July Talk «  La musique pop est un langage que tout le monde parle » (Interview) Commentaires fermés sur July Talk «  La musique pop est un langage que tout le monde parle » (Interview) 158

Concertlive.Fr : Comment décririez-vous votre musique à ceux qui ne vous connaissent pas ?

Leah : rock’n roll et chaos et beaucoup de dynamique.
Peter : Notre but est de marier l’intensité et le chaos. Nous venant tous d’horizons musicales très différentes et il était important pour nous que notre groupe soit un peu flippant, un peu chaotique et un peu fou en même temps en gardant une espèce d’intimité silencieuse.

CL : Tu parles d’horizons différentes. Quels univers musicaux aviez-vous avant July Talk ?

Peter : On vient chacun de quelque chose de différent. Je ne vais pas parler pour toi Leah. De quel univers viens-tu ?
Leah : J’avais un groupe un peu merdique au lycée. (rires) J’ai commencé à y composer des chansons et on essayait de faire des morceaux doux et larmoyants avec une de mes amies et c’est ce que je faisais quand j’ai recontré Peter.
Peter : Je jouais dans un groupe avec Daniel, notre batteur. Il aimait le rock garage. Notre groupe était influencé par Springtsteen et les Clash. Josh, le bassiste a vraiment tout changé. C’est lui qui écrit nos textes et réalise nos clips. Il avait un groupe de hardcore un peu dans la lignée des Blood Brothers. Et puis il s’est mis à vraiment aimer l ‘écriture de chanson plus pop. Et moi je venais d’un groupe très punk et plein d’énergie. Mais à l’époque je ne me préoccupais pas du fait que la mélodie retienne l’attention ou qu’elle soit dansante. Je pense que c’est ce que Josh a changé. Il s’est mis à composer en ayant en tête qu’on pourrait avoir un public. Il a donc utilisé les mélodie et la tension musicale d’une manière plus calculée. Et c’est pour que le public se sente plus concerné qu’on a commencé à chanter des morceaux plus pop.
Leah : Parce que la musique pop est un langage que tout le monde parle. C’est bien de garder ça en tête.

CL:Revenons sur les débuts du groupe. Vous vous êtes rencontrez dans un bar n’est-ce pas ?

Leah : J’étais en tournée en Europe. Nous conduisions un van et je pensais que j’avais envie d’écrire de nouvelles chansons. Leah a commencé à vouloir écrire ses morceaux quand elle était à l’université. De mon côté je pense que l’envie de composer devient rapidement une addiction. Ca te traverse le corps et c’est tout ce à quoi tu peux penser. Je rentrais donc de cette tournée d’été et j’ai débarqué dans ce bar complètement bourré et Leah était là.
Leah : Complètement bourrée aussi.
Peter : C’est vrai elle était saoule mais elle ne veut jamais admettre quand elle est bourrée.(rires) Elle jouait de la guitare en portant un casque de vélo et elle chantait avec une amie à elle. Comme vous pouvez l’imaginer je me suis juste dit ‘whao’. Sa voix m’a fait me sentir vulnérable. J’ai l’impression que beaucoup de chanteurs, homme comme femme, chantent souvent dans l’espoir que les gens se disent qu’ils ont une voix cool.  Alors ils claquent des doigts et sont tout essoufflés et ils chantent vraiment pour impressionner les gens. Mais la voix de Leah donnait plutôt l’impression qu’elle parlait en mélodie ce que j’ai beaucoup aimé. Je lui ai d’abord pris la guitare et je lui ai joué un morceau de mon groupe « The Garden » et je lui ai dit «  j’aimerai vraiment faire de la musique avec toi. Tu veux qu’on aille s’acheter des frites et qu’on en parle ? » Elle m’a dit non et s’est moquée de moi. Et puis quelques soirs plus tard je suis encore tombé sur elle et j’ai insisté. J’ai fini par la convaincre de venir chez moi. C’était un vendredi matin et je lui ai fait écouté les morceaux que j’aimais et elle me disait ce qu’elle en pensait. Et on s’est mis à essayer d’écrire des paroles ensemble ce qui n’était pas facile. Mais très vite on a décidé de devenir ce groupe de rock chaotique.

CL : Et pourquoi le groupe s’appelle-t-il July Talk ?
Peter
: July Talk était le nom d’un titre de The Garden. J’avais appelé ce titre « July Talk » parce que
c’est supposé être une forme de discussion. Le genre de discussion qu’on aurait en juillet. C’est une manière de parler. Parce qu’en juillet, beaucoup de drames se déroulent. Quand on est adolescents on est pleins de rêves, on prend de la drogue, on boit de l’alcool et on tombe amoureux et on n’arrête pas de faire l’amour. Et en septembre tout ça est oublié. Donc l’idée de July Talk était de s’insérer dans ces rêves d’adolescence. C’était l’idée de la chanson. Ensuite pour le groupe on était passé par tellement de noms que quand il a fallu en choisir un, ça n’avait plus de sens de prendre un nom qui existait déjà dans notre monde. Les autres noms nous paraissaient forcés.

CL : Qui écrit les chansons et comment travaillez-vous les titres ?
Leah
: On doit tous se réunir loin de la ville et de la société. Nous restons dans une cabane pendant au moins deux semaines. Tous les matins on se réunis. Nous recréons la vie en studio et confrontons nos idées. Tout le monde commente sa participation. Parfois c’est difficile mais c’est la seule façon qu’on a trouvé pour se mettre tous d’accord. C’est ce qu’on a fait pour notre album qui est déjà sorti en France et c’est ce que nous ferons pour notre prochain album.

CL : Parlons de vos clips. Vous utilisez beaucoup de noir et blanc. Pourquoi ce choix ?

Leah : J’aimerai que Josh soit là c’est lui qui réalise les clips. Mais l’idée vient souvent de Peter ou de Josh. Le noir et blanc nous permet de garder un concept très simple. Et cette décision, nous l’avons eu dès le début. Nous savons que l’image d’un groupe est très importante aujourd’hui parce qu’il est facile de se perdre dans tout ce qui sort.  Nous voulions que nos personnalités ressortent bien. Et puis ça nous rappelait nos icônes des années 50 et 60. Quand on pense à eux, on les imagine en noir et blanc et c’est quelque chose qui ne se fait plus trop aujourd’hui.
Peter : Nous ne voulions pas créer quelques chose de rapide ou facile mais nous voulions créer quelque chose d’iconique. De plus avec nos deux voix, le projet de ce groupe est très symétrique. Même sur nos morceaux nous chantons autant l’un que l’autre. Donc le noir et blanc représentait nos  deux partis. C’est très cohérent avec notre projet.

CL : En parlant d’image, une véritable alchimie se dégage au travers de vous deux. Comment le vivez vous ?

Peter : Nous ne discutons pas de ça en dehors des interviews. Dès que nous avons commencé à travailler ensemble, nous savions que nous ne devions pas en parler. Mais ce qui est important c’est que nous nous faisons confiance. Je me rappelle d’une fois où j’ai accidentellement frappé Leah avec ma guitare sur scène. Dans ce genre de moment je m’en veux vraiment parce que nous avons établie une relation si forte et si intense qu’on sait que l’autre veille toujours sur nous. Mais nous essayons également de nous challenger mutuellement.

CL : Vous avez joué au Batofare à Paris. Qu’avez-vous pensé de ce concert ?

Peter : On a joué sur un bateau. J’ai besoin de le dire et de le répéter. C’était vraiment dingue parce qu’on ne peut pas passer de mauvais moment sur un bateau. A part dans ce film « En pleine tempête »  peut-être. Ce n’était pas un bon moment sur un bateau. J’ai toujours voulu jouer sur un bateau. Le son y est totalement différent. Tout est si calme parce qu’on est sous l’eau déjà. Et puis il y a cette énergie qui se dégage. Même s’il ne bouge pas, on a cette impression qu’on pourrait connaître chaque personne dans le public. Dans un bar tout le monde peut partir, aller fumer. Mais là on a cette impression que personne ne peut partir. J’ai vraiment passé un super moment et c’est l’un de mes préférés sur notre tournée. Le public était super. Je me sens vraiment heureux malgré ma gueule de bois mais j’ai un remède (NDLR : il boit une gorgée de bière).

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