Twin Twin : « pourquoi nous participons à l’Eurovision » [interview] Commentaires fermés sur Twin Twin : « pourquoi nous participons à l’Eurovision » [interview] 349

Les déjantés et ultra créatifs Twin Twin remettent les choses en place pour les détracteurs qui critiquent l’Eurovision. Un parcours hors norme et exceptionnel pour un groupe anticonformiste, qui est passé des concerts dans les squattes est des maisons de retraite pour arriver au Concours de  l’Eurovision avec leur chanson décalée et surréaliste « Moustache ».

Le trio composé de Patrick Biyik, Lorent-Idir, François- Djemel  Ardouvin répond aussi aux critiques et aux accusations de plagiat sur la chanson Moustache ! une interview sans langue de bois et  sincère  à l’image d’un groupe plus vrai que nature !

Regardez le trio en interview (ça vaut le détour). (Retranscription de l’interview ci-dessous). 

 

 
Concert Live : Vive la moustache ?

François Djemel : La moustache n’est pas le sujet de la chanson « Moustache ». Cette chanson parle de la société de consommation qui rend les gens malheureux qui veulent toujours plus. (François DJemel joue la comédie, ndlr): « oh je veux ce nouveau téléphone… même si je l’ai déjà ».

Lorent-Idir : Pour les gens qui sont resté juste sur le mot « Moustache ». Cette chanson a été imaginée le jour où un de nos amis, qui a tout ce qu’il veut: beau gosse, beau boulot, tout ce qu’il faut… nous a dit: « les mecs, j’ai tout ce que je veux, mais il me manque encore quelque chose : j’aimerais bien avoir une moustache ». On s’est marré, mais en fait ça nous a fait tilt : c’est génial, ce qu’il vient de nous dire parle vraiment de notre monde. T’as beau avoir tout ce que tu veux, il reste toujours un truc que t’as pas… comme une moustache.

Concert Live : Cette chanson décalée, drôle, a surtout été retenue pour représenter  la France  à l’Eurovision le 10 mai 2014…
(rires) Patrick : Oui c’est super. C’est génial, on va représenter la France  l’Eurovision le 10 mai.

Lorent-Idir.   Il y a 4 ans quand on jouait dans les squatt on ne s’est jamais dit qu’on jouerait à l’Eurovision un jour !

Pourquoi cela, parce que c’est institutionnel ?
François Djemel : c’est une parenthèse, c’est quelque chose de décalé, c’est pour les amateurs de vintage. C’est la plus vieille émission de télé crochet, c’est l’ancêtre de The Voice, Star Academy… C’est rigollot par rapport à notre parcours : passer les concerts dans les prisons, les premières parties, maison de retraite, les squattes, dans la rue…

Patrick : c’est  comme au début du groupe quand on jouait dans les squattes. Jamais on aurait pensé tourner dernière. Au début on s’est dit : on va jouer devant 1000 personnes, puis on a gagné Ricard SA Live et a joué devant 20.000 personnes. Là c’est la même chose pour l’Eurovision : « la monsieur vous allez jouer devant 100 millions de téléspectateurs » ! C’est génial !
Lorent-Idir : ça va être fun !

Concert Live : C’est aussi un exercice un peu  « savonnette » qui peut vous desservir…
François Djemel : C’est le jeu : pour la France l’eurovision c’est fait pour être moqué : attention je tends l’autre joue ! D’entrée de jeu on le sait très bien l’Eurovision c’est fait pour être sabré par tous les gens qui sont bien pensant, de bon gout. Allez-y, t’as vu notre dégaine ! On se fait tailler depuis avant Twin Twin, y a pas de souci… tous ceux qui veulent nous traiter de ringards allez-y, nous on vous aime !

Lorent Idir : Les gens qui taillent l’Eurovision, c’est un peu comme tirer sur une ambulance. C’est un moment de l’année où c’est offert, c’est cadeau, vous pouvez tailler ! Alors que je trouve que c’est beaucoup moins ringard et moins agressif qu’une émission comme The Voice, où c’est des éliminations à gogo tous les jours. L’Eurovision, c’est tous les pays qui envoient des artistes avec de chansons originales.

C’est un spectacle cool et tout simplement fun, ce n’est pas la peine de se prendre la tête plus que ça. Je trouve que c’est facile de dire que c’est ringard. C’est le regard qu’on porte sur les choses qui font que c’est ringard. La preuve étant tous les artistes qui on t été vus comme des nases de leur vivants et considérés comme des génies après leur mort.  Tout cela n’a aucun sens !

Patrick : Nous on va représenter la France et on vit à Paris. Il  y a les échos de parisiens. On reçoit des mails de Province, de gens qui sont fiers de nous et qui nous on vu quand on tournait partout en France  a joué chez eux. On reçoit des mails de l’étranger, de Suède, des Danois, des Norvégiens, Anglais, Espagnols… On ne se limite pas à la critique. On est là pour passer un bon moment.

Patrick :La critique est facile !

François Djemel: Pour tous les gens qui nous regarderont dans cette émission, vous êtes dans un chemin de vie. On peut toujours tirer un enseignement d’une expérience, même si elle est décriée par des gens. Quoi qu’il en soit on pourra rencontrer des gens, et ça peut être super cool.

Concert Live: Vous avez aussi profité de l’Eurovision pour sortir une réédition de votre premier album…

Lorent Idir : « Vive la vie » est sorti le 14 avril 2014. C’est la réédition de notre premier album et des concerts. On est aussi en train de travailler pour l’avenir, c’est le quotidien de chaque groupe. Après Copenhague il y aura pas de concerts de représentations live.

Laurent Idir : on a réédité l’album pour permettre aux gens de découvrir ce qui qui a plein de bons titres. On profite de l’Eurovision pour faire découvrir le groupe… Il y a encore des gens qui doivent le découvrir.

Patrick : c’est marrant parce que l’autre jour sur Twitter, des gens ont dit que Twin Twin était un groupe fabriqué… la petite nana qui a dit ça finalement est revenue sur ses propos après avoir fait des recherches en disant: « ah oui en fait vous existiez déjà avant ! ».
Il faut vraiment que les gens profitent de la sortie de l’album pour voir qu’on a vrai vécu, qu’on a fait plein de premières parties : Stromae, Shaka Ponk, Catherine Ringer, Gloria Gaynor, Julien Doré…

François Djemel : On crée des choses. C’est pas 25 personnes qui se mettent autour d’une table pour décider n plan marketing, c’est nous trois.
J’ai des amis qui se demandent comment ça se passe en maison de disques. Eh bien voilà, on aime créer des chansons et des univers visuels et graphiques.

Lorent Idir : nous avons toujours travaillé l’image, le son, la performance et le style en même temps. On a travaillé sur la couleur, c’est surréaliste en effet. On a travaillé avec Orlan une artiste qui travaille sur le corps. On veut présenter quelque chose de nouveaux, un vrai univers personnel. On mélange le rock, l’électro,de la chanson le hip-hop. C’est vraiement un musique de 2014. C’est comme si tu écoutait ton mp3 en shuffle et qu’il y avait plein de chansons qui passaient. C’est pas « un album » c’est un vrai mélange.

François Djemel : par rapport au surréalisme, c’est nos ancêtres du début du 20e siècle. « Je voudrais une moustache » pourrait  être un  « cadavre exquis » (« jeu qui consiste à faire composer une phrase  par plusieurs personnes sans qu’aucune d’elles puisse tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes, définition Wikipédia).

Lorent Idir: d’ailleurs Dali a dit : « les gens n’ont pas besoin d’artiste ils ont besoin d’une meilleure moustache ». Donc, big up aux surréalistes
 

Patrick : big up à la French Touch. « Soyons désinvolte n’ayons l’air de rien », Noir Désir et big up à la moustache !

Concert Live : Vous avez été accusés par le groupe radio Virigin Radio d’avoir plagié le « Papaoutai » de Stromae.. que répondez-vous ?

François Djemel : chacun poursuit sa route. Un jour écrivez des choses sur d’autres. Nous on s’appelle Twin Twin –oh Yeah ! , on a fait la chanson la Moustache et on kiffe. Salut les amis (rires).

Propos recueillis par Nathalie Paul

Regardez les photos de concert de Twin Twin au Nouveau Casino à Paris le 25 avril 2014

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