Vincent Beaurin (Al Hamra): « le théâtre est le meilleur endroit pour présenter une oeuvre plastique » Commentaires fermés sur Vincent Beaurin (Al Hamra): « le théâtre est le meilleur endroit pour présenter une oeuvre plastique » 175

CL : Vous êtes plasticien et sculpteur. Comment êtes-vous venu à créer une œuvre « théâtrale » pour le TCI, Al Harma ?

J’ai été sollicité dans un premier temps, mais j’avoue qu’au départ je n’étais pas très à l’aise avec l’idée de faire un projet scénique. Je ne suis pas familier avec le monde du théâtre et de la scène, et je n’ai pas eu que de bonnes expériences étant jeune. Toutefois, j’ai changé d’avis et je me suis dit que c’était l’occasion pour moi de découvrir un autre domaine que le mien.

J’ai choisi de me diriger vers la musique, plus que vers la mise en scène théâtrale. J’ai présenté mon projet qui a été retenu par la Fondation d’Entreprise Hermès. Après cela, j’ai exploré le Théâtre de la Cité internationale, comme un néophyte que je suis. Je n’avais pas mis les pieds dans un théâtre depuis au moins 40 ans !

Que vous apporte cette nouvelle dimension artistique ?
Dans le monde des expositions et des galeries, il y a souvent plusieurs œuvres à présenter en même temps. On entre dans l’exposition, qui est souvent elle-même une oeuvre… tandis que dans le théâtre il y a dimension frontale entre l’œuvre et le public. Dans une galerie, un visiteur va en moyenne regarder une œuvre pendant deux secondes… Dans un théâtre, il va passer une heure devant l’œuvre!

En quoi consiste votre projet artistique pour Al Hamra ? Que vont voir les spectateurs ?
L’œuvre est conçue autour d’une sculpture de 4 mètres de diamètre suspendue sous la coupole, et au dessus du musicien. Le public va explorer le théâtre comme je l’ai fais, et entrer par la scène. Il sera installé sur la scène et le spectacle, très proche d’un concert, sera joué dans la salle.  Le public verra le théâtre, ses volumes… comme s’il était à la place des comédiens.  Il se dégage de tout cela une magie presque comme dans une église… en moins catholique.

CL : Expliquez-nous le choix de la musique et votre travail avec Justin Godfrey…
Je devais trouver un artiste issu de la scène. Je me suis naturellement orienté vers la musique, en me laissant porter par les instruments, plus que par les mélodies. J’écoute des musiques arabo andalouse en particulier. Je suis allé sur Youtube pour trouver un artiste qui me corresponde, et après un ou deux mois de recherche j’ai trouvé Justin Godfrey, qui est tout jeune puisqu’il n’a que 21 ans. Pour lui, ce spectacle sera une toute nouvelle expérience.

CL :  Votre spectacle garde-t-il un côté narratif ?
Que l’on articule des couleurs, des objets ou toute autre chose, on raconte toujours une histoire. Il y a un aspect narratif dans ce spectacle que je revendique totalement. C’est une œuvre plastique, plus une fleur baignée de lumière qu’une étoile d’ailleurs, et une mise en musique à la manière d’un concert, sans mise en scène supplémentaire. Le public va découvrir le théâtre, ses boyaux, ses méandres, ses volumes… Il m’est déjà arrivé d’être impressionné par les théâtres, et je voulais toujours connaître les coulisses et la manière dont tout cela est fait. Je veux aussi partager cela.

Vous qui étiez allergique au Théâtre, avez-vous changé d’avis en faisant ce projet?
Oui, je veux recommencer cette expérience, et poursuivre le projet. Le théâtre apporte plus pour une oeuvre plastique qu’une simple exposition, qui peut parfois paraître trop réductrice. Parfois même sclérosée.  Al Hamra n’est pas une œuvre éphémère, puisqu’il y a la sculpture et la musique composée pour le projet. Je voudrais reconduire Al Harma et j’espère que c’est un projet qui va voyager… et pas qu’en France. Je souhaite explorer cette démarche et aller encore plus loin dans ce travail.

 

Informations pratiques :
Al Hamra, au Théâtre de la Cité internationale de Paris du 3 au 7 novembre 2014, dans le cadre du festival New Settings.

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