My Friend Jeff « Sur scène je parle au public comme avec des amis » (Interview) Commentaires fermés sur My Friend Jeff « Sur scène je parle au public comme avec des amis » (Interview) 378

  • Concertlive:Tu as commencé la musique très jeune. Peux-tu nous raconter ton parcours ?

My Friend Jeff: J’ai commencé la musique en écoutant de bonnes choses, des trucs assez rock plutôt issues de la scène des années 70. Par exemple The Doors. Il y avait aussi la musique psychédélique que j’adorais. A l’âge de 7 ans, mon père m’a acheté une guitare en plastique, pour être sûre que la musique n’allait pas seulement être une lubie pour moi. Et en fait, j’étais vraiment inspiré par cette guitare. C’est comme ça que j’ai commencé à reproduire les morceaux que j’écoutais et à chanter. Quelques années plus tard je me suis mis à la musique folk américaine. Ensuite j’ai joué un peu de batterie et à 14 ans ma mère m’a acheté une basse. J’ai eu un groupe au lycée puis à l’université et je me suis mis à composer.

  • CL : Comment as-tu lancé My Friend Jeff ?

MFJ : Je joue avec beaucoup d’autres artistes depuis longtemps en tant que bassiste mais j’ai toujours écrit des morceaux pour moi-même. Il y a 10 ans je me suis dit qu’il faudrait monter un groupe pour jouer ces chansons. Je voulais faire vivre ces chansons et pas uniquement les stocker chez moi. Il y a 5 ans, j’ai commencé le groupe My Friend Jeff avec quelques rencontres. Les musiciens avec moi constituaient le casting idéal et nous avons vite commencé à jouer nos titres.

  • CL : Et pourquoi avoir donné le nom de My Friend Jeff au projet ?

MFJ : En fait il y a un tableau juste en face de nous d’un ami à moi qui s’appelle Troy Henriksen qui expose dans une galerie parisienne. Je lui ai demandé de faire la pochette de mon premier ep qui n’est jamais sorti. Il a pris une photo rapidement et il a fait un tableau. Il écrit souvent sur ses tableaux. Du coup il m’a appelé quelques jours plus tard et m’a dit Jeff je crois que j’ai donné un nom à ton groupe. Je lui ai demandé quel était le nom de mon groupe et il m’a répondu c’est My Friend Jeff. C’est ce qu’il avait écrit sur le tableau comme nous sommes amis. Au début je n’étais pas sure mais avec le temps j’ai commencé à aimer ce nom. J’ai beaucoup d’amis et j’aime bien l’amitié. C’est le bon mot ? Voilà, ça collait bien.

  • CL : Ça donne cette impression d’être plus proche de toi comme si ton groupe allait venir se produire directement chez nous…

MFJ : Exactement. Je suis très content lors des concerts parce que je suis à l’aise sur scène. Du coup c’est vraiment comme si j’étais en train de parler avec mes amis. C’est vrai que ce nom à du sens du coup.

  • CL: Ton Ep est sorti. Comment décrirais-tu ta musique à ceux qui ne t’ont pas encore écoute ?

MFJ : C’est difficile pour moi de décrire le style mais mes racines pour ce groupe c’est la scène psychédélique des années 70. Notamment The Ramones, Nick Cave ou The Doors. On a des références pop mais on fait des chansons très nettes et après il y a de l’improvisation rock. On a l’impression que ça explose. Là est notre côté psychédélique.

  • CL : Tu es aussi en train de composer un album…

MFJ : Apparemment oui. C’est pas pour tout de suite. J’écris pas tous les jours mais très souvent dans le but d’avoir pleins de chansons et choisir les meilleures. Je pense que nous enregistreront pour ce premier album début 2015. Je pense que ce sera un super album à écouter (rires)

  • CL : Qu’est ce qui t’inspire et comment composes-tu ?

MFJ : Je suis quelqu’un qui adore la nuit parce que j’aime sortir le soir et que je m’y sens très vivant. Malgré ça j’écris plutôt le matin.  A ce moment de la journée les chansons sortent de ma tête naturellement. Mais c’est très éphémère, ça va durer à peu près 2 minutes pour l’écrire et en enregistré un petit morceau. Sinon j’oublie la chanson. Je prends ma guitare et je commence à enregistrer, j’ai le couplet, le refrain, le rythme…

  • CL : Et comment travailles-tu pour la création de tes textes ?

MFJ : Dans le rock, les paroles sont assez mordantes. Mes textes traitent des histoires d’amour qui ne sont pas abouties. Ils peuvent parler du début d’une histoire mais il y aura toujours quelque chose d’un peu dure. Ce n’est pas triste mais mordant comme mes musiques.

  • CL : Tu puises ton inspiration dans ton expérience ?

MFJ : Malheureusement oui. (rires) Mais je pense que d’autres personnes ont peut-être vécu la même histoire.

  • CL : Ton single « Bluff and Buffalo » est différent des autres morceaux.

MFJ : Effectivement « Bluff and Buffalo » traite de quelque chose de très différent. Ce n’est pas du tout une chanson d’amour. C’est une chanson assez politique. J’étais dans un avion pour aller à New York et j’ai lu un article dans le New York Times qui parlait des systèmes de torture pour Guantanamo pour la CIA et j’ai trouvé cette histoire incroyable. Du coup j’ai tout de suite commencer à écrire les paroles. Le bluff c’est pour le verbe bluffer et buffalo ça a plusieurs sens, l’animal, la ville mais aussi tricher. Le morceau parle des magouilles derrière, c’était effectivement quelque chose d’atypique.

  • CL : Comment est venu le concept de son clip ?

MFJ : Je ne voulais pas que le clip soit politique ou premier degrés.  Je ne voulais pas de la torture dans la vidéo. Du coup avec le réalisateur, on a trouvé des idées. A la base, il pensait à ce que je sois torse nu avec du maquillage blanc puis d’y ajouter des couleurs sur mon corps. Je n’étais pas sûre au début, même le jour du tournage je n’étais pas sûre de ce que j’allais faire. Il y a le chanteur bassiste, puis il y a le personnage à côté. On en sait pas s’il est vivant ou mort. J’ai improvisé et me suis inspiré des danses japonaises. J’ai voulu faire quelque chose de naturel avec mes mouvements. Comme je bouge beaucoup sur scène c’est venu tout seul. L’idée c’était de tourner dans une usine épurée.

  • CL : Que devait représenter la peinture?

MFJ : Plein de choses en fait. Ce sont les taches sur la peau. Mais ce que j’aimais surtout dans cette idée de Thierry c’est que c’est artistique parce qu’à la fin c’est comme un tableau. Ce n’est pas grotesque mais ça donne cette image d’être taché par la torture.

  • CL : Tu as envie de refaire des titres politique ou c’est uniquement ce sujet qui t’a inspiré ?

MFJ : Pas forcément c’est quelque chose qui est venu comme ça. Tous mes morceaux me viennent sur le coup, je n’ai pas nécessairement une idée de base. Mais si ça revient tant mieux.

  • CL : Tu es américain de naissance. Quelle relation entretiens-tu avec la France ?

MFJ : Je suis américain effectivement. Je vis en France depuis 13 ans. J’ai aussi vécu à Tokyo. J’aime être un étranger. J’aime parler une autre langue même si je garde mon accent. Je me suis retrouvé dans ce pays par hasard. J’avais une amie qui m’a proposé de partager un appartement. J’ai eu cet appel et je suis parti deux semaines après.  J’adore la France, ça me va bien. Mais quelque part je ne suis pas attaché à un pays en particulier. Ce qui me fait adoré un pays, ce sont les amis, l’entourage et les projets musicaux. En tout ça, j’adore Paris.

  • CL : My Friend Jeff est un groupe de scène. Comment appréhendes-tu le live ?

MFJ : J’adore jouer avec mes musiciens. On est en symbiose. Il y a toujours une recherche de ce qu’on nous allons faire. Quand je monte sur scène je me vide la tête. Il y a un côté bouddhiste.Je ne pense à rien d’autre. J’essaie juste d’avoir les oreilles ouvertes et d’être très spontané. Mais entre les chansons, je parle avec le public comme si c’était mes amis. Je ne prévois pas ce que je vais dire et c’est comme ça que se déroule le concert.

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