INTERVIEW: Scorpions, « Nous reviendrons en France pour un ultime concert » Commentaires fermés sur INTERVIEW: Scorpions, « Nous reviendrons en France pour un ultime concert » 641

CL : Pourquoi avoir choisi de mettre un terme à votre carrière avec ce nouvel album “Sting in the Tail”?

 

Klaus Meine: parce que cela fait déjà 40 ans que nous sommes dans cette épopée folle. Et a pensé que ce serait peut être le bon moment de mettre un terme à notre carrière, avec un album, suivi d’une tournée à travers le monde. Plutôt que de faiblir. En ce moment on joue dans les ans entre 60 et70 spectacles à travers le monde. On veut garder la forme jusqu’à la fin et ne pas décevoir nos fans.

 

Vous venez de sortir ce disque, mais du coup, pour quand est programmé le dernier concert ?

 

Klaus Meine: on ne sait pas quand cela va s’arrêter. On sait juste que cela va  débuter en Europe, et on y reviendra en fin d’année. Entre temps, on sera aux Etats-Unis cet été, en Amérique du Sud. Après   cela on partira en Asie… En ce moment c’est difficile de dire où sera le dernier concert à proprement parler: à Bercy, au Canada, New York ou à Moscou! Quand on arrivera à la fin du chemin, on en saura plus, sur la manière dont cela va se mettre en place, si on jouera un dernier grand concert, ou si on fera une série de grands concerts.

 

Rudolf Schenker: l’important pour nous c’est de commencer la tournée, de jouer à l’Olympia, et de créer notre show pour les fans. Ce qui va se passer après, c’est une autre histoire.  On est très heureux aujourd’hui avec notre album.  Ce qui compte c’est la sortie de cet album, qui est un disque de qualité, avec de grandes chansons. Ce qui se passera après, et comment on va finir la tournée, on verra après.

 

Klaus : Nous avons tant de fans dans tous les endroits du monde, que tout le monde nous demande de faire le dernier show dans leur ville: Athènes, Sao Paolo… en Russie. On a juste donné un concert il y a deux jours à Moscou, c’était  fantastique. Les  fans nous attendaient à la sortie de l’avion, avec des fleurs. On sent qu’il y a une très forte émotion à nous voir partir. Pour nous, faire le dernier concert a une telle importance pour les fans, cela représente quelque chose de très importante. Et ce sera pour nous quelque chose de très touchant aussi, car après tout, on parle de nos vies quand même!

 

Rudolf: En attendant le dernier concert, on veut vivre un grand moment avec nos fans. Le disque est déjà bien classé dans les charts, sur Itunes, par exemple. C’est plus important de parler du présent que d’anticiper le futur. Tout peut changer d’une minute à une autre… Parlons du présent!

 

Saviez-vous que « Sting in the Tail » serait le dernier disque quand vous l’enregistriez ?

Klaus: Pas du tout. On voulait faire un nouvel album, et on voulait faire un disque réalisé en Europe. Le dernier album était très américain, produit là-bas. C’était un album concept, autour de l’humanité. Ce coup ci, on voulait faire juste un album sans un grand message, mais simplement qui « rock ». On s’est concentré  à faire un bon disque, en s’amusant, et qui ressemble à du Scorpions. On a trouvé bon producteur, pour donner le son que nos fans attendaient, et on jamais pensé que c’était notre dernier album. A présent quand on écoute « The Best is yet to come », qui est la dernière chanson de l’album, cela a un côté « émotionnel », mais ce n’était pas l’idée quand on l’a écrite. On n’avait pas du tout l’idée que ce serait le dernier album. On a essayé de garder la pression loin de nous, et on n’avait rien à prouver. On voulait juste donner un disque qu’on aime nous même. On voulait donner le meilleur de nous même, et Rudolf et moi on avait toujours à l’idée de faire les plus belles chansons possibles.

 

Pour cette dernière tournée, prévoyez-vous surprises sur scène ?

Rudolf: II y aura des surprises. On est encore en train de préparer le spectacle. Les grandes parties sont déjà en place, mais les surprises sont des surprises si on les garde secrètes! On veut donner de l’émotion à nos fans et un grand spectacle, avec des chansons des 70, 80 et 90 mais aussi de cet album, bien sûr. On veut que les gens rentrent chez eux en se disant: c’était une supe soirée!

 

Klaus: Concernant la célèbre pyramide des Scorpions, on prend cela avec humour. Mais croyez-le ou pas, à Moscou, il y a deux jours, nous l’avons faite! On n’avait pas fait ça depuis les années 80. On s’est tellement amusés. Il ne faut pas prendre ça trop au sérieux, bien sûr! On a fait cela à nouveau sur scène et ça nous a ramené dans les années 80.

 

Vous jouez souvent à Strasbourg. C’est une ville que vous appréciez particulièrement ?

Klaus : C’est une grande venue pour nous, car c’est un point central pour tous les pays autour, d’Allemagne, ou de Suisse… On travaille avec notre promoteur à Mulhouse, et c’est lui qui replacé Scorpions sur la carte de France depuis quelques années. C’est une super audience. La dernière fois qu’on y a joué il y avait environ 12 00 personnes… En mai notre concert aura lieu à l’Olympia, une salle mythique où Edith Piaf à Johnny Hallyday, on jouté… mais tout les grands ont joué là. Les Beatles y ont joué pendant une semaine! Ce ne sera toutefois pas notre dernier show à Paris, car nous allons continuer de tourner, et je suis sûr qu’on revient à Paris pour un grand rendez-vous. Ce sera une occasion pour nous de dire au revoir à nos fans.

 

 

Wind of Change a-t-elle changé vos vies en tant qu’artistes ?

Klaus : En tant que compositeur, on ne peut pas demander plus que cette chanson ? Wind of Change  était au départ juste un des ballades que nous avions écrites,  avec « Style Loving You », qui est devenu un grands succès, en particulier en France.  C’était difficile d’arriver à ce niveau de succès d’ailleurs. Mais ce qui a fait de cette chanson quelque chose de spécial, c’est le calendrier. C’était le bon message dans cette chanson, qui a été inspiré parce que nous avons vu en 1988 à Leningrad en tant que groupe allemand. Aussi en 1989 à Moscou. Bon Jovi était là, Ozzy Osbourne, Motley Crew. Ils ont eu du bon temps… mais pour nous c’était quelque chose de plus émotionnel. A cause de l’histoire germano-russe. Nos  à Moscou. Mais pour un groupe allemand, jour en Russie a un autre sens. Nos parents étaient venus avec des tanks, et nous sommes venus avec des guitares.  Nous avions vécu dans l’ombre du mur de Berlin toute notre vie. C’était pour nous un sentiment d’espoir que nous faisions passer à travers cette chanson. Et personne ne savait que quelques mois plus tard le mur de Berlin allait tomber. Tout cela a fait de cette chanson quelque chose d’universel.

 

On retrouve sur « Sting in the Tail » des flash back et clins d’œil aux anciens tubes, avec « Sly »…

Klaus : Quand on vient en France, les fans nous disent qu’ils ont appelé leur fille Sly (acronyme pour « Still Loving You », ndlr), parce qu’ils ont fait l’amour sur cette chanson!  J’ai pensé que ce serait amusant d’écrire une chanson sur cette fille et de faire la connexion avec notre histoire et nos fans, en France. Nos fans pourront pour les plus jeunes découvrir Sly, mais aussi « Still Loving You » et remonter dans le passé. Rudolf a écrit l’intro de guitare qui nous emmène instantanément dans les pas de « Still Loving You ».

 

Après la fin de votre carrière, quels sont vos projets ?

Rudolf: La fin n’est pas là pour le moment. Ce n’est pas important de faire des prévisions. L’important c’est de vire le moment présent.

 

 

Alors que vous vous arrêtez, d’autres groupes de votre génération reviennent. Doivent-ils s’arrêter ?

Klaus :  Les « vieux groupes » ne doivent pas s’arrêter! Mais dans le cas d’ACDC, par exemple, ils ont un long break de 8 ans. Ils pourront peut-être continuer encore à jouer, mais ils avaient toutefois fait une longue pause salvatrice. Pou notre part, nous n’avons jamais fait de break depuis nos débuts. Tout le monde doit prendre cette décision de s’arrêter un jour. Nous sommes les premiers à le faire dans notre génération. On a pris notre pied, mais voilà, c’est fini. Et chaque groupe devra faire cette décision. Nous n’aimons pas que les groupes s’arrêtent en se brouillant… On ne veut pas que ça se passe comme cela. Nous préférons prendre les devant et faire ça proprement, et avec raison. Les groupes trouvent eux même leur destinée, mais nous voulons pour notre part finir notre carrière au top et pas décliner devant notre audience.

 

Propos recueillis par Nathalie Paul

 

 

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