Odezenne : « Sur scène la nature reprend ses droits » (interview) Commentaires fermés sur Odezenne : « Sur scène la nature reprend ses droits » (interview) 282

Concertlive : Comment le projet Odezenne est-il né ?

Odezenne : Nous datons la formation du groupe à notre premier concert à Bordeaux en 2007. Il y avait majoritairement nos potes dans la salle. Ca s’est super bien passé et puis petit à petit on a décidé de continuer. On a fait deux, trois concerts et puis rapidement on a fait des tremplins. On a gagné au Printemps de Bourge. Puis on a fait un album et c’est là que nous sommes devenus un véritable groupe.

ConcertLive : Justement en parlant des tremplins, comment vous ont-ils aidé ?
Odezenne : On est des bêtes de concours. On a tout gagné! (rires) On a gagné Printemps de Bourges, puis les Francofolies. Ces concours ont surtout été un moyen de s’entrainer au live. Petit à petit tu montes en puissance sur des scènes de plus en plus grosses. Par exemple le Printemps de Bourges nous a découvert puis on y a été reprogrammé en festival officiel. C’est une belle récompense pour un groupe !  C’est aussi une autre façon de découvrir ce que l’on fait puisque sur album notre musique est plutôt calme alors qu’en live on est complètement déchaîné.

Concertlive : Concrètement, à quoi doit-on s’attendre lors d’un concert d’Odezenne?
Odezenne : On est nettement plus punk ! Tout est revu à une sauce plus énergique. C’est le live qui veut ça. Tu es au corps à corps avec ton public et la nature reprend ses droits.

Concertlive Comment le groupe a-t-il évolué depuis sa formation ?
Odezenne : Nous ne portons pas réellement de regard sur le groupe. On a uniquement un regard à travers les yeux des autres. Par exemples quand on a des messages de gens qui disent nous suivre depuis nos débuts, leur opinion nous permet de voir ce qui a changé. Pour nous c’est difficile d’avoir du recul puisque ce groupe c’est notre vie. Avant le groupe nous passions déjà tout notre temps ensemble. Du coup on à le nez dans le guidon et on n’a pas vraiment cette impression d’évolution. Le changement c’est fait en douceur.

ConcertLive : Mais la musique et les paroles ont beaucoup évolué …
Odezenne : C’est vrai mais notre musique bouge avec nous et c’est logique. En six ans on a forcément changé et ça se ressent sur nos compositions. Pendant ces six années on a vécu des ruptures, des échecs, des duels. A chaque nouvel album c’est une photographie d’un instant T. On écrit ce qu’on vit.  Pour en revenir au miroir qu’est notre public, un exemple me vient à l’esprit. On a rencontré un type qui nous a dit nous écouter depuis son collège. Et là j’ai compris qu’i a grandi avec nous.  Et je suis content de me rendre compte qu’en évoluant, on a correspondu à différentes parties de sa vie.

« Villette Sonic me fait rêver »

ConcertLive : Le travail de groupe à l’air très instinctif pour vous?
Odezenne : On travaille beaucoup et tout ne se fait pas tout seul. On gère beaucoup de choses. On ne laisse pas un texte partir sans qu’il ne soit fait à 100%.  Au quotidien c’est beaucoup de travail. Par exemple Jaco prépare les disques à envoyer  aux revendeurs. On faut tout nous même.  On doit néanmoins admettre avoir eu beaucoup de chance. Déjà au temps de MySpace du monde a fait tourné notre musique et depuis ça continue de se faire et certaines personnes s’y reconnaissent. C’est une véritable récompense.

ConcertLive : Avez-vous eu des sources d’inspiration particulières pendant la composition de l’album ?
Odezenne : Quand je composais je regardais beaucoup la série Twin Peak et je pense que ça m’a inspiré. Sinon, on fait une musique de plus en plus proche de nous. Un morceau comme « Rien » qui est vraiment musical a quelque chose d’évident pour nous. On se connait de mieux en mieux et tous les morceaux de cet EP nous ressemblent. Pour ce qui est de nos sources, c’est amusement parce qu’on n’écoute pas forcément du français. On a essayé de faire quelque chose qui évoquait à la fois nos chances, nos erreurs et nos changements de cap.  On s’est également inspiré de notre passage à Berlin, une ville qu’on ne connaissait pas dans laquelle on a pris le temps de se perdre.

Concert Live : Le titre « Je veux te baiser » oscille entre la provocation des paroles et la douceur de la mélodie. Quel était votre intention lors de son écriture ?
Odezenne : Les paroles ont été écrites alors que Jacquo était au pieu avec sa meuf. Je lui ai fait écouter pour déconner ça lui a plu et on a enregistré. D’ailleurs c’est sa voix, enregistré ce fameux soir qu’on entend sur l’album.  Il faut savoir que c’est avant tout une chanson d’amour. Par exemple le passage sur la voiture est une métaphore de «  faire la route à deux ». C’est ce qu’on a voulu montrer dans le clip. On y joue sur les caricatures et les clichés. La soirée où l’on se drogue, l’histoire d’amour qui finit sur une plage. Il y a beaucoup de kitsch avec nos sonorités années 80.

Concertlive : Vous serez présents sur de nombreux festivals cet été puis à l’Olympia en mars. Y-a-il encore des scènes qui vous font rêver ?
Odezenne : On aimerait jouer au Japon et aux Etats-Unis. On adorerait être sur le Coachella. En France le Villette Sonic me fait rêver, tous les ans je vois des groupe que j’aime à l’affiche et je rêve d’en faire parti.

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