Juliette Katz: « J’ai eu de la chance, c’est vrai » (interview vidéo) Commentaires fermés sur Juliette Katz: « J’ai eu de la chance, c’est vrai » (interview vidéo) 218

Concertlive : Tu as un parcours musical et personnel riche du haut de tes 23 ans. Tu as signé sur une major et sors aujourd’hui ton premier album, « Tout va de travers ». Avec le recul, était-ce un parcours long et laborieux ou tu t’estimes chanceuse car cela est plutôt allé vite ?
Juliette Katz :
Pour être tout à fait honnête, je n’ai pas galéré. Cela s’est fait assez vite, même si cela a pris un certain temps. J’ai fait une école de musique à 16 ans, j’ai signé à 22 ans. Donc oui, il s’est passé plusieurs années entre les deux mais je n’ai pas galéré. Les choses se sont faites assez naturellement au final. Je n’ai pas eu de moments de dépression grave en me disant que j’allais arrêter la musique. J’ai eu de la chance c’est vrai. Espérons que cela continue encore pendant longtemps.

CL : Il y a aujourd’hui la sortie de l’album. Il a été précédé par le single « Tout le monde », très bien reçu par le public. C’était un choix personnel de te présenter au public avec ce titre-là?
JK :
Au départ, c’est la chanson « Tout va de travers » qui devait sortir en premier single. On a finalement choisi « Tout le monde » et je trouvais que c’était plutôt très bien parce que cette chanson je l’ai composé, je l’ai écrite à plus de 50%. J’avais envie aussi que ce soit la première chanson qui me définisse et que l’on me découvre à travers ce titre. Et j’en suis plutôt très contente.

CL Contente par rapport au thème qu’elle aborde ?
JK :
Par rapport à pleins de choses. Par rapport à la musique, par rapport au rythme, au texte, au thème abordé. Ce sont des choses qui me parlent. De manière générale, je ne chante que des choses qui me parlent vraiment, que je ressens et que je vis. Je trouvais qu’il était important pour moi, non pas de créer un hymne, mais quelque chose de fort. Quand je dis que j’aimerais que tout le monde connaisse tout le monde, évidemment que c’est utopique et que ce serait chiant à la longue. Mais c’était une manière de dire que l’on se rassemble. C’est peut-être un peu naïf mais c’est comme ça que je ressens les choses en tout cas.

CL: Il y a de la scène qui arrive, notamment un Zèbre de Belleville et un Olympia en première partie de James Morrison… Comment appréhendes-tu « l’exercice » de la première partie ?
JK :
Le stress n’est pas du tout le même. Lorsque tu fais une première partie, les gens ne te connaissent pas, ils ne viennent pas pour te voir ni t’écouter. Jusqu’à présent, nous avons eu beaucoup de chance lors des premières parties que l’on a faites, que ce soit de Florent Pagny ou de Michel Jonasz. Les gens étaient top, vraiment à l’écoute, ils en redemandaient. Maintenant lorsque je fais un vrai concert à moi, le stress est encore plus intense. En première partie, nous jouons en formule acoustique alors que lors de nos propres concerts, on est jugé sur l’ensemble.

CL: Plus globalement, comment abordes-tu la scène ?
JK:
Déjà si je pouvais ne pas avoir ce stress, cela me libérerait tellement ! Je m’angoisse beaucoup. Maintenant pour moi la scène c’est primordiale. L’album vient ensuite. Enfin je le vis comme ça personnellement. D’autant plus que l’on vit dans une société où les ventes d’albums ne se font plus comme avant et où il y a de plus en plus de scène. Je prends un tel pied à être sur scène ! Je donne, je prends, c’est vraiment très important pour moi et cela depuis toujours.

<br /><a href="http://www.dailymotion.com/video/xp14is_juliette-katz-tout-va-de-travers-acoustique_music" target="_blank">Juliette Katz, "Tout va de travers" acoustique</a> <i>par <a href="http://www.dailymotion.com/Concertlive" target="_blank">Concertlive</a></i>

CL Te souviens-tu de ta toute première scène justement ?
JK :
Oui je m’en souviens très bien  ! Je ne sais pas si c’était la toute première, mais c’était en Inde où j’ai habité plus jeune. C’était avec mon ex-copain qui était musicien. Nous étions partis en vacances là-bas. A l’époque il y a cinq ans, il y a eu la toute première fête de la musique là-bas.  Je devais chanter. On avait choisi des musiciens sur place. Il devait y avoir 400 personnes, c’était un concert en plein air. J’ai chanté dos au public. Les gens voyaient mes fesses parce que j’étais tellement intimidée, que je me suis mise dans un petit cocon avec mes musiciens. Aujourd’hui, lorsque je pense à toutes les scènes que j’ai pu faire depuis, je me rend compte de l’évolution !

CL Tu as un souvenir particulier en live ?
JK :
A tous les concerts que je fais, je prend du plaisir. Que ce soit en appart’ ou en concert, je prend toujours autant de plaisir et j’essaie de donner la même énergie que ce soit devant 10 ou 2000 personnes. Maintenant évidemment j’ai vécu des moments de galère sur scène. Je me rappelle d’un concert en Russie où, comme on avait besoin d’argent, on a joué devant l’Alliance ou l’Ambassade d’Allemagne. On s’est fait 500 euros chacun donc c’était super mais on a joué nos morceaux face à des gens qui n’écoutaient pas du tout. Ils s’en foutaient, n’applaudissaient pas, ne dansaient pas. Je me disais: « Quand est-ce que cela va se finir ce truc ?!! »… C’était terrible. Je me suis dit que plus jamais je ne referais cela ! Évidemment j’en ai fait d’autres depuis, dans des petits bars où je passais avec mon chapeau à la fin, mais cette fois-là en Russie était mémorable.

CL: Un  duo rêvé ?
JK :
Il y a celui que je viens de faire avec Sia. C’était quand même inespéré de pouvoir réaliser un duo avec cette artiste et je l’ai fait. Nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion de nous rencontrer encore car elle habite en Australie. C’est un peu loin pour se voir et cela coûte cher. En tout cas nous nous sommes pas mal parlé par mail et par Skype. J’étais très honorée qu’elle accepte de faire un duo comme ça avec moi. Après évidemment que je rêverais de faire un duo avec Stevie Wonder ! J’aurais aimé faire un truc avec Freddie Mercury aussi… Il y a tellement d’artistes avec lesquels j’aimerais chanter. Mais Sia c’est déjà pas mal !

CL: Ta dernière claque live côté spectateurs ?
JK
: Je ne vais pas à beaucoup de concerts en réalité. La dernière claque en concert que j’ai vu était avec Odezenne. C’est un groupe de rap. Il faut savoir que je n’aime pas le rap. Je les ai vu en première partie de Pigeon John et j’ai halluciné. Il y avait une danseuse qui bougeait comme un pantin, un guitariste et les deux rappeurs. Tout était top, à commencer par des textes incroyables. Depuis j’ai acheté l’album, je l’ai écouté en boucle, j’en ai pleuré. Ce n’était pas incroyable scéniquement mais c’était hyper fort.

Propos recueillis par Emilie Leoni

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