MGMT : « Au début, on quittait la scène et on ne revenait pas ! » [interview] Commentaires fermés sur MGMT : « Au début, on quittait la scène et on ne revenait pas ! » [interview] 181

CL : Vous n’avez pas tourné en France depuis très longtemps. Néanmoins vous choisissez de revenir cet été pour une tournée des festivals. Pourquoi ce choix ?

Andrew Vanwyngarden MGMT : Nous n’avons pas de tournée des festivals en Europe depuis un certain moment. Je pense que la dernière fois c’était en 2010. Il est vrai que nous aurions pu faire un show à Paris à la place. Mais c’est bon de revenir pour les festivals d’été. C’est une bonne manière de passer le mois de juillet.

CL : En quoi est-ce différent d’un concert bien à vous ?
AV : Lors de nos propres concerts, le public nous reconnait (rires). Chaque concert que l’on joue est un résumé des trois albums. Je pense qu’en festival  c’est une énergie sur scène que l’on tente de transmettre au public. On le fait aussi dans nos propres salles mais différemment. Notre tournée comprend beaucoup d’éléments visuels et d’écrans qui donnent également une note différente aux shows. Malheureusement ce soir (Déferlantes d’Argelès, ndlr), à cause du vent, nous ne pourrons pas les mettre en place.

 

CL : Ca va vous poser problème pour le set de ce soir ?
AV : Ça ira. On a déjà joué sans.  Même  si ça nous aide beaucoup de les avoir derrière nous.

CL : Quel es ton meilleur souvenir sur scène ?
AV : C’est difficile de n’en avoir qu’un.  Je pense que celui qui me vient à la l’esprit est assez fou. C’était la première fois qu’on a joué au Coachella en 2008. C’était le premier grand festival que nous faisions. Nous ne savions pas vraiment ce que nous devions faire su scène et nous nous comportions encore comme nous le faisions à la Fac. A l’Université on avait l’habitude de s’enfuir en plein concert et ne pas revenir ou faire des blagues bizarres. Donc à ce show je me suis mis à courir dans la foule. Ce qui était cool puisqu’à l’Université les gens me suivaient et couraient avec moi. Mais cette fois-là je me suis retrouvé encerclé par la foule (rires). C’était vraiment différent de l’Université mais c’était une expérience très drôle.

CL : Parlons du nouvel album. L’avez-vous nommé «  MGMT » parce qu’il définit votre groupe ?

AV : On ne l’a pas appelé ainsi pour cette raison. C’était plutôt une sorte de private joke.  C’est un cliché. Beaucoup de groupes font ça. C’est la même chose pour notre deuxième album « Congratulations ». Le titre était également une blague entre nous. Mais je pense quand même que c’est l’album le plus personnel que nous ayons fait. Donc dans un certain sens il nous représente effectivement bien.

CL : Qu’est ce qui t’inspire quand tu composes ?
AV : Beaucoup de choses. Je prends beaucoup de notes dans la vie de tous les jours. J’essaie également de lire beaucoup de livres et de poésie quand j’écris. Pour cet album j’ai notamment beaucoup lu de Philippe Soupault qui est un poète surréaliste. J’ai aussi lu Kafka que j’ai beaucoup aimé.

CL : Vous avez mis trois ans à sortir un nouvel album.  Comment s’est passée la création de « MGMT » ?

AV : Nous n’avons pas passé les trois années à composer. Nous avons déjà pris un an de repos après notre tournée pour « Congratulations ». C’était notre premier break depuis 2007 donc ça nous a vraiment fait du bien. Ensuite Ben et moi avons commencé par nous retrouver de temps en temps pour faire de la musique ensemble. Nous n’avions pas pu faire ça depuis le collège mais ça nous a paru amusant et inspirant. On a commencé l’album comme ça, en improvisant ensemble pendant des heures. Puis nous piochions de petits bouts de morceaux qui nous plaisaient pour en faire nos titres. Ça nous a pris deux ans pour décider de ce que nous voulions faire sur cet album puis pour l’écrire.

CL : Vous êtes peu présents sur les réseaux sociaux. Les considérez-vous comme une invasion de la vie privée ?
AV : Non ce n’est pas pour ça. On est un petit peu sur Twitter. Je pense qu’on pourrait plus l’exploiter pour faire parler de nous ou avoir plus de fan. Mais je pense qu’on fait tout simplement parti de la fin d’une génération qui n’a pas connu tout ça. Par exemple quand on s’est connu, nous n’avions pas de téléphone portable. Du coup, le développement des réseaux sociaux n’a jamais été quelque chose de très attirant pour moi. Et je suis content d’avoir échappé à ça.  Surtout parce que je considère que c’est une mauvaise distraction tout le temps. Par exemple, lorsque je me rends compte que je suis en train de regarder mon téléphone pour aucune raison et que je vois les autres le faire ça me gêne.

CL : Tu as l’impression de manquer quelque chose de la vie réelle ?
AV : Oui, tout à fait. J’ai l’impression qu’il n’y aucune valeur, aucun intérêt dans ce geste. Il n’a pas de réel gain dans ces moments-là. C’est juste une manière de se distraire. Que soit un sms ou regarder une photo, ce n’est pas vraiment un univers qui nous plait.

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