne connaissait personne à Paris, Metz nous a d’ailleurs beaucoup soutenus à nos débuts. L’image du groupe est de fait très liée à La Lorraine, à l’industrie mais peut être que ce « cachet » s’estompera sur les disques futurs.

Concertlive.fr : Qu’avez vous sorti jusqu’ici en termes de disques ?

Benoît : Un EP sur notre label Entreprise. Nous travaillons actuellement sur des maquettes, rien encore de très précis. On espère sortir un vrai album d’ici quelques mois. Nous espérons nous ménager suffisamment de temps pour préparer de nouveaux titres. 

Concertlive.fr : Finalement, à combien de titres votre répertoire s’élève-t-il au total ? 

Benoît : Un peu moins d’une dizaine de chansons. En concert, on joue un peu plus de 45 minutes. Nous réalisons parfois une reprise de Q Lazzarus,  « Goodbye Horses ». Elle figurait sur la compilation que nous avions réalisée pour la deuxième année d’existence de notre label Enterprise. Sauf que le titre est traduit en français, on voulait recoller à une tradition de chansons un peu 60’s.

Camille : Cette chanson, c’est un peu une blague, on ne l’a pas composée, pas écrite, c’est l’histoire d’un junkie.

https://www.youtube.com/watch?v=S9k7oubzOcI

Concertlive.fr : Plutôt de l’humour à froid, donc…

Benoît : De toutes façons, on a pas beaucoup d’humour donc tant qu’a verser dans l’humour, autant y aller doucement (ricanements).

Concertlive.fr : On vous sent proches d’un certain esprit sardonique punk très 80’s, vous évoquez volontiers cette époque, son atmosphère, ses tee-shirts Joy Division, comment la connaissez vous finalement ?

Camille : On a que 25 ans.

Vincent : On a été inspiré par le revival 80’s d’il y a deux ans. Pour nous c’était facile de se tourner vers cette période. On a beaucoup écouté des groupes comme Future Islands, avec des boîtes à rythmes un peu « cheap ».

Concertlive.fr Pourquoi d’après vous n’a-t-on pas l’impression d’entendre un groupe de rock français lorsqu’on écoute Grand Blanc ? 

Benoît : Les années new wave, c’était une époque, on l’oublie souvent, où pas mal de groupes ne chantaient pas toujours en anglais, que ce soit en Italie, en Grèce… C’est d’ailleurs aussi pour cela qu’on s’est tournés vers le chant en français. Nos valeurs, en quelque sorte, c’est l’innovation, l’indépendance et la pop en français. 

Camille : Paradoxalement, nos références ne sont pas forcément françaises.

Benoît : Le rock old school, ce n’est pas notre truc. Nous sommes d’avantage proches de la pop. On compose beaucoup par ordinateur. 

Vincent : Notre façon de créer se rapproche beaucoup de l’electro. On superpose des sons, des synthés et des boîtes à rythmes, dont on « gonfle » le son. Pour faire du rock garage, il faut un garage et c’est trop cher à Paris. 

Benoît: A Nancy, il y avait Kas Product, une de nos influences majeures et depuis, dans la région, il y a une bonne scène indépendante, des groupes comme Scorpion Violente avec des synthés sales et saturés, The Feeling of love ou The Dreams et leur album « Morbido LP », qui évoluent entre Metz et Strasbourg. The Dreams, ce sont nos aînés de quelques décennies. Avec eux, c’était la première fois qu’on voyait des gens faire quelque chose avec l’ennui et la mocheté relative d’où l’on vient. Mais nous, comme nous ne sommes pas « keupons », nous avons voulu étendre ce côté pince sans rire.

Concertlive.fr : Vos clips sont presque des petits courts-métrages, le cinéma ça vous intéresse ?

Camille : Le premier clip, celui de « Samedi la nuit », a été réalisé très vite. C’était juste l’un de nos premiers concerts, à l’Espace B à Paris. Ensuite, « Degré zéro », on l’a fait avec un californien qu’on avait justement rencontré à ce concert de l’Espace B. On a fait quelques repérages à Metz avec notre manager Yannick, il y a même son parrain qui joue dans le clip. 

Le dernier clip, celui de « L’homme serpent », je l’ai écrit avec mon copain, on l’a fait à quatre mains, avec deux autres amis.

Benoît : Au cinéma, on aime beaucoup la science fiction, des choses comme Tarkowski et Stalker en ce moment. Ce qu’on aime dans ce genre, c’est sa faculté à changer les choses informes du quotidien. On va bientôt aussi se faire un cycle « Mad Max ».

On est également très imprégnés de philosophes comme Hans Jonas qui ont été marqués par les grandes catastrophes type Hiroshima. Comme dans le cas de la science-fiction, le but de la philosophie peut être aussi de donner des images du futur pour que les gens réfléchissent. On essaie d’ordonner notre passé, de projeter des images fantasmées pour mieux être nous mêmes.

En concert au Lieu Unique à Nantes le 26 mars 2015. 

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