Last Train : «  Brute, c’est comme ça qu’on se définit » Commentaires fermés sur Last Train : «  Brute, c’est comme ça qu’on se définit » 455

  • Concertlive : Radio Elvis avec qui vous avez tourné en 2015 grâce au Printemps de Bourges, vous comparait lors d’une interview à Nirvana en disant que vous étiez plus brute et rock et moins lisse que ce qui se fait actuellement. C’est quelque chose que tu ressens ?

Julien Peultier : Oui c’est exactement notre volonté. Même si Nirvana n’était pas forcément notre grosse influence. On n’est pas de grands musiciens, on a appris à faire de la musique ensemble au fil des années. Ça fait de nombreuses années qu’on en fait donc on commence à savoir un petit peu jouer mais notre force n’est pas là. On mise beaucoup sur les émotions et sur notre côté brut. C’est aussi pour ça qu’on n’a pas de clavier ou de sample. Brute, c’est comme ça qu’on se définie. Et honnêtes aussi parce qu’on joue avec nos couilles (rires), notre cœur … Sur scène on n’hésite pas à se mettre en dangers. C’est notre côté Nirvana, on s’en fout.

  • CL :Le rock’n’roll a d’ailleurs été marqué par beaucoup d’artistes qui n’étaient pas d’excellents musiciens mais qui misaient sur autre chose..

J.P : Oui, Kurt Cobain par exemple disait ‘ J’ai appris à faire un accord de puissance et ensuite je peux faire toutes les chansons que je veux, il suffit de le déplacer sur le manche’. C’est aussi ça le rock.  Un journaliste avait d’ailleurs dit de nous, qu’un concert de Last Train sans problèmes technique c’est pas un concert de Last Train.

  • CL : Vous avez commencé à jouer ensemble très jeune. Quelles ont été les étapes importantes de Last Train ?

J.P : Il y en a eu beaucoup. C’est ce qu’on dit, on s’est trouvé au fil du temps. Quand on a commencé, on faisait beaucoup de chansons pompées d’un artiste. C’est à dire qu’on écoutait un artiste pendant une semaine qu’on adorait  et on se disait ‘on fait une chanson’ et elle ressemblait énormément à cet artiste. A l’époque c’était Sum 41, Nirvana ou encore Led Zeppelin. Au fur et à mesure, on a réussi à se trouver et maintenant, on considère qu’on a notre maturité musicale. On fait énormément de concerts, c’est ce qui nous plaît et c’est là aussi qu’on construit nos chansons et qu’on les emmène dans des directions. Quand on compare nos morceaux et la façon dont on les jouait il y a un an et demi, on constate qu’il y a eu beaucoup de changements. On sent qu’on a progressé, on s’applique de plus en plus…. Pendant toutes ces années, on se retrouvait toutes les semaines pour jouer de la musique ensemble. Les concerts n’ont quant à eux commencé sérieusement il y a seulement deux ans.

  • CL : Vous avez déjà votre propre label. Pourquoi l’avez-vous crée ?

J.P : On l’a fait parce que personne ne faisait ça pour nous. C’était début 2014, on jouait ensemble depuis 5 ou 6 ans et on s’est demandé, « Est-ce qu’on va continuer comme ça ? » . On faisait de petits concerts dans le coin en Alsace mais on s’est dit qu’on voulait faire quelque chose de plus gros et de plus cohérent. Le but était de sortir de chez nous et de montrer notre musique à d’autres personnes. C’est la décision qu’on a prise. A partir de là on s’est réparti les rôles entre production, booking,  vidéo. On a sorti un Ep et on est revenu avec une tournée de 15 dates. Après ça on s’est retrouvé sur une tournée européenne de deux semaines. Alors qu’à la base on était vraiment un petit groupe local avec une centaine de fans. On a réussi alors que personne le faisait pour nous et ça nous a permis de vivre nos rêves. Ça nous a plu et on a pris cette ambition de le faire pour d’autres groupes.

  • CL : Aujourd’hui beaucoup d’artistes créent leurs propres labels préférant ce genre de structures aux grosses maisons de disques. Tu penses que c’est quelque chose d’ancré dans la génération de Last Train ?

J.P : C’est intéressant comme question. Je pense qu’il faut trouver des alternatives et ne pas simplement faire confiance aux maisons de disques et il y a cette envie, qui a toujours existé du « do it yourself » en trouvant d’autres chemins. Il y a moins cette envie d’être dans une major qui met des grosses sommes sur un artiste et plus cette envie d’avoir un projet et de le prendre en main de A à Z. C’est l’envie de se battre pour réaliser ses rêves malgré le peu de moyens. Ça peut sonner cliché mais c’est la réalité. C’est vrai qu’il y a beaucoup de labels indépendants qui malgré tout lorsqu’ils commencent à grossir se font racheter par une major. Mais il y a aussi ceux qui vivent comme le notre et c’est une bonne chose parce qu’il y a une alternative. C’est cool parce qu’il se passe quelque chose de différent.

  • CL : Internet aide aussi. Le public aujourd’hui porte les groupes et ça peut être lui qui porte un projet…

J.P : Oui exactement. D’ailleurs Internet permet de créer une espèce de proximité avec le public. On est certes proches des gens en faisant beaucoup de scène mais on a aussi une page Facebook. On parle beaucoup avec nos fans, on répond aux commentaires. Je pense que le public a besoin de cette proximité. Ils ne veulent plus de ce côté artistes inaccessibles, du type acheter simplement un disque à la Fnac  ou voir de la publicité dans les métros. Les gens veulent des relations plus terre à terre. Les gens nous aiment beaucoup parce qu’on prend toujours le temps d’aller discuter avec eux à la fin des concerts et c’est un truc auquel on met un point d’honneur parce qu’on ne fait pas de la musique juste pour vendre des disques. On veut connaître les personnes qui écoutent notre musique, discuter avec eux des chansons. Quand on nous dit du bien d’un titre, ça nous fait très plaisir.

  • Cl : Quand on interagie beaucoup avec ses fans comme ça, est-il facile de garder une part de liberté et de ne pas vouloir créer selon les attentes du public ?

J.P : C’est un truc un peu inconscient. Quand on nous demande nos influences, on ne sait pas quoi répondre parce qu’on en a énormément. Je pense que c’est un peu la même chose avec le public. Effectivement les réaction en concert peuvent nous donner des pistes parce que tu te rends compte qu’une prochaine chansons sera dans un esprit différent si elle ne marche pas sur scène. On ne se pose pas tellement la question de savoir comment on va faire une chanson ou pourquoi. On y va juste.

 

https://youtu.be/DHzphZJ5_1U

 

Découvrez notre live report du concert de Last Train au Printemps de Bourges 2016.

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