Interview:The Parlotones, pop rock à la sauce Kubrick Commentaires fermés sur Interview:The Parlotones, pop rock à la sauce Kubrick 413

CL : Votre nouvel album « Stardust Galaxies » sort en juin ?

Kahn Morbee : Il sort le 7 juin, C’est un mélange de rock et de pop indy, il est à la fois très énergique et mélancolique. Il y a des choses qui remontent le moral, d’autres qui parlent d’amour, d’autres sont inspirées par la société ou par des livres qui m’ont touché. Certains des thèmes abordés dans l’album peuvent sembler banals, mais on essaie d’écrire des choses auxquelles les gens puissent s’identifier. En fait, beaucoup de choses se sont faites inconsciemment au travers d’expériences personnelles ou des choses lues ou entendues au quotidien. D’un point de vue sonore par contre on a bénéficié de notre propre expérience du studio aussi bien que de la scène accumulée pour tenter des choses plus orientées vers la recherche de timbres différents. On s’est longuement penché sur le matériel utilisé en studio pour en tirer le meilleur. Je me suis acheté pleins d’instruments pour travailler l’orchestration de l’album. Un Lapsteel et des mandolines entre autres. On essayé pleins de pédales d’effets, d’instruments et d’autres outils technologiques. Nos albums précédents étaient très organiques, directs, c’était juste quatre musiciens et leurs instruments et, j’avoue, à l’époque on n’y connaissait rien en matériel. Là, on a essayé de se confronter à la technologie. On sait très bien qu’on ne va pas se réinventer totalement à chaque fois, ne serait ce que parce qu’on n’a pas envie de perdre nos fans en leur donnant quelque chose  de complètement différent. Si tu donnes un ananas à quelqu’un et qu’il aime ça, il n’y a pas de raison de le forcer à manger autre chose ! Mais tout en gardant notre identité artistique on aime aussi rafraîchir notre musique en ajoutant des couleurs et des formes nouvelles. Et donc sur ce nouvel album, notre son est toujours identifiable mais avec des « épices » en plus. À ce jour c’est vraiment notre album le plus abouti.

 

CL : Quelle est votre « direction dans la vie » ? (réf. au premier single tiré de l’album « life design »)

KM : J’essaie de rester en accord avec moi-même. Mon objectif premier c’était la musique,  ça a toujours été mon rêve de faire de la musique mon métier et de toucher un maximum de gens par la musique. Et c’est exactement ce qui est en train de se passer. Mais ça ne représente qu’une partie de mes objectifs. Il y a aussi plein de trucs apparemment plus simples qui comptent pour moi, comme fonder une famille, avoir des enfants, une maison. Personne ne sait ce qui nous arrive quand on meurt, si jamais il n’y avait rien ce serait dommage de ne pas avoir fait tout ce qu’il aurait été possible de faire. Il y a vraiment plein de choses que j’aimerais pouvoir faire, comme savoir parler plus de deux langues et découvrir le monde au maximum. J’ai déjà la chance de ne pas faire tous les jours quelque chose que je déteste.

 

CL : Que s’est-il passé lors de votre concert à Dubaï ? Apparemment il y a eu des soucis pour passer la douane ?

KM : Deux d’entre nous ont des passeports européens et les deux autres des passeports sud-africains. Pour rentrer à Dubaï, il faut des visas quand on est Sud-Africain, l’organisation du concert avait oublié de les demander donc on s‘est retrouvé à deux sur place, Neil Pauw (le batteur) et moi. On a baptisé le concert « the Parlostraps » en hommage aux White Straps. C’était très intéressant musicalement comme version. Mais sur place beaucoup de choses n’avaient pas été réfléchies. C’était un concert en extérieur et à Dubaï la prière est un moment très important. Donc dès que l’heure de la prière arrivait, il fallait interrompre le concert pour ne pas couvrir le Muezzin. Beaucoup des groupes présents ont été retardés et ça a pris la journée. Mais je pense que la prochaine édition sera sûrement plus cadrée !

 

CL : Quand tournerez-vous en France ?

KM : Nous commençons la tournée mondiale en octobre et la France en fera partie bien sûr. Les dates ne sont pas encore fixées et certaines dépendront de l’accueil fait à notre musique quand l’album sortira. Pour l’instant, peu de radios passent notre musique, la presse par contre s’intéresse beaucoup à nous, mais on ne sait pas du tout comment le public va réagir, ni même si les journalistes que nous voyons vont réellement écrire sur nous. Mais nous serons en Europe fin septembre et en octobre et donc de toute façon en France.

 

CL : Vous êtes très impliqués dans la Coupe du Monde de football 2010 en Afrique du Sud ?

KM : Neil (Le batteur) et moi sommes de vrais fans de foot!  On a commencé quand on était gosse à jouer sans jamais arrêter. On joue tous les deux dans un petit club de Johannesburg, quand on a la chance d’être là-bas ce qui n’est pas arrivé depuis un moment. Et nous nous retrouvons ambassadeurs de la Coupe du Monde en Angleterre et nous aurons l’énorme chance de jouer pour le grand concert d’ouverture  le 10 juin 2010. C’est le plus gros concert de nos vies. On nous a dit que des milliards de gens regarderaient. Pour combattre le trac on dit souvent qu’il suffit d’imaginer que les gens en face sont tous nus… Là, ça va être difficile de faire ça avec un milliard de personnes !

CL : Vous souvenez-vous d’une « erreur gigantesque » avec le groupe ? (réf. à la chanson « Giant Mistake » sur leur album précédent : « A world next door to yours »)

 

KM : À part le fait que régulièrement j’oublie mes paroles en concert et que je les remplace par des onomatopées comme les jazzmen ?! Il y a bien aussi cette fois où on n’avait pas été très attentifs à notre date de départ pour un concert. On est arrivés à l’aéroport à la bonne heure mais le lendemain du jour de notre départ et on nous a annoncé « Votre vol est parti hier messieurs ». Au final on s’est débrouillés, on est finalement arrivés à bon port et on a joué quand même, c’était le principal !

 

CL : Quand on regarde vos photos on peut se demander si vous n’auriez pas un faible pour Orange Mécanique ?

KM : J’adore tous les films de Kubrick, mais en effet mon maquillage est inspiré par ce film. Il y a même des moments où j’ose le chapeau melon, mais je n’irai pas jusqu’à porter une canne et à ne m’habiller qu’en blanc, c’est plus un clin d’oeil à la culture pop en général. J’aime le côté iconique de l’imagerie pop. C’est un peu la même démarche avec le mégaphone qui est devenu notre logo et que j’utilise sur scène. J’avais vu pleins de groupes pop l’utiliser et non seulement ça sonne bien, le grain de la voix est vraiment particulier, mais en plus ça a un impact visuel très fort. C’est devenu notre signe de ralliement pour ces raisons-là. Dans le DVD Live Design, on peut voir aussi les projections pendant le concert de photos de nous quatre traitées comme le faisait Andy Warhol dans ses portraits de Marilyn, Liz Taylor ou la Joconde.

 

CL : Votre musique est-elle principalement « internationale » où y a-t-il quelque chose de spécifiquement africain qui la singularise ?

KM : Nous sommes plutôt dans une démarche « internationale », nous avons grandi avec le rock et la pop qui venaient des Etats-Unis, d’Angleterre et de beaucoup de groupes australiens.  On écoutait Crowded House, Midnight Oil, INXS, Powderfinger, The Smith, the Cure. Tous nos potes qui partaient au Royaume-Uni ramenaient des disques et on faisait circuler des cassettes. Alors oui, bien sûr il y a des choses qui sont africaines, mon accent, certains des thèmes que l’on évoque, comme dans « Should we fight back » sur « Stardust Galaxies » qui est un titre inspiré du livre de Nelson Mandela « Un long chemin vers la liberté». Mais à part cet héritage culturel, nous cherchons avant tout a être un groupe capable de s’adresser au plus grand nombre, même les extra-terrestres !

 

Propos recueillis par JL Parot

Photos NPaul

Voir les photos du concert à la Flèche d’or

 

 

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