Les Grammy Awards 2018 s’imposent comme un cru très politisé 0

 

Politisée, cette 60ème édition 2018 de la cérémonie des Grammy Awards qui s’est tenue dimanche dernier à New York le fût indéniablement, même Le Figaro s’accorde à le dire.

 

La cérémonie destinée à honorer les meilleurs artistes et les meilleurs techniciens dans le domaine de la musique semble avoir voulu prouver que le divertissement est capable de se cabrer et de ne pas se couler dans le conformisme de la globalisation triomphante. L’édition aura ainsi été marquée par une lecture inattendue du livre anti-Trump Fire and Fury par Hillary Clinton. Un tout petit peu plus d’un an après l’élection du milliardaire à la chevelure bouffante.

 

La cérémonie aura également vu le sacre du rappeur Kendrick Lamar, remarqué l’an dernier pour son album Damn. L’artiste a raflé le Grammy Award du meilleur album rap pour Damn, celui de meilleure chanson, de meilleure prestation ainsi que celui de la meilleure vidéo musicale pour Humble.

 

Au cours de ces Grammies, Kendrick Lamar a proposé une spectaculaire performance, avec un duo de danse explosif et inflammable auquel succède bientôt un saisissant ballet de silhouettes rouges encapuchonnées fauchées unes par unes par des détonations. Comme la métaphore d’une Amérique désireuse de faire disparaitre par la force, par la poudre, toute trace de ses racines noires.

 

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Un Kendrick Lamar décidément incontournable, notamment à travers son titre inédit All the stars avec sa protégée SZA figurant sur la BO du très attendu Black Panther qui risque de prendre à rebrousse poil les poncifs des films de super-héros façon Marvel.

 

Le rappeur Logic, qui interprétait son titre 1-800-273-8255 pour la prévention du suicide, a conclu les prestations scéniques de la soirée avec un nouveau message tourné vers les autres pays du monde, «nourris de culture, de diversité et de milliers d’années d’histoire».

 

Une allusion probable à la politique migratoire du président Trump et à ses récents propos polémiques sur les « pays de merde« , pour lesquels il a depuis rectifié le tir.

 

Changement d’époque pourtant pour le rap US, qui n’a gagné que deux fois le prix d’album de l’année, la dernière fois il y a 15 ans. Le fait est que Jay-Z semble peu à peu poussé vers les coulisses avec aucune victoire malgré huit nominations. À 48 ans, cette figure forte, sorte de parrain reconnaissable à ses cigares barreaux de chaise, puissant mentor aux côtés de son clan composé de Beyoncé et de Kanye West avait pourtant été déjà primé 21 fois aux Grammys.

 

U2, lui, y est aussi allé de ses envolées engagées et militantes, pour une fois pas totalement ampoulées et compassionnelles, avec un rappel du poème inscrit à la base de la Statue de la Liberté, qui invite à accueillir tous les immigrés qui se rendent à New York et aux États-Unis. Sur la scène spécialement aménagée pour la formation irlandaise, deux images de regards étaient signées de l’artiste français JR.

 

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De nombreux invités, de Lady Gaga à Sting, en passant par DJ Khaled (remarqué aux côtés de Rihanna pour une saisissante danse sud-africaine) ou Cindy Lauper, étaient arrivés à la cérémonie en arborant des roses blanches en écho aux mouvements #MeToo et « Time’s Up ».

 

Lors de son passage sur scène, Lady Gaga a rendu hommage à la dynamique « Time’s Up », s’est déclarée contre le harcèlement sexuel et pour l’égalité entre hommes et femmes. Puis la chanteuse et actrice Janelle Monae est venue, elle aussi, déclamer un vibrant monologue. Avant de présenter une prestation de Kesha qui, avec sa chanson Praying, a rappelé sa bataille contre un producteur qu’elle accuse de l’avoir violée.

 

Avec six récompenses au total, l’autre grand gagnant de cette soirée des Grammy Awards se sera avéré Bruno Mars qui empoche l’album de l’année avec 24K Magic, l’enregistrement de l’année, attribué pour la performance globale d’un titre avec le même titre. Sans oublier la chanson de l’année, attribuée aux auteurs/compositeurs Brody Brown, James Fauntleroy, Philip Lawrence et l’équipe de production The Stereotypes qui ont conçu That’s What I Like pour Bruno Mars.

 

Malgré ses plus de quatre milliards de vues sur YouTube le titre Despacito de Luis Fonsi et Daddy Yankee, nominé dans la catégorie d’enregistrement de l’année, n’a reçu aucun prix, ce qui a provoqué des critiques.

 

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