Mickey [3d]: « Je voulais me dégager de la politique » Commentaires fermés sur Mickey [3d]: « Je voulais me dégager de la politique » 735

CL:Pourquoi avoir fait une escapade en solo avant de revenir dans un projet collectif?

Mickaël Furnon: Jouer seul était quelque chose dont je ressentais le besoin. Cela m’a apporté une nouvelle manière d’écrire, et surtout des envies différentes. Le fait d’avoir écrit une partie de l’album sur la route m’a inspiré des thèmes au caractère moins social, mais plus onirique, ou bizarre…

CL: Avais-tu initialement écrit les chansons du nouvel album pour toi seul ou pour le groupe?

MF:J’écris des chansons sans réfléchir à ce que je vais en faire, et à comment je vais les jouer ensuite. J’ai toujours joué mes chansons personnelles entouré d’autres personnes. Dans tous mes projets, il y a toujours eu plus de 70% du boulot que j’avais fait tout seul.

CL: Mickey 3d a pas mal évolué pour ce nouvel album, avec une nouvelle équipe de musiciens…

MF: C’est la vie! Les anciens musiciens et moi, nous ne nous voyions plus depuis 3 ou 4 ans. Du coup, il n’y avait plus trop de raison de jouer ensemble. Et puis j’ai eu envie de mettre certains sons sur l’album, des saxos, des trompettes… En tout une dizaine de personnes sont venues jouer sur le disque. Et au final, je me suis rendu compte que c’était un disque de Mickey 3d… J’ai ajouté les crochets à Mickey [3d] pour montrer que c’était la même histoire, mais qui avait évolué, pour la partager avec d’autres.

CL: Les thèmes semblent aussi avoir évolué par rapport à tes précédents albums…

MF:Les thèmes abordés sur « La Grande Evasion » sont souvent en rapport avec la naïveté. Cette prise de conscience qu’ont les enfants que le monde des adultes n’est pas si joli que ce qu’ils pensent. Sur le titre « Méfie-toi l’escargot », une jeune fille accompagne son père pour ramasser des escargots. Pour elle c’est sympathique, et une peu féérique… Puis l’escargot finit dans son assiette. C’est un peu pareil pour la chanson « Playmobil ».

CL:Cette chanson revêt-elle pour sa part un caractère politique?

MF: Non, « Playmobil » n’est pas une chanson politique. Elle parle d’un enfant qui a pour ambition de devenir président. Un petit hargneux… Mais contrairement à ce qu’on peut croire cela n’a rien à voir avec notre actuel président. C’est plus général que cela. Si j’avais voulu parler de Nicolas Sarkozy je l’aurais fait plus directement. De toute façon cet album n’est pas du tout politique, car j’ai voulu m’éloigner de cela.

CL: Et t’éloigner de ton engagement écologique?

MF: On me parle toujours de cela, mais pour dire vrai je n’ai jamais été engagé dans l’écologie, ni même militant. J’ai écrit une fois une chansons écolo et depuis on me prête cette étiquette. De même, parce que j’ai fait une chansons sur un joueur de foot on croit que je suis un dingue de foot. Non. Pour l’écologie, je suis comme tout le monde, je trie mes déchets, et je fais attention.

CL: Quelle sera la configuration du groupe pour les concerts?

MF: Pour la scène, je fonctionne beaucoup à l’humain. Pour cette tournée, j’ai fait la rencontre d’une chanteuse, Cécile Hercule. Elle est entourée de ses musiciens. Nous avons fait des essais, et le courant est bien passé. Ils sont d’ailleurs sur l’album, et seront avec moi sur scène. Du coup, j’ai demandé à Cécile de faire la première partie avec ses musiciens. Ils resteront sur scène ensuite pour jouer avec moi.

CL: As-tu de nouveaux projets de collaboration, comme avec Indochine?

MF: La collaboration avec Indochine, sur « J’ai demandé à la Lune » a été une grand succès. C’était la première fois que je faisais un titre pour quelqu’un d’autre. Et du coup cela m’a ouvert de nombreuses perspectives. J’ai pu collaborer avec Jane Birkin, Sandrine Kiberlain, ou encore Stephan Eicher… Pour le moment je n’ai pas trop le temps de faire de nouvelles chansons pour d’autres. Mais je viens de faire un projet avec les Bikini Machine, et Babeth de Dionysos m’a envoyé quelques titres pour y mettre des textes dessus, pour son deuxième album.

CL: Quel regard portes-tu sur ton parcours?

MF: Je n’ai eu que des choses bonnes qui me sont arrivées depuis le début. Les bonnes rencontres, comme la première partie de Louise Attaque sur leur tournée… Des festivals. J’ai eu tout ce qu’un groupe peut rêver idéalement.

CL: Les jeunes artistes peuvent-ils avoir accès à ces « bonnes choses » aujourd’hui?

MF: Pour un artiste qui se lance aujourd’hui, la donne a changé. J’ai profité de l’âge d’or du disque, fin 90 début 2000. Mais tout a changé en 2005. Maintenant, les maisons de disques ne font plus de développement. Un artiste qui se lance n’a pas les mêmes délais pour réussir. En revanche, Internet permet à ces mêmes artistes de se faire connaître s’ils sont un peu débrouillard. Quand on voit le succès de Sliimy, par exemple, il a pu signer chez Warner et aux Etats-Unis grâce à une reprise de Britney Spears qui l’a fait connaître. C’est comme cela qu’il s’est fait remarquer, pas par la voie classique.

CL: Sliimy est stéphanois, comme toi. Que penses-tu de la scène musicale de Saint-Etienne?

MF: Elle est très riche et diversifiée. Il y a une grande effervescence musicale là-bas, avec Sliimy, Dub Inc, mais aussi du rap avec Redbong.

Propos recueillis par Nathalie Paul

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