Nosfell : « J’avais besoin d’un sas de décompression ». Interview Commentaires fermés sur Nosfell : « J’avais besoin d’un sas de décompression ». Interview 341

Concertlive.fr : Comment s’est élaborée votre rencontre avec le poète Anne-James Chaton avec qui vous signez ce spectacle « Icônes » à Saint-Nazaire ? 

Nosfell : Autour du texte d’Anne-James Chaton. Un texte qui traverse l’époque précédente, du début du 20ème siècle jusqu’à sa fin. C’est avant tout une affaire de sujet verbe complément, sur l’ensemble du texte, on parle un peu de la même femme, on bascule simplement d’un évènement à un autre. Nous avons circonscrit la période de cette représentation aux années 60-70 et au début des années 80.

Mais au cours de la saison prochaine, avec le danseur François Chaignaud et Phia Menard, on s’intéressera aux années 10, 20, 30 et 90, notamment au théâtre de Chambéry au printemps 2016, puisque ce spectacle n’a pas été produit que par Saint-Nazaire mais bien par d’autres théâtres

Concertlive.fr : Quelle forme prend le spectacle ? 

Nosfell : Il s’agit d’une lecture chantée, avec un peu de performance. Tout en partant du texte, Anne-James Chaton est toujours en train de lire, on sait le texte par coeur. Il y a une petite scénographie, je lis du texte et joue de la musique, de la guitare.

Concertlive.fr : Comment vous êtes vous rencontrés avec Anne-James Chaton ?   

Nosfell : En 2013. Nous participions à la création du chorégraphe Sylvain Prunenec « Le Cas Gage », création du festival Uzès danse. Anne-James m’a proposé de concevoir des textes sur lesquels seraient greffées des boucles de guitare. Puis, avec François Chaignaud, on est tous les trois tombés d’accord sur le fait d’interpréter des femmes.

On voulait travailler sur cette idée du genre, c’est quelque chose qu’on a souvent renvoyé en écho dans notre travail. Cette idée d’utiliser la voix, avec des mécanismes assez haute-contre (NDLR : type de voix lyrique). L’écriture du spectacle même s’est révélée assez collégiale.

Concertlive.fr : C’est un hommage aux femmes du siècle dernier, cela veut dire que vous ne reconnaissez pas de grande figure féminine au 21ème siècle ?   

Nosfell : Pas forcément. C’est vrai que les héroïnes d’aujourd’hui s’inspirent peut être surtout de celles du siècle dernier et qu’il n’y a pas encore de figure originale même si on est déjà dans les années 10 du 21ème siècle. C’est important de voir quelles traces elles ont pu nous laisser, avec le web, c’est vrai qu’on a pas mal un pied dans le passé.

Mais on est pas simplement dans la nostalgie, nous ne sommes pas dans le regret. On essaie surtout de les raconter, c’est bien plus introspectif que cela, c’est moins frontal. Ces femmes sont désincarnées car on ne les nomme pas. Moi même, je ne suis pas nostalgique et je me méfie toujours un peu des musiques de genre.  

Concertlive.fr : Parlons justement de votre dernier album « Amour Massif », vous y chantez d’avantage en français et en anglais, pourquoi ? 

Nosfell : C’est vrai que j’ai mis un peu de côté ce langage que j’ai créé (NDLR : le « klokobetz »). Quand j’ai commencé à faire de la musique, j’avais prévu un triptyque ainsi qu’une annexe en forme d’Opéra. Une fois ce cycle achevé, j’ai eu envie de faire un disque un peu plus simple.

Ce langage provient de ma famille, d’histoires très liées à mon père, j’avais besoin d’un sas de décompression. Je l’ai mis un peu de côté pour mieux y revenir. Et puis, les rencontres avec les auteurs avec qui je devais travailler, Dominique A et Dick Annegarn m’ont obligé à aller d’avantage vers le français.

Mais dans mon deuxième album, il y avait deux chansons en français, dans le premier aussi, c’était quelque chose que j’avais caressé. Je trouve ça bien d’avoir un particularisme et en même temps c’est très inquiétant d’avoir une étiquette dont on ne peut jamais se départir. La mise en danger est nécessaire pour pouvoir mieux convoquer des choses instinctives. 

Mais ce langage, je l’ai par exemple utilisé encore récemment dans le cadre du spectacle de Philippe Decouflé auquel je collabore. C’est pour cela qu’il m’a sollicité. Dans ce spectacle baroque, un peu bonbon à la fraise, j’apporte un peu une voix de démon. J’ai adapté des textes de Goethe, le but était de colorer un peu le propos.

Concertlive.fr : Où en est ce spectacle « Contact » avec la compagnie DCA justement ? Et vos propres dates de concert ?   

Nosfell : Il a été créé en octobre 2014 au Théâtre National de Bretagne de Rennes, il y a eu une dizaine de représentations puis une quinzaine à Chaillot. Nous repartons la semaine prochaine à Anvers, jusqu’en juin. Je viens de fêter les 10 ans de mon premier album au Trianon puis je repartirais sur les routes de France, dans le Cantal, à Montbéliard le 13 mars 2015

Il y aura aussi quelques dates à l’étranger cet été. Ensuite, je vais refaire un autre disque. J’en suis actuellement à constituer l’équipe de musiciens avec lesquels j’irais ensuite réaliser cet album en studio. 

 

 

 

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