Robin Leduc : « La scène n’a pas été un exercice facile pour moi au départ » (interview vidéo) Commentaires fermés sur Robin Leduc : « La scène n’a pas été un exercice facile pour moi au départ » (interview vidéo) 540

Concertlive : Ton premier album s’intitule « Hors-pistes ». On peut y déceler de nombreux sens cachés non ?
Robin Leduc
: Effectivement. Il y a pleins de sens cachés derrière « Hors-pistes » mais au départ, j’ai trouvé le titre en réalisant la pochette du disque. Nous étions partis sur quelque chose d’un peu absurde avec des skis. Cela m’a tout de suite évoqué l’idée de Hors-pistes. Depuis des années, j’essaie de faire les choses les plus personnelles possible, en essayant d’éviter les chemins tout tracés, que ce soit dans la manière de composer ou d’écrire. Après, j’ai eu peur que ce titre puisse paraître prétentieux. L’idée était plus de ne pas être forcément sur les rails. En tout cas, j’ai eu la liberté artistique de faire le disque comme j’avais envie de le faire donc je n’ai pas eu la sensation d’être mis sur des rails, de devoir répondre à un stéréotype de chansons dans ma manière de composer les morceaux.

CL : Tu veux dire que tu as pu te « lâcher » en composant cet album ?
RL
: Je ne sais pas si je me suis lâché ou pas mais en tout cas, toutes les envies que j’ai pu avoir, je les ai concrétisé assez facilement sans qu’il y ait trop d’opposition, que ce soit de la part de ma maison de disques ou de qui que ce soit. J’ai fait ce que je voulais faire. Je me suis fais plaisir.

CL : Tu es multi-instrumentiste. Tu es réalisateur aussi. Sur ce disque, est-ce que tu as composé la majeure partie du temps seul ou tu t’es entouré d’autres ?
RL :
Pour cet album, j’ai joué de tous les instruments. Evidemment pas sur tous les morceaux mais il est arrivé que sur certains, je joue la guitare, la basse, la batterie seul. Après, il y a eu des collaborations également, avec Cyrus Hordé, Valentin Montu et Jean Thevenin, qui sont des personnes avec qui j’ai toujours joué sur scène et que je voulais voir figurer sur le disque. Cela apporte quelque chose de différent, un « plus » par rapport à quand je joue seul tous les instruments les uns derrière les autres. Il y a aussi une collaboration avec Fred Pallem du Sacre du Tympan, qui m’a aidé à faire les arrangements de cuivres. Il y a du monde qui a participé au disque et en même temps, il y a eu pas mal de moments où j’étais seul. C’est un mélange de tout cela.

CL : Tes influences musicales sont surtout anglo-saxonnes mais tu écris en français…
RL :
J’ai toujours trouvé très difficile d’écrire en français. Je trouve toujours cela difficile d’ailleurs. J’ai des influences plus anglo-saxonnes ou américaines que françaises. Tous les groupes contemporains que j’écoute, que ce soit dans le rock indépendant ou autre, chantent en anglais. J’ai mis du temps à franchir le pas de l’écriture en français. Or, il y a tellement de gens doués en anglais ! D’autant que ce n’est pas ma langue maternelle donc au bout d’un moment, j’ai un peu jeté l’éponge de vouloir écrire en anglais. Et puis, il y a pleins d’artistes qui m’ont donné envie d’écrire en français, comme JP Nataf, Dominique A, Mathieu Boogaerts, Bertrand Belin aussi. Ils m’ont conforté dans l’idée que l’on pouvait faire un projet personnel en français sans que cela rentre dans un stéréotype « chanson classique ».

CL : Quel a été ton parcours musical jusqu’ici ?
RL
: J’ai commencé la musique assez tôt. J’avais un voisin qui jouait de la guitare lorsque j’étais à Carcassonne, vers l’âge de 13-14 ans. Il m’a donné envie de prendre des cours de guitare avec lui et j’ai commencé comme ça. Très rapidement, on a monté des groupes, qui mélangeaient reprises et compos en anglais. J’ai fait une année de conservatoire à Toulouse et lorsque j’ai eu mon bac, je suis venu à Paris pour faire des études de philo avec l’idée bien sûr de faire de la musique. Je ne savais pas par quel biais commencer donc j’ai connu des petits boulots, j’ai rencontré des gens et j’ai fini par atterrir dans un studio où j’ai pu travailler avec une personne. Cela a démarré comme ça. J’ai une vraie passion pour l’enregistrement en studio, la technique d’enregistrement surtout et je me suis beaucoup attelé à cela. Dès que j’avais un peu d’argent de côté, j’achetais du matériel de studio. D’ailleurs j’ai fini par monter un studio avec Cyrus Hordé. Cela m’a permis de réaliser pour d’autres, faire de la musique à des fins alimentaires pour continuer à pouvoir acheter du matériel et produire des disques de manière indépendante. J’ai aussi joué avec pas mal de gens sur scène… Tout cela m’a nourri et m’a permis de travailler lorsque je n’avançais pas sur mes propres projets.

CL : Tu es quelqu’un de perfectionniste. Parviens-tu à être à l’aise sur scène avec ce tempérament-là ?
RL :
J’aspire à l’être de plus en plus en tout cas ! Après je ne suis pas comme Izia Higelin par exemple, qui est complètement transcendée par l’instant scénique. Moi je n’ai pas cette nature-là. Au départ, la scène n’a pas été un exercice facile pour moi. Or, on a beaucoup joué et avec le temps on progresse. Je suis plus à l’aise en studio que sur scène, mais en même temps, je suis plus à l’aise sur scène que sur un divan face à une seule personne ! [NDLR: Robin Leduc fait référence à la session acoustique qu’il nous a offert quelques minutes avant l’interview]

CL : Tu as eu un Prix lors des Francofolies 2010 et tu as fais le chantier des Francos. Que retiens-tu de cette expérience ?
RL :
C’est une expérience très positive dans le sens où l’on se confronte à pleins de gens, pendant le chantier des Francos, que ce soit des intervenants qui viennent aider sur des projets scéniques, sur la promotion, etc… Il y a tout un tas d’ateliers très instructifs chacun à leur niveau. En ce qui me concerne, c’était aussi un bon moyen de répéter avec ma formation et de mettre en place un set de live avec en plus la possibilité d’avoir des gens qui le voient et le critiquent tout de suite. C’était formidable pour ça, d’avoir un miroir sur ce que l’on peut donner sur scène. Je pense que le chantier nous a fait progresser. Et puis jouer aux Francos était une super expérience, stressante mais géniale. Sans compter les Prix qui nous ont donné la possibilité de jouer au Canada par la suite. On retourne d’ailleurs à Montréal en Juin 2011 pour les Francofolies de Montréal donc je suis ravi.

Propos recueillis par A.Val
Retranscription E.Leoni

A voir également : La session acoustique de Robin Leduc sur Concertlive

Toutes les dates de concerts de Robin Leduc sur Concertlive

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